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COLD COFFEE 2.0
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☆ je t'aime plus qu'hier, mais bien moins que demain (aron)

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marraine ◇ how i met my godmother

› pseudo, prénom : vercors (chloé)
› âge : vingt-quatre ans
› emploi : apprenti fermier
› côté coeur : cœur pris
› petites lettres envoyées : 280


MessageSujet: ☆ je t'aime plus qu'hier, mais bien moins que demain (aron) Mer 25 Mar - 18:45

je t'aime plus qu'hier, mais bien moins que demain
Darling you're with me, always around me. Only love, only love. Darling I feel you, under my body. Only love, only love. Give me shelter, or show me heart. Come on love, come on love. Watch me fall apart, watch me fall apart. And I'll be yours to keep. A wind in the shadow, a whale song in the deep.

Ariel papillonna des yeux alors qu'il se réveillait doucement, s'adaptant petit à petit à la luminosité extérieure qui provenait des vitres avant du véhicule. Ils n'avaient installé aucun rideau, même si l'idée leur avait traversé l'esprit, au début de leur road-trip. Au fond ils n'en avaient pas besoin, puisqu'ils se levaient toujours de bonne heure, en même temps que le soleil. En réalité, ils n'avaient pas d'autre réveil que leur horloge interne et cette grosse boule de feu, alors c'était même nécessaire qu'il n'y ait pas de rideaux. Après quelques secondes, Ariel tourna la tête sur le côté et resta ainsi de longues minutes, le regard posé sur sa meilleure amie, qui était désormais aussi sa petite amie. Il ne put s'empêcher d'esquisser un sourire, un sourire amoureux. Elle était tellement belle, même endormie, peut-être encore plus endormie. Aucune peur ne la traversait, elle était parfaitement détendue, aucunement stressée, si naturelle, elle respirait le... le bonheur. Une main de Devon était déposée sur le torse d'Ariel et se soulevait au rythme de la respiration du jeune homme. Quant à lui, il sentait le souffle doux de la brune lui caresser la nuque et son haleine fraîche lui chatouiller les narines. Il avait terriblement envie de l'embrasser. Il aurait aimé dire qu'il ne réalisait pas complètement ce qui leur arrivait, qu'il n'arrivait pas à se rendre vraiment compte qu'ils étaient passés à une étape supérieure, mais le fait est qu'il était bien conscient de tout ça et que c'était précisément ce qui le rendait si heureux. Du bout des doigts, il repoussa tendrement une mèche de cheveux qui tombait devant le visage de Devon et se mordit les lèvres, résistant à la tentation de les déposer sur celles de sa meilleure amie. Lui qui pensait que la nuit refrénerait ses ardeurs, il se trompait royalement. C'était même davantage amplifié. Il se mordit ensuite l'intérieur de la joue et finit par s'extirper de son duvet, parce que c'était finalement le seul moyen pour ne pas se laisser tenter. Cela aurait été tout naturel qu'il l'embrasse, bien sûr, mais une longue et belle journée les attendait et il ne voulait pas réveiller Devon si elle avait encore besoin de sommeil. Ariel enfila un t-shirt au hasard, un qu'il avait déjà mis dans les jours précédents, sachant qu'il irait prendre sa douche sous peu. Il ouvrit doucement la porte du van et frissonna instantanément alors que le froid le saisissait, particulièrement aux jambes. Il baissa le regard et secoua la tête, s'insultant à mi-voix. Qu'il était bête. Il se retourna et attrapa rapidement un pantalon, avant de ne congeler complètement. Il finit par enfiler un sweat, aussi, enfin prêt pour affronter le froid polaire. Il plaisantait mentalement, bien sûr, parce que la température était tout à fait supportable, mais il ne faisait pas vraiment chaud pour autant. Ariel se passa la main dans les cheveux, s'ébouriffant plus que se recoiffant réellement. Il se frotta ensuite les yeux et s'avança, pieds nus, en direction de la ferme des Caldwell. Devon ne travaillait pas aujourd'hui, et Ariel n'attaquait son premier jour que demain. Ils avaient donc toute la journée devant eux pour profiter l'un de l'autre, tranquillement. Leur première journée en amoureux. Une journée pour se découvrir au-delà de leur amitié. Après s'être assuré en jetant un coup d’œil à travers la fenêtre que les Caldwell était bien réveillés, Ariel donna trois petits coups à la porte d'entrée. Il sourit, un peu gêné, quand la femme lui ouvrit. Il aperçut derrière elle leur fille, et il lui fit un petit signe de la main. « Bonjour Madame Caldwell ! » lança-t-il, malgré tout enjoué, avant qu'elle le salue à son tour. « Vous ne me connaissez pas encore bien, je sais, mais je tenais à vous remercier, enfin que votre mari m'ait embauché, c'est vraiment gentil. » Il sourit sincèrement avant de fixer ses pieds. Ce n'était pas vraiment pour ça qu'il était venu la déranger de si bon matin. « Dîtes... j'ai cru comprendre que Devon mangeait chez vous le midi et parfois le matin aussi et, là elle dort encore, mais j'aurais bien aimé lui faire une petite surprise et... » Ariel était loin d'être dans sa zone de confort. Il se tordait les doigts, ne regardant jamais vraiment la maîtresse de maison dans les yeux. « ... et je ne veux pas la réveiller en faisant du bruit avec le grille-pain et tout ça, alors je me demandais si je pouvais emprunter le vôtre ? J'ai tous les ingrédients, ne vous inquiétez pas. » La fermière leva la main et secoua doucement la tête. « Pas de chichis Ariel, entre donc. » Elle lui pointa du doigt la cuisine, avant d'ajouter « Fais comme chez toi. Sers toi dans le frigo, utilise ce que tu as besoin d'utiliser. » Le jeune homme écarquilla les yeux et remercia la femme à plusieurs reprises. Il ne se fit cependant pas prier et se dépêcha de rejoindre la cuisine, préparant ce qu'il avait à préparer. Une dizaine de minutes plus tard, il ressortit de la maison, une pile de toasts, un petit pot de confiture et deux verres de jus d'orange sur un plateau. « Merci encore » lança-t-il en refermant la porte. « Et bonne journée ! »

Ariel bascula le plateau sur une seule main sans difficulté, ses nombreuses expériences en tant que serveur ayant porté leurs fruits, et ouvrit de sa main libre la porte du van, tout aussi doucement que lorsqu'il était sorti. Devon dormait encore et il déposa le plateau au pied du lit, attrapant quelques affaires dans sa valise ainsi que sa trousse de toilette, avant de partir prendre sa douche. Quand il revint, une petite demi-heure plus tard, elle ouvrait tout juste les paupières. Ariel esquissa son sourire craquant avant de grimper sur le lit à quatre pattes. « Coucou, toi. » Il n'y avait dorénavant plus aucune raison valable pour qu'il ne l'embrasse pas et il vint donc déposer ses lèvres sur celles de sa petite amie, tendrement, brièvement, avant de se reculer pour la laisser émerger tranquillement. Il se retourna et attrapa le plateau qu'il avait préparé, le déposant entre eux deux, sur le lit. Il continua de sourire, fier de lui. Son regard s'accrocha alors au bouquet de fleurs qu'il lui avait concocté la veille et il l'attrapa pour l'ajouter au plateau, ses yeux pétillants d'amusement.

crackle bones


Dernière édition par Ariel Chester le Dim 29 Mar - 18:17, édité 1 fois
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› emploi : elle fait ce qu'elle aime le plus toute la journée: enseigner l'équitation dans un ranch à des enfants handicapés. les voir sourire et rire est certainement le plus beau métier du monde.
› côté coeur : la jeune femme a la chance de pouvoir dire qu'elle est désormais officiellement en couple avec son meilleur ami. elle plane sur un petit nuage depuis.
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MessageSujet: Re: ☆ je t'aime plus qu'hier, mais bien moins que demain (aron) Jeu 26 Mar - 7:22

Je suis en train d’attendre Ariel. Il est vite allé nous chercher quelque chose à boire car ce soir, nous avons décidé d’être sociables et de faire connaissance avec les gens de Siloam. On veut tout connaître de leurs traditions, des fêtes qu’ils organisent et peut-être même être au courant de quelques ragots. On ne dirait pas comme ça, mais je suis assez friandes de ce genres de choses. Surtout après une année à être coupée du monde. Je crois que j’ai besoin de redevenir une jeune femme de mon âge.

Une immense tente a été installée sur la place centrale de la ville. La musique est bonne, il y a pas mal de monde et le fait qu’il fasse si chaud annonce le début du printemps. C’est parfait. Je jette un œil à mon petit ami qui attend d’être servi au bar sous la cantine. Une jeune femme me saute contre, me faisant sursauter. « Salut ! Tu es Devon c’est juste ? » Je fronce les sourcils. « Comment tu c… » Elle me coupe. « Enchantée ! Je suis Sarah ! J’avais hâte de faire ta connaissance même si je suis un peu surprise ! Je suis sortie avec Ariel il y a même pas deux semaines de cela ! » Je la dévisage, un sourcil levé. Une deuxième fille s’approche de nous. Elles sont identiques. Des sœurs jumelles. La nouvelle arrivante se penche en avant pour me coller une double bise sur la joue. Je n’ose même pas bouger. « Salut, moi c’est Emily. Ne fais pas attention à Sarah. Elle a tendance à se lancer des fleurs. » Les deux sœurs commencent à se chamailler. « Je te rappelle qu’on était deux ! Je l’ai autant embrassé que toi ! Arrête de croire que t’étais toute seule dans ce lit ! » « Je n’étais pas toute seule vu qu’il y avait Ariel aussi ! » Mon cœur s’affole dans ma poitrine. J’ai l’impression de vivre dans une très mauvaise télé-réalité. Le souffle vient très vite à me manquer. Non, mon Dieu. Mais y a deux semaines… On était déjà ensembles avec Ariel. Je. C’est pas possible. Les deux piplettes se taisent en se rendant compte que je suis à deux doigts de la crise d’angoisse. « Oh pardon. On est mal polie. T’es la nouvelle alors ? T’es la combientième ? » Je sens la panique me monter dans la gorge, à moins que ça ne soit de la bile. « La… La quoi ? Nouvelle de quoi ? » Au même instant, Ariel apparaît derrière les jumelles. Il a les bras chargés de verres en plastiques et un large sourire sur les lèvres. « Oh ! Je vois que tu as fait la connaissance de Sarah et Emily ! Elles sont cools hein ? » Ariel distribue les verres mais je lâche le mien au moment où nos peaux entrent en contact. Il m’ignore et se retourne vers les deux blondes. « Alors les filles… Vous lui avez fait ma proposition ? » Les trois paires de regards se tournent vers moi. Je halète, je ne comprends absolument rien. Ou peut-être que si justement, je comprends ce qui est en train de se passer sous mes yeux et je n’aime vraiment pas ça.


Lorsque j’ouvre les yeux, je suis immédiatement rassurée de voir que je suis dans notre van. Je n’ai pas le courage de me redresser dans le lit après cet affreux cauchemar alors je reste allongée sur le côté, bien enroulée dans le duvet. Ariel n’est pas là et je suis plutôt soulagée. Je n’ai pas besoin de lui expliquer pourquoi je cache mes tremblements sous le duvet. Je ferme les yeux et me répète plusieurs fois ; ce n’était qu’un cauchemar, ce n’était qu’un cauchemar, ce n’était qu’un cauchemar... Mes tremblements se calment et je me mets à somnoler pendant quelques minutes. Je ne sais pas combien exactement mais lorsque je rouvre les yeux, Ariel entre dans le van. Je devine à ses cheveux encore légèrement humides qu’il vient d’aller se doucher. Je remue un peu, manquant de donner un coup de pieds dans ce qui ressemble à un plateau petit déjeuné. Je ne peux que sourire tendrement en constatant son geste. Ariel se hisse sur le lit et vient m’embrasser. Je le laisse faire, appréciant le baiser matinal. « Tu es déjà douché ? » Le jeune homme tire un plateau entre nous et immédiatement, mon estomac se met à gargouiller de plaisir. Un large sourire étire mes lèvres. « Des toasts ! Oh mais. C’est la confiture de Madame Caldwell ? » Je le sais parce que je l’adore. Tous les matins lorsque je déjeune dans la cuisine des Caldwell, je suis celle qui en mange le plus. J’adore le fait que les cerises soient entières. Je comprends donc assez rapidement qu’Ariel m’a préparé ce petit déjeuné pour me faire une surprise dès le réveil. D’abord le bouquet, maintenant les toasts et le jus d’orange… Pour un coureur de jupons, je trouve qu’il s’en sort plutôt bien. Je me penche par-dessus le plateau et passe une main dans ses cheveux tout en l’embrassant. « Merci ! »

Nous déjeunons en silence. Il faut dire qu’il me faut toujours plusieurs minutes et un café pour émerger. Je m’empresse de préparer la cafetière électrique une fois que nous avons terminé de manger. Assise en tailleur sur le matelas de notre lit, je sirote le breuvage brûlant en essayant d’établir un plan de notre journée de repos à deux. Comme je l’ai dit hier soir, j’aurai aimé aller faire le marché au centre ville de Siloam. On va donc commencer par ça. Par chance, je n’ai pas besoin de me doucher avant ce soir. En plus de ça, je déteste me doucher le matin, j’ai l’impression d’être frigorifiée pour le reste de la journée après. Je suis une adepte de la douche du soir. Lorsqu’on a rangé notre plateau de petit déjeuné, je cherche dans mon long gilets beige fourré me semble indispensable. « Retourne-t… » Je repense à ce qu’Ariel m’a dit hier soir lorsque je me suis changée pour manger. Il n’a pas tord, il faudra bien qu’il me voie sans vêtements un jour… Mais pas aujourd’hui. « Non rien. » J’attrape mon soutient gorge que j’enfile tel un ninja sous mon gros pull pour dormir et je me débarrasse ensuite de mes leggins pour enfiler mes collants. Mes petits pieds se retrouvent emmitouflés dans une grosse paire de chaussettes et je me tourne légèrement pour troquer mon gros pull contre ma robe qui glisse sur mon corps. La fraicheur du van s’empare assez rapidement de moi alors j’attrape mon gros gilet en quatrième vitesse et je mets mes bottes beiges. « Prête ! » J’attrape mon sac à dos brun ainsi qu’un sac réutilisable et je me contorsionne pour passer sur le siège avant du van. Ariel me rejoint et je regarde dehors pour cacher mes joues légèrement rosées de gêne.

Comme d’habitude lorsque nous allons au centre ville, Ariel gare le van près du Twin springs park. Je suis super excitée à l’idée de faire le marché. C’est le meilleur moyen pour trouver de bons produits et surtout de rencontrer des gens.
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marraine ◇ how i met my godmother

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MessageSujet: Re: ☆ je t'aime plus qu'hier, mais bien moins que demain (aron) Dim 29 Mar - 18:17

je t'aime plus qu'hier, mais bien moins que demain
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« Eh oui, on peut en faire des choses pendant que tu ronfles ! » lâcha Ariel en s'écartant de sa petite amie, le sourire aux lèvres, amusé. Il passa une main dans ses cheveux mouillés comme pour confirmer qu'il avait bel et bien pris sa douche. Il préférait de loin la prendre le matin, pour être propre pour le reste de la journée. Pour peu qu'il ne soit pas bien réveillé, l'eau fraîche avait le don de lui faire ouvrir les yeux et de lui remettre les idées en place. « Oui, c'est elle-même ! Confiture de cerises 2014 en personne. » Il s'esclaffa avant d'entamer un toast à pleines dents. Il poussa un léger gémissement de plaisir lors de sa première bouchée : on ne lui avait pas dit que cette confiture était aussi bonne. Le fait qu'il travaille à la ferme des Caldwell s'annonçait encore mieux que ce qu'il pensait. S'il avait le droit de manger de cette confiture tous les matins, c'était vraiment le rêve. Et si cette vulgaire marmelade était aussi excellente, il n'imaginait même pas quel goût aurait les plats principaux qu'elle cuisinerait. C'était peut-être leur astuce pour bien faire travailleur leurs employés : travaille dur et bien, et tu auras à manger un plat d'excellence. Ariel savait d'avance qu'il n'aurait pas à se faire prier. Après l'amour de la chair, son deuxième grand plaisir était sans aucun doute la bonne nourriture. « À votre service, Devon Connely » répliqua-t-il, après qu'elle l'ait embrassé pour le remercier. C'était la première journée où ils étaient plus ou moins officiellement en couple, en tout cas le premier où Ariel était officiellement amoureux, alors autant faire les choses bien. Il savait malgré tout qu'il ne lui apporterait pas le petit-déjeuner au lit tous les jours, mais il avait eu le temps ce matin alors il avait préféré en profiter. Il ne voulait pas que Devon lui file entre les doigts, car même si elle était toujours restée auprès de lui pendant cette dernière année, pendant ces dix dernières années, il ne pouvait pas la considérer comme acquise malgré tout. Encore plus maintenant qu'ils étaient en couple, il faudrait qu'il continue de lui prouver qu'elle était importante pour lui, qu'il tenait à elle, et ces attentions commençait par le petit-déjeuner au lit. C'était la base, non ?

Pendant que Devon préparait son café et le buvait, Ariel en profita pour aller faire la vaisselle de leur petit-déjeuner. Il n'y avait vraiment pas grand chose et en cinq minutes, c'était bouclé. Sa meilleure amie finissait son breuvage quand il fut de retour. Alors qu'elle se levait pour se changer, il troqua les tongs qu'il avait mis pour prendre sa douche contre une paire de baskets, légèrement abîmées par le temps. Un sourire en coin vint se dessiner sur ses lèvres alors que Devon s'arrêtait au milieu de sa phrase. Il haussa un sourcil en sa direction comme pour lui demander la suite de l'ordre qu'elle lui donnait, bien qu'il sache très bien de quoi il s'agissait. Par respect néanmoins, il se retourna. Si elle n'avait pas envie qu'il la voie nue, alors il ne la regarderait pas. Après tout, il s'était caché les yeux pendant un an et trois mois, il pouvait le faire quelques jours de plus. La dernière des choses qu'il avait envie, c'était que sa petite amie se sente forcée de faire quoi que ce soit. Ils iraient à leur propre rythme, à son propre rythme, à elle. Ariel avait beau avoir enchaîné les conquêtes d'un soir, il n'était pas pour autant complètement ignorant des sentiments féminins et savait que les filles avaient souvent besoin de plus de temps que les garçons pour à peu près tout ce qui concernait les rapports physiques. Il profita de tourner le dos à Devon et de faire face à sa valise pour récupérer un sweat, qu'il enfila par dessus son t-shirt coloré. Machinalement, il se passa une nouvelle fois la main dans ses cheveux désormais secs. Il se retourna quand la brune annonça qu'elle était prête, et étira ses lèvres en un grand sourire. « Toujours aussi belle, à ce que je vois. » Il lâcha ça d'un air faussement désinvolte, comme si cela ne lui faisait ni chaud ni froid. Il était conscient qu'il avait dit cette phrase peut-être une demi-douzaine de fois depuis la veille et cela faisait probablement too much, mais il le pensait sincèrement et il estimait qu'il valait mieux le dire. Ça ne faisait de mal à personne. Et puis les filles aimaient recevoir des compliments, non ? Ariel n'avait pas eu l'occasion d'en faire beaucoup dans sa vie, alors il se rattrapait. Devon se hissa sur le siège avant en passant par l'intérieur du van et Ariel ferma la porte depuis l'extérieur en secouant légèrement la tête, un sourire aux lèvres. Comme si faire trois pas dehors allait lui congeler les jambes. C'était bien Devon, ça. Une fois que les portes furent bien verrouillées, Ariel fit le tour pour s'asseoir derrière le volant. Il déposa un bisou sur la joue de sa petite amie, et mit le contact.

Quand Ariel descendit du van, il fit mine de se dégourdir et de s'étirer les jambes comme si cela faisait trois heures qu'ils roulaient. Il était incorrigible. C'était impossible pour lui de rester sérieux plus d'une demi-heure d'affilée - et encore, c'était la fourchette optimiste. Il claqua la porte et fit le tour du van pour rejoindre le côté passager. Il voulu ouvrir la portière à la manière d'un parfait gentleman, mais Devon était déjà sortie. « Tu joues pas le jeu, hein » bouda-t-il en rigolant. Il s'occupa cependant de fermer la porte et de la verrouiller. Le van n'était pas ce que l'on pouvait qualifier de moderne et la fermeture automatique des portes ne faisait pas partie de ses compétences ; il fallait donc tout fermer manuellement. Ce n'était pas particulièrement embêtant en soi, mais ça l'était un peu plus quand Ariel oubliait ce petit détail et s'en allait en oubliant de fermer la portière passager. Une fois le van prêt à rester seul sans être kidnappé pour les prochaines heures, Ariel se retourna et haussa les sourcils en direction de Devon. « Le marché ? » Pour avoir vu les stands en arrivant, mais aussi lorsqu'il se rendait au café pour travailler, il savait qu'ils n'avaient que quelques petites minutes de marche pour rejoindre les étales des commerçants. Pour tout dire, cela faisait plusieurs mois qu'ils étaient à Siloam Springs et il n'avait encore jamais fait le tour du marché. Il avait acheté quelques légumes lorsqu'il finissait son service en fin de matinée et que tous les stands n'étaient pas encore rangés, mais en général il n'avait pas vraiment le temps de s'y rendre. Ariel passa une main dans le dos de sa petite amie - sa petite amie ! il allait pouvoir montrer fièrement à tout Siloam Springs que Devon était son amoureuse - et commença à marcher en direction du marché. « Tu sais ce que tu veux acheter ? Si tu veux qu'on prenne des fruits et des légumes, il vaut mieux les prendre en dernier. » Dans un élan de lucidité et de légère angoisse, Ariel farfouilla dans la poche arrière de son pantalon, avant de soupirer de soulagement. « Oufh. J'ai bien cru que j'avais oublié mon argent. » Il avait l'habitude, bonne ou mauvaise, de ne jamais prendre de sac avec lui. À quoi bon ? Il n'avait pas de téléphone portable, pas de papiers d'identité - ils étaient perdus au fin fond du van, il ne s'en servait jamais - et pas non plus de portefeuille, puisqu'il se contentait de mettre l'argent qu'il avait besoin dans son pantalon. Il avait complètement oubliant d'en prendre en partant mais, heureusement, il restait les billets de son dernier salaire au Starbuck's. Il comptait le réserver pour leurs économies, mais tant pis. Aujourd'hui était une journée particulière, alors autant en profiter au maximum. Ariel avait envie de se trouver quelques nouveaux t-shirts et aussi une nouvelle paire de chaussures, des espadrilles, pour la belle saison qui arrivait peu à peu. Alors qu'ils arrivaient à l'entrée du marché, Ariel sourit de toutes ses dents, excité devant tous ses étalages remplis, l'odeur de pain chaud et de poulet rôti lui remontant aux narines. Il avait l'impression de redécouvrir Siloam Springs, de prendre enfin part à l'activité de la ville, autrement qu'en spectateur derrière le comptoir impersonnel d'un café populaire.

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MessageSujet: Re: ☆ je t'aime plus qu'hier, mais bien moins que demain (aron) Mar 7 Avr - 6:53

Je ne pouvais que me taire et observer, observer celui qui a si longtemps été mon meilleur ami et qui est désormais mon petit ami. Mais quand je le regarde se moquer gentiment de moi, quand je le regarder rigoler pour un rien ou se passer une main dans les cheveux, je me rends compte que ce n’est que le titre qui a changé. Je l’aime d’une toute autre manière bien évidemment mais j’avais peur que nous changions du tout au tout ou que notre relation et notre petite aventure de baroudeurs arrive à sa fin alors qu'en fin de compte tout est toujours au même endroit. Mise à part les petites intentions en plus. On déjeune toujours ensembles, Ariel est déjà douché avant que je viens à peine de me lever, on range toujours un peu notre van avant de s’habiller et de se mettre en route pour la ville. Tout est toujours à sa place et ça a quelque chose de tellement sécurisant. Nous sommes toujours les deux mêmes fous qui se sont échappés de leur Canada pour vivre la vie qu’ils voulaient vraiment et non pas suivre un chemin tout tracé et dénué de sens. J’aime cette vie, j’aime cette aventure que l’on vit depuis un an, j’aime être libre et découvrir, m’enrichir. Mais par-dessus tout ; j’aime vivre tout ça avec Ariel. Je n’aurai pas voulu quelqu’un d’autre pour traverser les Etats-Unis et tenir tête à mes parents. Aucune autre personne n’aurait pu être à la hauteur. Ariel est facile à vivre, il amène tellement de bonne humeur et de joie rien qu’avec son sourire et son rire. Il a rendu notre départ plus facile et sans lui, je n’aurai jamais eu le courage de quitter Edmonton. C’est grâce à lui qu’on a un van, c’est grâce à lui qu’on peut le faire rouler. Je lui en serais éternellement reconnaissante. C’est en me réveillant après ce cauchemar que je me rends compte à quel point j’ai de la chance d’être là où je suis et avec lui. Même si notre nouvelle relation s’annonce un peu périlleuse au départ, il s’en sort déjà mieux que moi.

Je ne peux cacher mes joues qui se teintent d’une légère couleur rosée lorsqu’il me dit avec air tout à fait désinvolte que je suis belle. Ce ne sont que des détails mais ça fait toujours plaisir de savoir qu’on plaît à celui qu’on aime. Même lorsque l’on ne porte qu’un large t-shirt pour dormir et des chaussettes. Après avoir timidement remis une mèche de cheveux derrière mon oreille, je me hisse à l’avant du véhicule comme j’en ai l’habitude pour m’installer sur le siège passager. J’attache ma ceinture et j’attends qu’Ariel me rejoigne alors qu’il fait le tour par dehors. Je me frotte un peu les bras, un peu frileuse ce matin quand même… Ariel s’installe derrière le volant, me colle un baiser sur la joue et met le van en route. Celui-ci a toujours un peu de mal à démarrer après une nuit au froid. Une fois arrivé près du parc de Siloam Spring, j’attrape ma veste d’hiver kaki avant de descendre du van. Comme à son habitude, Ariel ne peut pas s’empêcher de faire le pitre, ce qui me fait doucement rire. « Le marché ! » dis-je pour répondre à sa question. Je ne cache pas mon excitation. Le marché est quelque chose que j’ai toujours aimé faire. Voir des fruits et des légumes qui viennent directement de la terre me rend presque hystérique. Je prends beaucoup plus de plaisir à choisir ma marchandise devant un étalage d’un marché plutôt que d’aller au supermarché et de me retrouver face à des aliments en boîtes… Ariel passe une main dans son dos, un sourire timide étire mes lèvres. Depuis hier, il n’a cessé d’avoir des petites intentions pour moi, il faudrait peut-être que je lui rende la pareille. Je verrai si je peux trouver quelque chose qui lui fera plaisir sur le marché. Le fait qu’il marche comme ça près de moi et qu’il montre à tout le monde que je ne suis qu’à lui a quelque chose de rassurant pour moi. Je me sens presque importante, je sais que les gens sauront que je suis sa petite amie désormais et je ne pensais vraiment pas pouvoir vivre ça un jour. Je sens que je vais avoir besoin de quelques jours pour me rendre compte de ce qui nous arrive réellement. « J’aimerais trouver des champignons ! Il a beaucoup plu dernièrement donc je pense que les marchands doivent en avoir. Il y a tellement de recettes que j'ai envie d'essayer. Oh ! Et il nous faut aussi des poivrons rouges et peut-être qu’on peut trouver un vendeur d’huiles et de vinaigre ? On n’a plus de vinaigre balsamique. J’aimerais aussi acheter des graines de sésam et un peu de fromage… » Le fromage ce n’est pas quelque chose que l’on peut vraiment se permettre. Tout comme la viande, c’est un aliment qui alourdit vite le budget dans un panier mais maintenant qu’on travaille tous les deux, j’aimerais qu’on puisse se permettre une ou deux tommes au chèvre. Je les ferais revenir dans une poêle avec du riz au sésam. Je me retourne vers Ariel dans un petit saut, m’accrcochant à son bras. « Est-ce qu’on pourrait trouver quelque chose pour les Caldwell aussi ? On ne les as pas encore vraiment remercié de nous laisser garer le van sur leur propriété. Je sais que Madame Caldwell adore cuisiner avec des aliments confis donc peut-être qu’on pourrait trouver quelque chose. » Quand je vous disais que le marché ça m’excite. Je ne tiens presque pas en place. Je lâche rapidement le bras d’Ariel pour courir d’un étalage à un autre, repérant les meilleurs légumes au meilleur prix. J’ai la tête qui tourne devant tous ces fruits de saison qui commencent à prendre leur place sur les stands. Je vais bientôt pouvoir recommencer à nous faire des smoothies aux framboises et à la pastèque. Je me perds rapidement dans la foule qui font leurs achats tout comme nous. Ariel est hors de vue et il me faudra plusieurs minutes pour le retrouver. J’ai déjà un sac en papier rempli de poivrons rouges et j’ai trouvé de belles tomates sucrées ainsi qu’un paquet de sésam. Lorsqu’Ariel s’approche de moi, j’affiche un sourire un peu gêné, je m’emporte rapidement lorsque je fais le marché. J’allais ouvrir la bouche pour lui demander s’il avait trouvé quelque chose mais mon regard se pose sur deux têtes blondes un peu plus loin derrière Ariel. Les jumelles de Siloam Springs. Je fronce le nez, ma bouche se tordant dans une légère grimace. « Dis, tu les connais ? » demandais-je à Ariel en montrant les deux filles du menton. Mon rêve ne tarde pas à me redonner des sueurs froides. Je coince mon sac en papier sous mon bras gauche. « J’ai rêvé qu’elles nous proposaient un plan à quatre cette nuit… » Ma grimace ne grandit que davantage et je ne tarde pas à baisser les yeux tristement.
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MessageSujet: Re: ☆ je t'aime plus qu'hier, mais bien moins que demain (aron) Dim 19 Avr - 10:36

je t'aime plus qu'hier, mais bien moins que demain
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Tu verras, Ariel. Tu sauras que c'est la bonne, le jour où tu auras vécu plus d'un an avec elle sans avoir eu l'envie de prendre tes jambes à ton coup. Ce n'était même pas son père qui lui avait dit ça, comme il aurait été normal qu'un père discute des grandes choses de la vie avec son fils. Mais après tout, Ariel et son père n'avaient jamais vraiment parlé en dehors des formalités aux repas, des politesses en dehors, et des réprimandes du paternel sur son enfant qu'il ne jugeait "pas à la hauteur". Non, c'était sa mère qui, pour il ne savait plus quelle raison, lui avait confié cela. C'était il y a peut-être bien cinq années, alors qu'il était tout juste majeur et qu'il n'avait pas eu l'occasion de vérifier les dires de sa génitrice. Sa petite sœur, elle, en avait fais les frais. Jean avait choisi de se prendre un appartement pour sa première année d'études supérieures, chose que ses parents avaient accepté à la plus grande surprise de la concernée. Elle avait toujours été la parfaite fille exemplaire de la famille, celle qui ne contredit pas ses parents, celle qui prend soin de sa sœur handicapée, celle qui ramène des bonnes notes à la maison, celle qui ne fait pas d'histoires, et c'était donc plutôt étonnant de sa part, non pas qu'elle souhaite quitter la maison parce qu'elle avait toutes les raisons de le vouloir, mais qu'elle ose le demander à ses parents. Ces derniers n'étaient peut-être pas aveugles au point de ne pas remarquer que la famille se serait délitée depuis bien longtemps s'il n'y avait pas eu Jean et l'avait donc autorisé à prendre son indépendance, pour la remercier. Ce n'était de toute façon pas l'argent qui manquait pour lui payer un appartement. Néanmoins, la jeune femme redoutait légèrement de se retrouver toute seule et, avec sa meilleure amie de l'époque, elles avaient planifié de se mettre en colocation. Malheureusement, cela n'était pas passé - pas du tout. Elles avaient pris un banal appartement de deux chambres en plus du salon-cuisine et de la salle de bain alors que Cora, la meilleure amie en question - dont les moyens n'étaient pas aussi élevés que ceux de la jeune Chester -, se voyait déjà vivre dans un palace, aux frais de sa colocataire bien sûr. En plus de ça, elle n'avait cessé de faire des remarques en rapport avec l'argent, clamant par exemple que ce n'était pas grave si elle ne payait pas les courses parce que Jean avait dix fois l'argent de les payer. La jeune femme avait bien senti qu'on profitait d'elle et dès le début, le ton était fixé. Mais il n'y avait malheureusement pas eu que ça et, tous les traits de caractère que Cora s'était bien gardé de montrer étaient ressortis les uns après les autres, et Jean s'était découvert un côté impatient et intolérant, tout ce qu'elle n'était pas durant ces dix-huit dernières années. Elle ne pouvait plus supporter cette "meilleure amie" et ne s'était pas privée de lui faire remarquer. Il y avait eu de nombreux crêpages de chignon, aucune des deux ne voulant faire de concessions, et cela c'était soldé en l'arrêt de leur contrat de location trois mois avant la fin de l'année scolaire. Jean était restée l'année suivante dans la maison familiale. À présent, Ariel ne savait pas où sa sœur était, mais il supposait qu'elle vivait toujours chez leurs parents. Après tout, maintenant qu'il n'était plus là il fallait bien que quelqu'un veille sur leur plus jeune sœur. Tout ça pour dire que, en conclusion, l'épreuve de la colocation avait prouvé à Jean et Cora que leur amitié n'était probablement pas assez forte pour tenir le coup de la vie commune. Elles ne s'adressaient plus la parole, désormais. De l'autre côté, Devon et Ariel, eux, vivaient ensemble depuis un an et quelques mois et, même s'il y avait eu quelques disputes comme il peut y en avoir entre deux amis, ce n'était rien de comparable avec la colocation de sa sœur. Ariel n'avait jamais eu envie d'arrêter tout ce qu'ils étaient en train de vivre, il n'avait jamais pensé qu'il détestait Devon même après une légère engueulade, il ne s'était jamais retenu de lui dire quelque chose qui l'embêtait. Eux deux, ça fonctionnait à merveille. Ariel s'en rendait pleinement compte aujourd'hui. Et quand il repensait à la phrase de sa mère, il se disait que, peut-être, Devon était la bonne. Il ne savait d'ailleurs pas trop ce que cela signifiait, si c'était la bonne pour toute une vie ou la bonne pour le moment, mais il était au moins sûr qu'il se sentait bien avec elle, que leur relation marchait bien et que, surtout, il ne voulait pas que ça se termine de sitôt. Il ne voulait pas que ça se termine tout court, à vrai dire. Cependant, cela aurait pu ne pas se passer aussi bien. Après tout, comment auraient-ils pu projeter la façon dont ils allaient s'entendre s'ils vivaient ensemble au quotidien ? Ariel et Devon, de retour à Edmonton, se voyaient quasiment tous les jours, mais ce n'était pas pareil que s'ils habitaient dans la même maison, qu'ils partageaient la même salle de bain, la même cuisine, le même lit. Et pourtant ; une fois son van complètement aménagé et sa cagnotte remplie, Ariel n'avait pas hésité une seule seconde à aller toquer chez sa meilleure amie pour lui dire que le van partait pour les Etats-Unis et qu'elle était fortement attendue pour l'accompagner. Il savait qu'ils allaient dorénavant passer le plus clair de leur temps ensemble, mais ça ne lui avait pas fait peur. Il ne s'était pas posé douze mille questions, se demandant si ça allait fonctionner ou si leurs caractères se compléteraient toujours autant ; ça lui avait paru comme une évidence. Ils partaient ensemble, point final. Qui vivra verra ; et ils avaient vu. L'année qui venait de s'écouler avait tout simplement été merveilleuse aux yeux du garçon et, ils étaient même en couple à présent. Si cela ne prouvait pas que Devon était la bonne dont parlait sa mère, il fallait qu'on lui explique.

Devon et Ariel était maintenant arrivés au marché et commençaient à zigzaguer entre les stands. Ariel ne pouvait s'empêcher de sourire devant l'excitation de la brune. Cela faisait longtemps qu'il ne l'avait pas vu dans cet état pour des légumes et pour cause : cela faisait longtemps qu'ils n'étaient pas allés au marché ensemble. Il était content de pouvoir le faire enfin, aujourd'hui. Il adorait cette ambiance, il adorait voir sa meilleure amie gambader d'un stand à l'autre, repérant la meilleure qualité des produits, le meilleur prix, calculant de façon la plus naturelle lesquels il valait mieux prendre. Elle était complètement dans son élément, tellement plus que si elle était restée au Canada, derrière un bureau à apprendre des choses qui ne lui serviraient jamais dans la vie. Ariel fut tenté de dire qu'il ne fallait pas qu'ils abusent trop sur les champignons parce que ce n'était pas donné, mais il se ravisa car Devon était tout autant au courant que lui du montant de leurs économies et, surtout, aujourd'hui était une journée spéciale. Il fallait qu'ils en profitent. En entendant le mot fromage, les yeux d'Ariel s'illuminèrent. Ils n'avaient pas souvent l'occasion d'en acheter et il ne pouvait pas nier que cela lui manquait. Peut-être moins que la viande, mais cela lui manquait tout de même. « Oh oui, du fromage ! On pourra acheter du chèvre ? Tu sais, les petits trucs frais là, qui coulent un peu ? Ah, c'est tellement bon. » Il souriait bêtement à son tour, se délectant d'avance de ce qu'ils achèteraient - et surtout de ce qu'ils mangeraient. « Ma grand-mère faisait un truc super bon avec ça, faudrait que je farfouille dans ma mémoire pour savoir comme elle les préparait. » Ariel réfléchit quelques instants, réalisant que s'il avait été au Canada, il n'aurait eu qu'à lui passer un coup de fil pour lui demander la recette. Il n'était pas certain néanmoins qu'elle apprécie le fait que son petit-fils l'appelle après être parti sans crier gare, après un an de silence radio, simplement pour lui demander une recette. « On regardera des fruits confits alors, et des oignons aussi » répliqua Ariel, quand Devon proposa de ramener quelque chose pour les Caldwell. C'était elle la mieux placée pour savoir ce qu'ils appréciaient, mais il était complètement d'accord pour les remercier de leur donner un bel endroit où garer leur van. Est-ce que ce qu'il s'était passé la veille au soir se serait passé, s'ils étaient retourné garer le van en ville ? Rien n'était moins sûr. Peut-être que oui, peut-être que le lieu n'importait guère ; mais Ariel aimait croire que tout arrivait pour une raison et que c'était dans la logique suite des choses que leur relation se concrétise dans leur habitat naturel, à la campagne, dans la nature, dans leur élément.

Les deux amoureux furetaient parmi les différents étalages, chacun s'attardant plus ou moins longtemps sur des stands différents. « Oh, regarde ça Dev', c'est pas - » Ariel se retourna tout en parlant, pour se rendre compte que sa meilleure amie n'était plus dans son champ de vision. Il soupira légèrement, en souriant. C'était inévitable que, tôt ou tard, ils fassent chemin séparés. Tant pis, elle ne verrait pas la dinde plumée qui était dans une drôle de position, sur le stand du boucher. Ariel leva la tête et tenta de retrouver Devon, mais c'était peine perdue au milieu de cette foule. Elle était sûrement déjà loin. Partant sur le principe qu'ils finiraient bien par se retrouver - ils se retrouvaient toujours -, il décida de faire quelques courses de son côté ; il espérait simplement que Devon n'achèteraient pas les mêmes choses que lui. Il se dirigea donc vers le fromager et lui acheta trois petits fromages frais fermiers de chèvre ainsi que deux tomes de chèvre - ils savaient que c'était ce que Devon appréciait, pour cuisiner. Quand il la retrouva finalement, il venait tout juste de payer une petite vieille qui vendait des savons artisanaux. Il n'en avait pas particulièrement besoin, mais il n'avait pas pu résister. Ils n'avaient aucun rapport avec les savons qui, bien qu'estampillés "fabrication artisanale", étaient tous de la même taille au millimètre près, tous lisses, sans aucun défaut. Ceux qu'ils avaient acheté étaient au contraire bourrés de défauts, et c'est ce qu'Ariel appréciait. Il avait choisi le goût pêche des vignes-basilic, fraise-mimosa et violette-banane. Il n'était même pas au courant que c'était possible de marier des saveurs pareilles, mais le fait est que les savons sentaient bons. Apercevant une tête brune qui avait tout l'air d'être sa petite amie, Ariel se dirigea vers elle, son petit sac biodégradable à la main. Il esquissa un léger sourire quand il aperçu le gros sac en papier de Devon, mais il n'eut pas le temps de s'assurer qu'elle ne s'était pas chargée d'acheter du fromage qu'elle prit la parole, l'expression de son visage changeant complètement. Ariel se retourna et chercha du regard ce que le doigt de sa meilleure amie pointait. Il finit par remarquer les jumelles de Siloam Springs et fronça les sourcils. « Euh... oui, je crois. Enfin, j'en connais une. » Laquelle des deux, il n'aurait pas su le dire. Il était incapable de les différencier. Quand il avait rencontré Sarah, elle lui avait dit qu'elle avait une jumelle, mais il n'avait jamais eu à faire aux deux en même temps. Et il ne connaissait pas assez la jeune femme pour la reconnaître lorsqu'elle était à côté de son sosie. « Parce que ? » demanda Ariel en se concentrant de nouveau sur Devon. Il voyait bien qu'elle n'avait pas l'air très à l'aise, mais il ne savait pas pourquoi. Il ne tarda pas à comprendre, cependant. « UN PLAN À QUATRE ? » Ariel ne s'était pas contrôlé et avait littéralement crié. Heureusement, le brouhaha du marché couvrait en partie sa voix, mais plusieurs personnes s'étaient malgré tout retournées autour des deux amis. « Un plan à quatre ? » reprit-il, plus bas. « Il est allé pêcher ça où, ton esprit ? » Ariel se retourna de nouveau, posant son regard sur les jumelles qui n'avaient pas bougées. Il savait qu'il pouvait avoir la réputation de coureur de jupons, ce qu'il assumait complètement, mais les plans à trois n'avaient jamais été une option ; alors à quatre ? Et avec des sœurs ? Non, Ariel ne pouvait pas s'imaginer ça. Il esquissa une grimace de dégoût et, se retournant vers Devon, l'interrogea du regard afin d'avoir une quelconque explication.

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MessageSujet: Re: ☆ je t'aime plus qu'hier, mais bien moins que demain (aron) Mer 29 Avr - 7:53




Je crois que je me rappellerais toute ma vie du jour où Ariel a toqué à la porte de notre maison familiale. Il avait les cheveux en bataille d’avoir courru dans tous les sens. Il avait troqué son uniforme d’étudiant comportant des pantalons à pinces, une chemise et une cravate, pour un short beige et un t-shirt bariolé. Accroché à l’un des pans dans son short, une casquette d’une équipe de basket qu’il a toujours adoré. Il avait un grand sourire sur son visage, bien qu’un peu inquiet en même temps. Je rentrais à peine de mon dernier cours de la journée et j’allais moi aussi retirer cette jupe porte feuille immonde et mon chemisier quand je lui ai ouvert la porte en le voyant depuis la fenêtre de ma chambre. J’ai été surprise au début parce qu’il ne me semblait pas qu’on s’était mis d’accords pour passer du temps ensembles après les cours. Le mercredi était un des seuls jours où on restait chacun chez soi. Quoi qu’il en soit, j’ai vraiment été surprise de me retrouver face à un Ariel aussi décontracté mais qui avait la respiration courte comme s’il venait de parcourir la ville entière en courant. Mon frère jumeau était apparu dans mon dos pour saluer mon meilleur ami. Il allait repartir lorsque j’avais demandé à Ariel ce qu’il faisait ici mais il s’est resoud à rester en entendant le jeune homme prononcer les mots « mon van est chargé et prêt à partir sur les routes, tu viens avec moi ? » J’ai bien cru que mon cœur allait tomber dans mes chevilles. Dans mon dos, Ashton avait soufflé un « quoi ». Mais mon cerveau s’était vite remis en marche et un large sourire avait étiré mes lèvres. Je n’avais même pas eu besoin de donner ma réponse à Ariel, il l’avait sûrement compris à l’expression de joie et de soulagement sur mon visage. J’ai tout de suite tourné les talons et je suis montée directement dans ma chambre pour préparer le sac qui était resté intact au cours de cette dernière année. Un jean, un pantalon noir, des robes, des t-shirts, des gilets, un gros pull, des sous-vêtements, des baskets, des sandales et ma paire de bottes fétiche. En vingt minutes j’étais prête. Et mes parents aussi avaient eu le temps de comprendre ce qu'il se passait et de m’attendre en bas des escaliers pour m’arrêter dans ma course folle. Ils m’avaient dit que je ne pouvais pas m’en sortir comme ça, sans diplôme, sans un seul plan pour le futur. Je les avais plus ou moins envoyé en enfer, forçant le passage entre mon père et ma mère pour aller serrer Ashton dans mes bras. Il était dépité, vraiment abattu et triste que je m’en aille, que je sois prête à tout lâcher en l’espace de vint cing minutes. Tout avait été très vite. Même pour moi. Mais à aucun moment je n’ai regretté mon choix. A aucun moment je n’ai regretté mes cours, ma chambre ou d’être partie sans régler quelques dernières petites choses. La seule chose qui me manque d’Edmonton, c’est mon frère. Je repense un peu à ce jour ces derniers temps, quand je vois à quel point ma relation avec Ariel a évolué en l'espace de quelques mois. Où en serait-on s’il n’avait pas toqué à ma porte ce jour là ? Je n’aurai pas tous ces merveilleux souvenirs en tête, je n’aurai sûrement pas pris autant en maturité que j’ai pu en prendre en étant confronté à nous même sur les routes des Etats-Unis. Par-dessus tout ; je ne serais pas aussi heureuse que je le suis maintenant. Je serais triste, derrière un bureau à apprendre des choses qui ne m’intéressent pas. Je ne pourrai jamais assez remercier Ariel pour cet éclair de génie qu’il a eu en me proposant de l’accompagner dans un van sur les routes d'Amérique.

Plus le temps passe et plus je me dis qu’il faudrait que je lui offre un vrai cadeau. J’ai essayé de lui faire plaisir durant cette dernière année en lui coctant des petits plats qu’il aime mais je pense qu’il y a une meilleure manière de le remercier. Je vais devoir y réfléchir et économiser secrètement. En attendant d’avoir une illumination, je prends soin de prendre tout ce qu’il aime comme aliments. C’est une journée spéciale et je ne veux pas devoir renoncer à son fromage préféré à cause de dix dollars qui pourraient manquer le reste de la semaine si je venais à les dépenser aujourd’hui. Et puis, on va faire des économies de manière naturelle maintenant en n’utilisant plus le van et son essence tous les jours. Je sais que Madame Caldwell insiste pour qu’on déjeune tous ensembles lorsqu’on travaille et elle nous accueillera toujours avec plaisir pour le repas de midi. On n’a plus non plus besoin de garder des pièces de monnaie pour payer une douche dans des toilettes publiques surveillées. Innévitablement, on va pouvoir se permettre un peu plus de choses. Alors je passe d’un étalage à un autre pour trouver les meilleurs légumes, les meilleurs fruits et les meilleurs fromages. En comprenant l’entousiasme d’Ariel sur le fromage de chèvre, je m’arrête sur le stand d’un fromager à longue moustaches parfaitement retroussées. Malheureusement, il n’a que du fromage de vache à me proposer mais j’en achète quand même un ou deux morceaux. Il me fait un petit clin d’œil en me rajoutant un bout de Gruyère gratuitement. Du fromage européen ! J’ai déjà hâte de pouvoir nous concocter une petite planche de fromages et avec du bon pain fait par Madame Caldwell. « On va manger comme des rois ce soir ! » dis-je à mon ami en le rejoignant. On se met d’accord pour trouver quelque chose à ramener aux Caldwell, si bien que je me mets à la recherche de bocaux artisanaux. Mais très rapidement, je me perds un peu et surtout, je perds Ariel de vue. Je tourne en rond quelques minutes avant de finalement le retrouver. J’allais lui dire que je n’ai pas trouvé de fromage de chèvre lorsque mon regard se pose sur les jumelles de Siloam Spring. Ces deux filles m’intimident avec leurs longs cheveux blonds et surtout leurs corps similaires parfaitement élancés. Très rapidement, ma bonne humeur retombe, me rappelant mon rêve et surtout du fait qu’Ariel aurait très bien pu fréquenter ces filles s’il était toujours fêtard et à la recherche de nouvelles conquêtes… Comme pour me rassurer, je questionne mon petit ami, me renseignant pour savoir s’il connaît ces deux jeunes femmes. Sa première réponse ne me plaît pas trop et je me retrouve forcée à lui avouer mon rêve. Mon cauchemar plutôt. Il s’écrie, ne s’attendant pas du tout à ça. Je lui tape le bras pour le faire taire et lui envoie un regard noir pour le sommer d’être un peu plus discret. J’ai envie de lui dire que moi non plus je ne m’attendais pas vraiment à me retrouver à rêver de la vie sexuelle de mon petit ami avec deux créatures plantureuse. « Ouais ben… » Je me gratte nerveusement le bras, comme si ça allait me sauver de la situation dans laquelle je me suis mise. J’aurai mieux fait de me taire et de garder mon cauchemar pour moi… « Je me passerais bien de ce genres de visites dans mon subconscient rassure toi ! » Je regarde un peu autour de nous pour m’assurer que personne ne nous écoute vraiment. Je baisse honteusement les yeux après avoir jeté un regard vers les deux sœurs. « Avoue que… Ca aurait pu te traverser l’esprit avant ? Quand on n'était pas ensembles et que… Tu aimais sortir. » Je contourne les phrases, cachant leur vrai sens derrière d’autres expressions pour ne pas avoir à les dire à hautes voix et mourir encore plus de honte. Je me rends cependant compte que je me couvre de toute manière de ridicule alors je me redresse et accroche une mèche de cheveux derrière mon oreille. « Tu sais quoi ? On oublie. C’était stupide ! » J’offre un sourire un peu tordu à mon meilleur ami avant de prendre son bras pour qu’on continue notre balade dans le marché. « Tu veux voir quoi maintenant ? » demandais-je un peu trop précipitamment pour que ça ait l’air naturel alors qu’on s’écartait un peu de la foule pour se rapprocher du café de la ville. « Je crois que les frappucinos que tu me ramenais après le boulot me manquent. Ca t'embête si on s'arrête deux minutes? »
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MessageSujet: Re: ☆ je t'aime plus qu'hier, mais bien moins que demain (aron) Sam 2 Mai - 16:08

je t'aime plus qu'hier, mais bien moins que demain
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Ariel était encore tout perturbé de ce que venait de lui annoncer sa petite amie. Un plan à quatre, il n'en revenait pas. Il n'en revenait pas qu'elle ait pu rêver de ça, tout d'abord. Pour tout dire, il n'était pas trop informé sur la vie sexuelle de Devon et, en réalité, c'était bien mieux comme ça. Ils passaient leur temps ensemble et, cette partie de leur vie, c'était leur jardin secret. Néanmoins, il espérait qu'elle n'était pas du genre à pratiquer ce genre de choses. C'était sa vie, c'était son corps, mais... un plan à quatre ? Vraiment ? Il ne pouvait refréner une grimace, qu'il continuait d'esquisser tandis que la brune lui donnait des explications. De son côté, il s'imaginer tout un tas de choses. Il ne pouvait pas s'en empêcher. Devon, entourée de deux autres filles et d'un garçon, si peu vêtus, se regardant langoureusement, se caressant les bras, s'effleurant les lèvres... non, c'en était trop. L'imaginer dans les bras d'un autre garçon était déjà bien trop dur, mais alors dans ceux d'un garçon et de deux filles, c'était tout bonnement insupportable. Ariel déglutissait difficilement, même si la réponse de Devon le rassura légèrement. C'était le but, comme elle le disait mais, malgré tout il subsistait une légère gêne qu'Ariel ne savait pas trop comment faire disparaître. Il fallait qu'elle s'en aille, pourtant. Aujourd'hui, c'était leur jour à tous les deux et personne ne devait se mettre entre eux. Surtout pas ces jumelles bien trop aguichantes. « Quoi ?! » Ariel écarquilla les yeux et haussa les sourcils, quand Devon reprit la parole. Qu'une chose pareille aurait pu lui traverser l'esprit ? « Mais tu me prends pour qui ? » lâcha-t-il, peut-être un peu trop brusquement. Il se rattrapa bien vite et ajouta, en secouant la tête, « Je suis pas comme ça Devon, les plans à trois, quatre, ça me branche vraiment pas. » Une nouvelle grimace dégoûtée se dessina sur ses lèvres alors qu'il prononçait cette dernière phrase. Et puis, ces filles ne sont vraiment pas mon genre voulu t-il rajouter, mais il s'en abstint sagement. Il ne voulait pas que Devon commence à croire qu'il aimait un type de fille en particulier, qu'elle se compare avec ce supposé idéal et qu'elle panique à chaque fois qu'elle en repère une qui y correspondrait potentiellement. Ariel n'avait pas de préférence à proprement parler, dans le sens où il ne jurait pas que par les blondes ou avait un terrible faible pour les rousses. La preuve, il sortait avec une brune, sa dernière conquête en date était une blonde teinte en châtain clair et celles d'avant étaient rousse, rose, brune foncée, cuivrée, bref on comprenait l'idée. Non, Ariel n'avait pas de préférence de ce type, mais ils préféraient les filles un tant soit peu intelligentes. Il n'avait pas forcément couché qu'avec des lumières, mais il se respectait assez (et il respectait assez la gente féminine) pour ne pas prendre la première venue. Et ces deux jumelles, elles étaient loin d'être Einstein. Du moins, c'était le cas pour celle qu'il avait rencontré. Non seulement elle n'était pas très fut-fut, mais elle était superficielle à mourir. Elle ne se préoccupait quasiment que de son apparence, son instagram (elle le lui avait montré, une fois) était remplie de selfies, elle couchait avec un mec différent chaque soir et ne se cachait pas pour le crier sur tous les toits, elle recherchait l'attention des autres constamment... non, vraiment, ce n'était vraiment pas son genre.

Devon était visiblement gênée et avait rapidement mis court à la conversation, l'entraînant par le bras et changeant bien vite de sujet. Ariel, lui, était toujours un peu troublé. Il n'entendit que lointainement sa proposition de boire un café, et s'arrêta brusquement alors qu'ils s'apprêtaient à traverser la rue. Il se dégagea de l'emprise de sa petite amie et se passa la main fraîchement libre dans les cheveux. « Attends, Devon. » Il secoua la tête avant de la prendre par les épaules. La gêne était toujours présente et Ariel comptait bien y mettre fin. « Même quand on n'était pas ensemble, même quand je sortais encore le soir, je n'ai jamais été attiré par des plans à plusieurs. Ça peut plaire à certains, mais pas à moi. » Il chercha le regard de sa petite amie, qu'il sentait fuyant. Il se doutait bien que la situation ne devait pas la rendre très à l'aise, et c'était le cas pour lui aussi. Mais il voulait pouvoir parler sincèrement de ça avec elle, il voulait pouvoir lui dire tout ce qu'il ressentait. C'était sa meilleure amie après tout, sa petite amie aussi. Il ne voulait pas lui cacher ce genre de choses, il voulait que tout soit clair entre eux. Surtout, surtout, ils ne voulaient pas qu'ils soient gênés l'un envers l'autre. « Et je n'ai jamais couché avec aucune des deux jumelles. Je ne sais même pas les différencier, Devon. » Il n'avait pour ainsi dire tissé aucun lien, avec Sarah. Elle s'était simplement imposée, plus ou moins. Cela ne l'avait pas dérangé plus que ça, à l'époque, parce que cela l'aidait à trouver le temps un peu moins long. Durant une semaine, peut-être, ils avaient discutés de banalités telles que la météo ou les nouveaux fringues que la blonde avait achetés, au moment des pauses d'Ariel. Et puis, voyant qu'il n'était pas particulièrement intéressé par coucher avec elle, elle s'était lassée, elle était partie. Elle ne lui avait pas manqué. « C'est juste une nana qui me racontait sa vie quand je prenais mes pauses au Starbuck's. Ça doit faire quatre mois que je ne lui ai pas parlé. » Il fit une légère pause avant de rependre, plus doux, caressant d'une main le visage de Devon, « Je veux pas que tu t'inquiètes de tout ça, Dev'. Je veux pas que tu t'inquiètes d'avec qui j'ai couché, d'avec qui j'aurais pu coucher. Tu sais bien qu'il n'y a que toi. » Ariel plaça ses mains de chaque côté du visage de sa petite amie, plongeant son regard dans le sien, et déposa ses lèvres sur les siennes -d'abord tendrement, avant de se faire plus pressant, glissant ses mains dans les cheveux de la brune. Quand il s'écarta, rouvrant les paupières, il eut le sentiment que la gêne qui s'était installée entre eux s'était dissipée. Mais il voulait la confirmation de sa petite amie, il voulait l'entendre dire que ça allait, qu'elle arrêterait de s'inquiéter. Il l'interrogea du regard, avant de descendre ses mains le long de son cou, puis de ses bras avant d'agripper tendrement sa taille. Il l'embrassa de nouveau, brièvement cette fois. « Tu as parlé d'un café ? »

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MessageSujet: Re: ☆ je t'aime plus qu'hier, mais bien moins que demain (aron) Ven 8 Mai - 6:22




Je peux tout de suite voir la surprise et l’inquiétude sur le visage d’Ariel. Apparemment, les plans à plusieurs, ce n’est pas du tout son truc mais ce qui lui fait encore plus « peur » c’est de penser que ça peut m’intéresser. Je crois que je n’ai jamais eu aussi honte de toute ma vie. S’il savait, s’il savait qu’on ne m’avait jamais touché de cette manière et que ce n’est pas parce que mon subconscient me fait rêver d’un plan à plusieurs que c’est quelque chose que je veux. Non, on en a jamais parlé, mais je suis vraiment pas comme ça. A vrai dire, je ne sais pas du tout ce que j’aime vu que je n’ai jamais eu aucune expérience. Je ne sais pas quelles caresses me font le plus frissoner, quels baisers me font le plus vibrer. Et ne parlons même pas des positions et de tout ce qui suit. Je suis novice et c’est déjà assez gênant comme ça… Je sais qu’il arrivera un moment où… Ariel et moi on passera à l’acte et j’ai encore plus conscience qu’il faudra que je lui parle de mon absence d’expérience avant ça. J’en tremble déjà. Ariel et moi sommes complètement différents à ce sujet là. Je ne connais pas tous les détails de sa vie sexuelle mais je sais très bien qu’il en a une et qu’il en a bien profité lors de notre road trip. Comment va-t-il réagir en sachant que moi… Je n’ai absolument aucune vie sexuelle. A part peut-être avec mon premier café du matin qui me fait certainement autant de bien que si je faisais l’amour avec quelqu’un… Du coup je me rends compte que le petit nuage sur lequel je me suis réveillée ce matin se dissipe peu à peu et me fait gentiment retomber sur terre. Nous sommes peut-être heureux ensembles mais il y a encore beaucoup de points à éclaircir. Comme m’assurer qu’Ariel n’ira pas voir ailleurs parce que je ne lui suffit pas…

J’explique à Ariel la nature de mon rêve en espérant qu’il comprenne de la bonne manière. Je ne tiens pas à devoir utiliser certains mots en pleine rue de Siloam Springs. Mais tout d’un coup, sa voix devient brusque et machinalement, je me recule un peu. Il se sent insulté et je ne sais pas quoi dire pour changer ce que je viens de dire. Surtout qu’à aucun moment je n’ai pensé à mal. Il secoue la tête et je vois bien que je l’ai déçu avec mes explications et mes questions. Je baisse la tête avant de vouloir couper court au sujet en l’attirant vers le Starbucks. Mais à nouveau, Ariel se dégage de moi et cette fois j’ai l’impression de prendre une vraie douche froide. Je le regarde, au bord des larmes. J’aurai mieux fait de me taire. Qu’est-ce que je peux être stupide parfois. Mais j’aurai jamais pensé qu’Ariel aurait pris le sujet autant à cœur. Je pensais qu’il allait en rire et me rassurer mais non… C’est pas du tout le cas. J’ai pour réflexe de me reculer lorsque je vois qu’il veut poser ses mains sur mes épaules mais il est trop rapide. J’ai l’impression que je vais me liquéfier sous son regard. Je n’aime vraiment pas qu’il me parle comme ça, qu’il soit sec à moi alors que j’aurai juste voulu qu’il me rassure. Je ne peux pas choisir de quoi je vais rêver, je m’en serais bien passée mais si j’avais su que ça créerait une mini dispute ou du moins une distance entre lui et moi, je me serais tue et j’aurais continué à paniquer dans mon coin à cause des jumelles. Il m’explique à nouveau que les plans à trois ce n’est pas son truc. Il ne comprend pas, le plan à trois n’est pas le problème en soi, c’est le fait qu’il puisse fantasmer sur une autre bien mieux foutue que moi qui me fait peur. Et même sa main sur mon visage, ses lèvres sur les miennes ne me rassurent pas vraiment. Et finalement… Tu sais bien qu’il n’y a que toi. Je souris faiblement, encore toute fébrile de son baiser et de ses mains sur ma taille. « T’aurais pas pu le dire dès le début imbécile ? » C’était tout ce dont j’avais besoin d’entendre. Je me fiche pas mal qu’il aime les plans à plusieurs ou pas, je veux juste qu’il me rassure et qu’il me dise qu’il n’y a personne d’autre qui l’intéresse. Mais… Il faudra quand même qu’on parle de notre future vie sexuelle. Je ne veux pas qu’il aie de mauvaise surprise… Je finis par hocher la tête lorsqu’il me propose un café et on rentre dans le petit bâtiment.

L’odeur du café me fait l’effet d’un baume au cœur. Ariel salue ses anciennes collègues et je ne peux pas m’empêcher de remarquer que ce sont que des femmes. Ma petite voix dans ma tête me juge en secouant la tête. Non Devon, stop. On commande chacun une boisson rafraichissante. Je n’ai pas envie qu’on reste à l’intérieur alors qu’il fait beau alors je propose à Ariel qu’on aille se poser au parc à côté du van. On pourra toujours retourner en ville s’il veut aller faire d’autres achats. C’est notre matinée shopping après tout. On marche tranquillement en direction du parc et une fois arrivés sur place, on s’installe dans l’herbe. Je me cale entre les jambes d’Ariel, mon dos contre son torse. Il me fait gouter son frappucino mais je préfère le mien. Ne voulant pas terminer ma boisson trop rapidement, je pose mon gobelet dans l’herbe à côté de moi et je laisse ma tête aller en arrière sur l’épaule du jeune homme. Mes doigts jouent avec sa main libre. Je n’échangerai ma place pour rien au monde. C’est ça, mon petit paradis. Mais j’ai encore le cœur lourd et Ariel a voulu mettre les choses au clair avant de rentrer dans le Starbucks, c’est peut-être à moi d’en faire autant. « Faut que je te parle d’un truc Ariel… Mais je veux que tu me promettes que tu ne réagiras pas comme tout à l’heure, c’était un peu blessant… » Mes doigts qui jouent avec les siens deviennent un peu tremblants. Je me redresse et me retourne face au jeune homme, faisant passer mes jambes sous les siennes puis dans son dos. Je prends une profonde inspiration sans pour autant réussir à le regarder dans les yeux. « Je n’ai eu qu’un petit copain Ariel. Tu te rappelles de lui évidemment. Tu te rappelles qu’il n’était pas très gentil avec moi. Qu’il était brusque et insultant. » Il s’en rappelle sûrement très bien, peut-être mieux que moi. Ariel l’avait plusieurs fois menacé de lui faire rentrer sa crosse de hockey dans un endroit peu approprié s’il continuait à être méchant avec moi. Je reprends la main d’Ariel dans les miennes. « Il ne m’a jamais touchée Ariel. Et évidemment je ne te parle pas de ses gestes brusque ou de ses mots. Je suis encore… Vierge.  » Je ravale difficilement ma salive avant de reprendre. « Et ça me fait flipper parce que mon subconscient s’amuse à me le rappeler et après je me rappelle aussi que tu as mille fois plus d’expérience que moi et qu’on a beau être heureux toi et moi, il arrivera bien un moment où tu voudras… Et moi aussi alors je flippe complètement. » J’ai dit tout ça sans faire de pause, sans reprendre mon souffle. J’ai l’impression d’avoir couru un marathon. Mais avant qu’Ariel ne puisse dire quoi que ce soit, je veux lui dire une dernière chose. « Je ne veux pas parler à la place du futur mais… Je sais que ça sera toi, mon premier. Du moins je l’espère. Parce que j’ai confiance en toi et parce que je sais que tu ne feras rien que je ne voudrais pas. Je sais que tu seras tendre. Ce n’est pas à cause de toi que j’ai peur mais plutôt à cause de moi. Je me suis dit qu’il fallait que tu le saches parce que je n’avais pas envie de devoir te le dire dans l’action et que ça gâche tout… J’espère que tu m’en veux pas. » Je pense sincèrement que j’ai choisi le bon moment. On est tout seuls au parc, les gens travaillent encore une heure avant leur pause déjeuné, on est calme et bien installés. Je ne voulais vraiment pas balancer ça durant une dispute ou je ne sais quel autre moment qui n’aurait vraiment pas été approprié.
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MessageSujet: Re: ☆ je t'aime plus qu'hier, mais bien moins que demain (aron) Mar 12 Mai - 17:29

je t'aime plus qu'hier, mais bien moins que demain
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Ariel poussa un long soupir, un petit sourire étalé sur ses lèvres. Mon dieu, qu'il aimait cette fille. Cela avait toujours été comme ça, entre eux deux. Il y avait parfois des disputes, qui pouvaient être virulentes, mais elles ne duraient jamais bien longtemps. L'un d'eux finissait toujours par dire une phrase qui apaisait l'autre, qui détendait l'atmosphère. Ils n'avaient plus qu'à se faire un câlin, et c'était fini. En l'occurrence, ce fut davantage un baiser, aujourd'hui. Leur relation avait changé, et avec ça leurs méthodes de réconciliation. À bien y réfléchir, Ariel préférait sûrement celle-là, d'ailleurs. « Bun... ça n'aurait pas eu le même effet » répliqua-t-il avec une petite moue, quand Devon lui demanda pourquoi il n'avait pas directement dit qu'il n'y avait qu'elle. Au fond, il savait bien que tout partait de là. Que ce rêve, ces jumelles, cette discussion, ce n'était que parce qu'elle n'était pas rassurée, que parce qu'elle avait besoin de l'entendre dire qu'il ne regarderait pas ailleurs, qu'il ne serait pas attiré par d'autres filles. Mais Ariel n'avait pas compris tout de suite, ou alors il n'avait pas voulu comprendre. Cela lui paraissait tellement logique, pour lui. Tellement logique qu'il n'y avait que Devon qui occupait son esprit. Mais bien sûr, il était réputé pour coucher à droite à gauche, avec les plus belles filles qu'ils rencontraient, et c'était complètement compréhensible que la brune puisse douter de sa fidélité - ne serait-ce que sa fidélité "mentale". Lorsqu'Ariel réalisa ça, un frisson lui parcouru le corps. C'était comme ça, qu'elle le voyait. Coureur de jupons. Il ne put s'empêcher d'être vexé. Touché dans son ego. Cela ne dura cependant pas bien longtemps : encore une fois, elle avait tous les droits de penser ça. En même temps, il n'avait jamais eu l'occasion de prouver que c'était un gars fidèle. Il n'avait jamais eu de petite amie, il n'en avait jamais voulu jusqu'à présent. Mais il avait toujours su que le jour où il serait en couple, il n'irait pas voir ailleurs. C'était une question de respect, déjà, et puis parce que s'il allait à l'encontre de ses principes de base, ce serait parce que ce serait la bonne. Une fille qu'il aime, et qu'il n'aurait donc aucune raison de tromper.

Il aurait aimé dire davantage de choses, se justifier encore un peu plus, la rassurer davantage, lui dire qu'il n'irait pas voir ailleurs, que c'était fini, mais Devon semblait finalement satisfaite de ce qu'il avait déjà dit, alors il n'insista pas. Cela ne servait à rien de se prendre davantage la tête pour une discussion qui était déjà terminée. C'était leur journée, il fallait en profiter. Ariel aurait tout le temps, plus tard, de lui prouver encore et encore que Devon était dorénavant la seule et l'unique. De lui prouver par les mots, par les gestes, par les actions. Le bouquet de fleurs et le petit-déjeuner au lit n'étaient que le début d'une série de Je t'aime et il n'y a que toi. Ariel glissa sa main le long du bras de sa petite amie pour attraper la sienne, et ils pénétrèrent dans le Starbucks, le sourire aux lèvres. Il était sincèrement heureux d'y mettre les pieds en tant que client, et non plus en tant que serveur. L'ambiance n'était pas du tout la même. Il salua quelques personnes, rapidement, ne voulant pas s'attarder.

C'était reposant. Si agréable. Une légère brise, l'odeur des pins et des fleurs du parc, aucun bruit en dehors des insectes, du vent entre les feuilles et de leurs propres respirations. Devon contre lui, l'odeur de son shampoing venant se mêler aux autres senteurs printanières. Il déposa un baiser sur le haut de son crâne et esquissa un sourire. Il était bien, il était vraiment bien. Leur légère dispute d'il y a quelques minutes semblait être vieille de dix ans, et ils buvaient leur café en silence, en harmonie. Ils n'avaient rien besoin de dire, ils n'avaient pas besoin de parler. Ils avaient dépassé le stade du silence gênant il y a bien longtemps. Ariel réalisa que d'être en couple n'avait finalement rien d'effrayant. C'était, au contraire, la plus belle chose qui lui était arrivé cette année. Le tout était de trouver la bonne personne. C'était aussi simple que ça. Devon reprit la parole et vint sortir Ariel de ses pensées. Il fronça les sourcils devant son ton sérieux et hocha la tête. « Promis, je serais un ange. » Il n'avait pas réalisé jusque là qu'il avait pu blesser sa petite amie en s'énervant comme il l'avait fait. Au final, ils s'étaient blessés mutuellement sans le vouloir. Mais, à présent, Ariel était prévenu. Il tournerait sa langue sept fois dans sa bouche avant de parler, si besoin. Il réfléchirait, il ne serait pas aussi impulsif. Ils étaient tellement bien, il ne voulait pas que tout dérape encore une fois. Devon se redressa pour lui faire face. Elle glissa ses jambes sous les siennes, et il logea ses mains contre les hanches de sa petite amie. Ariel continuait de froncer les sourcils, parce qu'il n'avait aucune idée de ce qu'elle allait dire. Pour tout dire, il était légèrement inquiet. Devon fuyait visiblement son regard, et il avait peur que leur petite bulle de bonheur éclate à nouveau. À l'instar de la brune, il prit une grande inspiration et plongea son regard dans des yeux qui ne le regardaient pas. Ariel hocha la tête, doucement, très doucement, tâchant d'intégrer ce que Devon disait. Son premier petit ami était ramené sur le plateau, il n'était pas sûr que ce soit bon signe. Il se rappelait néanmoins quel connard ce mec avait pu être, et il ne put empêcher ses poings de se crisper. « Je m'en rappelle, oui. » Il se rappelait de son visage prétentieux, de ce visage qu'il avait voulu encastrer dans le bitume. Devon récupéra une des mains d'Ariel et jouait avec tandis qu'il attendait la suite. Il était légèrement tendu, redoutant ce qu'elle allait dire. Pour se détendre, il fit glisser les doigts de sa main libre le long de la cuisse de sa petite amie, se concentrant sur les motifs qu'il dessinait sur sa peau, virtuellement. « Je suis encore… Vierge. » Ariel releva la tête, aussitôt, et haussa les sourcils. Il n'eut rien le temps d'ajouter que Devon reprit la parole, et elle se mit alors à parler sans s'arrêter. Il comprit que cela ne servait à rien de l'interrompre et l'écouta jusqu'au bout. Plus elle parlait, et plus ses muscles se détendaient. Plus il était soulagé. Plus il souriait. « Il n'y a aucune raison que je t'en veuille Devon. Je suis content que tu me l'aies dit. » Il passa une main sur la joue de sa petite amie, avant de la laisser retomber sur ses genoux. « Tu sais, je n'ai jamais eu de petite amie avant toi. Donc tu es déjà plus expérimenté que moi sur ça. » Il esquissa un petit sourire malicieux, parce qu'il savait bien que ce n'était pas de cette expérience-là dont Devon parlait. « Honnêtement, je me demande comme une aussi jolie fille que toi puisses être toujours vierge » ajouta-t-il, sincèrement surpris, avant de déposer un bref baiser sur ses lèvres et de continuer, « mais je ne vais pas m'en plaindre. » Certes, il aurait la "responsabilité" de prendre la virginité de Devon, que ce serait sa première fois à elle, celle dont elle se souviendrait toute sa vie, mais ça ne lui faisait pas peur. Il était content d'être le premier. Et puis, il savait que ça se passerait bien. Il n'y avait aucune raison que cela se passe mal, alors qu'ils se connaissaient depuis si longtemps, alors qu'ils s'aimaient autant. « Et puis, ça sera un peu ma première fois aussi, tu sais. » Il n'avait pas compté le nombre de fois qu'il avait couché avec une fille, mais faire l'amour avec Devon serait une grande première. La première fois qui ferait vraiment l'amour. Avec sa petite amie. Dont il était amoureux. Sa "première fois", la fois où il avait perdu sa virginité, il ne s'en rappelait pas vraiment. Ça ne l'avait pas marqué. C'était juste la première fois d'une longue série. Il était à une soirée, il devait avoir quinze ans, peut-être un peu plus, il avait un peu bu, légèrement, et il s'était retrouvé dans un lit avec une de ses camarades de classe. Ils s'étaient revus le lendemain au lycée, légèrement gênés, mais ça n'avait pas duré. Ariel n'en retenait rien de plus. Il ne se rappelait pas d'une fille en particulier, aucune ne l'avait vraiment marqué. Il savait que ce serait différent, avec Devon. Qu'il s'en remémorerait.

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MessageSujet: Re: ☆ je t'aime plus qu'hier, mais bien moins que demain (aron) Lun 18 Mai - 6:14




C’est avec les bras chargés de courses que nous décidons de prendre une boisson sucrée au Starbucks avant d’aller se poser un moment au parc. Je crois bien que l’orage est passé et heureusement parce que je commençais vraiment à me sentir ridicule et à avoir honte de notre conversation. Nous avons beau nous connaître depuis bien des années avec Ariel, et j’ai beau le savoir coureur de jupons, nous n’avons jamais été plus loin dans le sujet délicat qu’est le sexe. Pourtant c’est quelque chose de naturel, de normal mais par pudeur nous n’avons jamais abordé le sujet et je crois bien que maintenant que notre relation a franchi une nouvelle étape, mon cerveau fait tout pour me rappeler que je manque d’expérience et qu’Ariel sera sûrement bientôt demandeur. Je ne le prends pas pour un obsédé ou quelque chose dans ce genre mais je pense qu’un homme a de toute manière plus de besoins qu’une femme. Et sûrement encore plus quand l’homme en question a été habitué à ne pas passer une seule semaine sans se retrouver dans le lit d’une jeune femme. Du coup, c’est vrai que je me pose beaucoup de questions et que mes entrailles commencent déjà à se serrer en me rendant compte qu’il faudra bien que je dise à Ariel qu’aucun homme ne m’a jamais touché de cette manière. Nous avons toujours été sincères l’un avec l’autre lorsque nous étions amis et ça ne devrait pas changer maintenant que nous sommes un jeune couple. Mais j’ai toujours eu une grande pudeur face à ce sujet donc il va me falloir plusieurs grandes respirations pour arriver à aborder le sujet. J’espère qu’on ne va pas finir par se braquer puis par ne plus en parler. Mais je pense que choisir d’en parler alors qu’on est tranquillement installé dans l’herbe du parc est une bonne idée. Je rassemble tout mon courage et me retourne face au jeune homme pour être sûr qu’on parle correctement.

Je n’ai pas eu le bon exemple à la maison. Mes parents sont mariés depuis plusieurs années et grâce à leur statut dans la ville d’Edmonton, ils n’ont jamais eu besoin d’avoir de grandes discussions autour d’une table pour parler des factures en retard ni même d’autres problèmes qu’une famille peut rencontrer de manière générale. S’il y avait un souci, mon papa haussait le ton et ma maman finissait par dire « on fait comme tu veux ». Ils n’ont jamais été comme ces adultes à s’asseoir et à poser les problèmes sur la table pendant une heure. Mais moi je ne fonctionne pas comme ça. J’ai grandi avec un frère jumeau et même si on est très fusionnels, il y a eu des moments où on pouvait se prendre la tête à en casser des objets. Mais notre lien reprenait toujours le dessus et on s’arrêtait dans notre élan pour nous rendre compte que c’était ridicule d’en venir aux cris et aux mains. On n’avait à peine douze ans quand on a décidé que si à un moment ou un autre on avait quelque chose sur le cœur, que notre frère ou notre sœur nous aurait blessé ou mis en colère pour une quelconque raison, on instaurerait un code et on prendrait le temps d’en parler correctement. Déjà très jeunes on avait compris que nos parents n’étaient pas forcément un modèle et qu’il ne fallait pas qu’on prenne exemple sur eux pour nos conflits. Et ça a bien marché. Ca nous a vraiment évité des disputes inutiles et des maux de ventre nerveux.

J’arrive à regarder Ariel dans les yeux pendant quelques secondes mais dès qu’il me fait comprendre qu’il m’écoute et qu’il restera ouvert à la conversation, je baisse les yeux sur mes mains qui jouent avec les siennes. Une manie que j’adore avoir malgré tout. Je lui lance la bombe après lui avoir rappelé que je n’ai eu qu’un petit ami – et que celui-ci était loin d’être l’exemple même du bon petit ami tendre et compréhensif. Je relève les yeux en même temps que ceux d’Ariel lorsqu’il comprend que je suis encore vierge. Je le vois ouvrir la bouche pour répliquer mais très vite je reprends la parole, lui expliquant ce que je ressens vis-à-vis de ça, de lui et je lui fais surtout comprendre que je suis morte de trouille même si je sais que ça sera lui mon premier et que je ne pouvais pas « rêver » mieux. Je reprends mon souffle puis le bloque dans ma gorge. Ariel me caresse la joue et je me détends immédiatement. Avec son humour bien à lui, Ariel me fit sourire. Mais je sens immédiatement mes joues chauffer lorsqu’il me demande comment cela se fait-il que je sois encore vierge alors que je suis jolie. Je hausse les épaules. J’ai plusieurs théories là-dessus mais aucune que j’ai envie de partager maintenant. Le baiser qu’il m’offre a le don de me détendre définitivement. Je souris tendrement et passe une main dans ses cheveux. J’ai de la chance d’avoir un petit ami aussi compréhensif. Il ne me le dit pas mais je sais qu’il ne me poussera pas à faire quoi que ce soit avant que je ne sois prête. Je murmure un « merci » avant de me blottir dans ses bras. Je ne tremble plus et mon cœur a repris un rythme normal. Je n’ose pas ajouter quelque chose. Pour moi ça a déjà été difficile de lui en parler, je n’ai pas envie d’épiloguer. Ariel est au courant, il le prend bien, tant mieux, tout est beau, tout est cool. J’attrape mon verre en plastique et bois une gorgée de mon frappucino.

Il fait tellement bon sous ce soleil de printemps que je pourrai rester des heures ainsi. Sauf qu’un bruit me sort de mes pensées. Je me redresse et découvre un jeune chien qui fouille dans nos sacs de courses. « Hé, qu’est-ce que tu fais là toi ? » Je me mets à genoux et passe par-dessus la jambe d’Ariel pour rejoindre l’animal. Celui-ci s’applati par terre, comprenant sûrement qu’il a fait une bêtise. « Non, n’aie pas peur. » Je pose ma main sur sa tête et lui gratte derrière les oreilles. Je le sens se détendre sous mes caresses donc j’aventure ma main sur son cou. Il n’y a pas de collier, rien. Je fronce les sourcils et observe l’animal, il doit avoir une dizaine de mois maximum mais ce n’est plus un chiot. On dirait un croisage entre un Shiba Inu et une race plus standard comme le Golden. Son poil est sale et il semble très maigre. « Attends, bouge pas. » Je tends le bras pour fouiller dans nos courses et déchire un morceau de pain qu’Ariel a acheté et le donne à l’animal. « On a pas de viande, désolée mon grand. » Pendant que l’animal « ronge » le bout du pain un peu plus dur, je constate qu’il est bourré de tics et qu’il aurait vraiment besoin d’être dépoussiéré. Je me retourne vers Ariel – ayant presque oublié sa présence – et le regarde tristement. « Il est sûrement abandonné. Il n’a pas de collier et il est maigre. » Je commence à faire ma petite moue pour le faire craquer mais je me rappelle aussitôt de sa réaction la veille lorsque je lui ai dit que j’avais envie qu’on adopte un chien. « Laisse moi au moins aller acheter un crochet pour enlever ses tics et le laver. On l’amènera au refuge après. S’il te plaît, s’il te plaît s’il te plaît. »
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MessageSujet: Re: ☆ je t'aime plus qu'hier, mais bien moins que demain (aron) Sam 23 Mai - 17:29

je t'aime plus qu'hier, mais bien moins que demain
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Ariel se rendit compte qu'il était à deux doigts de s'endormir quand il releva la tête dans un sursaut, alors que Devon s'était mise à parler. En un battement de paupières, il eut le temps de s'inventer une situation, quelqu'un qui était venu les voir et avec qui sa petite amie parlait à présent ; mais ce n'était pas quelqu'un, plutôt... un chien. Ariel soupira. Il fallait que cela tombe sur eux, bien sûr. Après ce qui lui avait paru comme un sujet tabou -la brune n'était en effet visiblement pas à l'aise d'en parler, elle n'avait d'ailleurs pas répondu à sa dernière question-, les deux amoureux étaient restés dans les bras l'un de l'autre, en silence, profitant de la chaleur qu'ils se procuraient mutuellement et de la nature autour d'eux. Malheureusement, la nature incluait aussi les chiens errants. Ariel voulu faire une remarque pour exprimer son mécontentement, mais il se retint quand il vit avec quel enthousiasme Devon s'occupait de ce chien, qui était tout de même venu farfouiller dans leurs courses. Cela se voyait gros comme une maison qu'elle aimait être avec les animaux : elle s'occupait d'eux comme si c'était ses propres enfants, quand bien même c'était des animaux abandonnés, sales et sûrement porteurs de maladie. Cette vision eut le don de décrocher un léger sourire à Ariel, qui se fana aussitôt que Devon se fut retournée, sa petite moue suppliante aux lèvres. Ah non ma cocotte, tu ne m'auras toujours pas cette fois-ci ! Comme si elle avait lu dans ses pensées, ou parce qu'elle se rappelait leur discussion de la veille à ce sujet, elle reprit son visage normal mais lui demanda quand même si elle ne pouvait pas s'en occuper avant de l'emmener au refuge. Il secoua la tête, à la fois dépité, à la fois amusé -elle était décidément irrécupérable, cette fille ! « Je te connais comme si je t'avais fait, Devon » plaisanta-t-il, sans la quitter du regard, un sourire légèrement moqueur aux lèvres. « Maintenant c'est le crochet pour lui enlever les tiques, ce soir c'est "le garder pour la nuit et on l'emmènera demain matin", oh mais demain matin on travaille, demain après le travail ce sera fermé, après-demain ça sera "oh mais il est quand même trop mignon non ? On le garde, s'il-te-plaaaaaît." » Ariel voyait ça très clairement et savait pertinemment que s'il lui donnait son accord pour lui enlever les tics, il partagerait son lit avec le chien d'ici la semaine prochaine. « Sérieusement Dev', il va te refiler ses tics, tu vas attraper une vieille maladie, puis il va nous mettre des puces partout, qu'on va aller refiler aux animaux de la ferme des Caldwell, ils vont devoir tous les piquer parce qu'ils arriveront pas à leur enlever, ils vont tomber en faillite à cause de ça, à cause de ce chien que t'as récupéré parce qu'il a osé fouiller dans nos courses. Vraiment, c'est ce que tu veux ? » Bien sûr, il exagérait et en était conscient, mais tous les moyens étaient bons pour la dissuader. Il était toujours assis dans l'herbe, ses mains en arrière pour le soutenir, réfléchissant à des arguments qu'il pourrait bien servir à Devon pour la faire changer d'avis. « Imagine. C'est obligé que tu ne le ramèneras pas au refuge, o-bli-gé. Ça te fera trop mal au cœur de t'en séparer. Admettons qu'on le garde : il ne met pas un pied dans le van. Impossible, je veux pas qu'il pisse et chie de partout, qu'il foute ses poils sur tous les sièges. Bon. En été, ça passe n'est-ce pas ? Il fait assez chaud dehors, on pourrait même lui faire une petite niche. Mais en hiver ? Où est-ce qu'il va rester ? Il fera bien trop froid dehors, niche ou pas niche. Alors ? » Il espérait sincèrement la convaincre avec ces arguments-là, mais Devon pouvait être aussi bornée que lui et ça ne serait pas facile de la rallier à sa cause. Le petit chien, certainement intrigué par cet autre humain qui n'arrêtait pas de parler, s'avança vers Ariel qui se releva instantanément, faisant un bond en arrière. « Oula tu m'approches pas toi ! Gardes tes tics et tes puces, oust ! » Et puis, l'animal lui lança un regard, ce regard qu'il ne croyait possible que dans les dessins animés ou la célèbre expression populaire : le regard de chien battu. « Ah non ! » s'écria-t-il, légèrement excédé mais les yeux souriant malgré tout. « Tu ne m'auras pas, toi non plus ! Je ne céderais pas, même pas pour tes beaux yeux toutou. » Il fallait dire que le chien avait quelque chose d'attendrissant, mais Ariel ne voulait pas s'avouer vaincu. Il reporta son regard vers Devon, puis sur le chien de nouveau. Au final, de quel droit se permettait-il d'imposer à sa petite amie ce qu'elle voulait faire de sa vie et de son argent ? Après tout, elle n'avait pas besoin de son autorisation pour soigner l'animal, si ? Et puis, que deviendrait le petit chien s'il le laissait là, abandonné à lui-même ? « Bon » finit-il par dire, résigné. Il leva le doigt avant de le pointer en direction de la brune, avant qu'elle ne dise quoi que ce soit. « Tu n'as pas gagné, je te préviens. Tu n'as pas gagné. » Cela aurait été bien trop dur pour son ego, bien entendu. Il leva ensuite les mains en l'air, comme pour clamer son innocence. « Une condition, à laquelle on ne déroge pas: il ne met pas une patte, pas UNE SEULE dans mon van. » Ça, il avait le droit de lui imposer. Parce que, bien qu'il estimait que le véhicule était autant à Devon qu'à lui-même, il en restait le propriétaire. Et Ariel n'avait vraiment, vraiment pas envie qu'un animal vienne le saccager. Il n'avait rien contre les chiens en particulier, en réalité il les aimait bien. Ses grands-parents maternels en avaient un et il adorait s'amuser avec lui quand il leur rendait visite. Cela ne l'aurait pas embêté d'en avoir un, vraiment, s'ils habitaient en appartement et avait de quoi assurer les croquettes et les soins chez le vétérinaire. Or, ce n'était pas tellement leur situation actuellement. Il soupira, las. « Bon, on l'achète où ta pince là ? » Comme s'il avait compris qu'Ariel avait cédé, le chien s'était mis à japper heureusement, sa queue frétillant de plaisir. Oh ça va toi, hein, fais pas trop le malin.

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MessageSujet: Re: ☆ je t'aime plus qu'hier, mais bien moins que demain (aron) Mer 3 Juin - 7:05




Je sais que je ne peux pas sauver tous les animaux de la planète, loin de là, mais lorsque je vois ce chien abandonné venir fouiller dans nos courses pour ne serait-ce qu’un morceau de pain, je me dis que je ne peux pas le laisser comme ça et le chasser du parc. Il n’a pas l’air d'être malade, il est juste bourré de tics et il meurt de faim. Je ne vois pas comment j’aurai le cœur de le laisser comme ça. Même si je connais très bien l’avis d’Ariel à propos des chiens étant donné qu’on en a justement parlé hier soir. Ce qui est quand même un très mauvais timing. Mais si pendant que j’observe l’animal de près, j’ignore soigneusement Ariel, je ne peux pas non ne pas entendre ses soupirs dans mon dos. Je me doute bien qu’il repense lui aussi à notre discussion de hier soir et qu’il sait que je ne vais pas me résoudre à laisser l’animal ici alors qu’on pourrait très bien l’amener au refuge pour qu’il puisse être nourri correctement et placé dans une belle famille. Car oui, même si en ce moment même je n’ai qu’une envie c’est d’ignorer Ariel et de soigner le chiot pour le ramener avec nous au Van, je vais m’en tenir à ce que je lui ai dit ; je veux juste le débarasser de ses tics et peut-être lui donner un coup de jet d'eau avant de le ramener au refuge. Je ne demande pas la lune ? Et puis, je peux m’en occuper seule. Il n’a qu’à rentrer à la ferme des Caldwell et venir me rechercher d’ici deux ou trois heures. Mais à peine ai-je fait la proposition d’aller acheter un crochet à tics qu’Ariel s’emballe et me sort des excuses les plus improbables du monde. En soulignant le fait qu’il est hors de question que le chiot revienne avec nous au Van. Plus il parle, plus j’ai envie de lui coller une gifle sur la figure. J’essaie de placer une phrase au milieu de son monologue pour lui rappeler qu’à aucun moment je n’ai insinué que je voulais le ramener au Van mais il ne me laisse pas parler. Il prend même le droit de penser à ma place. Il est persuadé que je ne pourrai pas me séparer de l’animal après m’en être occupée et il me fait passer pour une petite-amie assez envahissante et qui prend toutes les décisions. Ce qui ne me plaît pas du tout. Ariel a beau bien me connaître, je ne suis pas d’accord qu’il décide à ma place si je suis prête ou non à donner l’animal au refuge après m’en être occupée. J’adore les animaux et oui, j’aimerais le prendre avec moi mais je sais qu’Ariel est contre. Je suis donc prête à mettre mon envie de côté pour qu’il y ait une bonne ambiance dans le Van. Le voir s’emballer comme ça et user outrageusement du sarcasme m’agace fortement. Et il doit forcément le voir sur mon visage car même si je ne dis rien et que je le laisse poursuivre son monologue, mon langage corporel, lui, ne ment pas. « C’est bon, t’as fini ? » demandais-je légèrement sèche lorsque je pense qu’Ariel a terminé de trouver des excuses plus ridicules et blessantes les unes que les autres. Le chiot se dégage de mes mains et s’approche d’Ariel, j’essaie de le retenir mais je reste clouée sur place lorsque je vois le bond exagéré qu'Ariel fait. J’y crois pas… Tout ça pour un chien. L’animal bat de la queue en regardant Ariel et je m’avance vers lui pour détourner son attention d’Ariel. Ce dernier pointe un doigt sur moi, ce que j’aime encore moins que tout ce que je viens d’entendre. « Hé, tu pointes ton doigt ailleurs Chester. » Oulà. Ariel sait très bien que lorsque je l’appelle par son nom de famille c’est que je suis en colère. Je me lève et époussette ma robe avant de siffler pour que le chiot me suive du regard. « T’inquiète pas, t’as pas besoin de m’accompagner. Ramène les courses au Van, je trouverais quelqu’un qui me ramènera à la ferme des Caldwell. Et rassure-toi je serais sans le chien. » J’avance de quelques pas avant de me retourner. « Pour quelqu’un qui ne veut pas ressembler à son père, tu es mal barré. » Je sais que cette réplique lui fera mal mais en cet instant, je m’en fiche complètement. Ariel m’a blessée et il sait que je peux être très rancunière. Je siffle à nouveau et l’animal me suit sans essayer de s’enfuir. Nous quittons le parc et retrouvons le chemin de l’allée principale de Siloam Springs. J’ordonne gentiment à l’animal de s’asseoir devant la pharmacie et il s’exécute. A ma grande surprise, il est toujours là lorsque j’en ressort avec le crochet à tics caché dans la poche de mon blouson. Il va falloir que je ruse si je veux lui retirer ses tics sans y perdre quelques doigts. Une idée me traverse l’esprit. Nous retournons dans le marché où je me trouvais avec Ariel il n’y a même pas une heure de ça et nous nous arrêtons au boucher. J’essaie de ne pas m’attarder sur les morceaux de viande étalés sur le devant du stand pour ne pas avoir envie de vomir et je demande un os de jambon en rade au boucher. Il me regarde et hésite avant de m’en donner un. Le chiot le prend directement dans sa gueule et il me suit ensuite vers la fontaine sur la grande place. Je m’asseye sur le rebord, dégaine mon crochet et commence à retirer les tics les uns après les autres pendant que le chiot mange son os. Je découvre avec soulagement qu’il n’a pas de puces, ce qui est étonnant mais vraiment cool. Lorsqu’il me semble avoir enlevé toutes les sales petites bêtes, je siffle et l’animal me suit. Je trouve un tuyaux d’arrosage derrière le garage de la ville et commence à asperger le chiot pour le nettoyer de sa poussière et de sa boue. Contre toute attente, l’animal commence à sauter et à essayer d’attraper le jet. Je rigole en m’amusant un peu avec le jet. Au bout de quinze minute de jeu, le chiot est propre. Il sèche rapidement au soleil et on se dirige donc vers le refuge qui est un peu en dehors du centre ville. L’animal marche, oreilles et queue en l’air, tout content. Après une petite marche d’une quinzaine de minutes, nous arrivons au refuge. J’explique à la vétérinaire attitrée qu’il était au parc lorsqu’il s’est approché de nous et que je lui ai retiré ses tics. Il faudra sûrement lui faire une prise de sang pour voir si une de ces sales bêtes lui aurait refilé une maladie mais à première vue il a l’air en bonne santé. La vétérinaire m’assure qu’elle s’en occupera bien et qu’elle lui trouvera une belle famille. Je lui souris tristement. Non, je ne suis pas capable de ramener cet animal sans avoir le cœur brisé mais je sais quand même ce qu’il est bon de faire. Je ne vais pas me mettre à supplier Ariel pour qu’on le garde comme il m’a si mal imitée tout à l’heure. Il doit être soigné et bien nourri et puis il ira dans une belle famille avec un jardin à déterrer et des enfants avec qui jouer. Je remercie la vétérinaire et m’apprête à tourner les talons. Je rattrape la vétérinaire qui tient le chiot dans ses bras avant qu’elle n’atteigne l’arrière du refuge. « Attendez ! Vous pouvez dire à sa future famille qu’il adore le jet d'eau? » La vétérinaire rigole et me promets qu’elle leur dira. Je sors donc du refuge et rebrousse chemin. Je ne sais absolument pas comment je vais faire pour rentrer à la ferme des Caldwell. Je ne connais personne ici et il n’y a pas vraiment de bus. En attendant de trouver le courage de rentrer à pieds, je me laisse tomber sur le muret, près de la sortie de la ville. Avec un peu de chance, Madame Caldwell sera venue en ville pour faire deux ou trois courses et elle me prendra au passage.
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MessageSujet: Re: ☆ je t'aime plus qu'hier, mais bien moins que demain (aron) Ven 5 Juin - 14:52

je t'aime plus qu'hier, mais bien moins que demain
Darling you're with me, always around me. Only love, only love. Darling I feel you, under my body. Only love, only love. Give me shelter, or show me heart. Come on love, come on love. Watch me fall apart, watch me fall apart. And I'll be yours to keep. A wind in the shadow, a whale song in the deep.

Il était sonné. Stupéfait ; vraiment. Devon était visiblement très énervée et il ne comprenait pas pourquoi. Il avait sa petite idée, bien sûr, mais si c'était ce qu'il pensait alors il trouvait qu'elle exagérait grandement. Dès qu'il eut finit son argumentation, elle s'était montrée sèche et mauvaise, et Ariel s'était rendu compte qu'il l'avait blessée, tout simplement parce qu'il la connaissait trop bien et qu'elle réagissait de cette manière quand elle l'était. Il haussa les sourcils, incapable de répondre quoique ce soit. Il n'aimait pas du tout que Devon s'énerve contre lui et le prenne de haut, et encore moins qu'elle l'appelle Chester, mais la réaction de sa petite amie était tellement à l'opposé de ce qu'il attendait qu'il en perdait tout simplement ses mots. Pour être honnête, il pensait qu'elle serait au contraire heureuse de ce qu'il avait finalement décidé, puisqu'il avait rendu les armes et accepté de s'occuper du chien. Alors certes, il ne lui avait pas fait comprendre de la meilleure des façons, bien trop fier pour avouer à voix haute qu'il cédait, mais il avait quand même sous-entendu qu'il était prêt à accepter le chien avec eux. Mais maintenant que la brune se montrait si mauvaise et lui tournait le dos, il regrettait amèrement d'être allé dans son sens -même si elle ne l'entendait sûrement pas de cette oreille- ; il s'était abaissé, il avait mis sa fierté de côté pour rien, au final. S'il avait su que l'histoire se terminerait comme ça, il aurait mieux fait de refuser catégoriquement dès le début. Quand Devon se retourna, alors qu'elle avait déjà fait quelques pas pour s'éloigner, Ariel n'avait toujours rien dit. Il trouvait déjà assez absurde qu'ils en soient venus à se disputer pour un vieux clébard puant, il ne préférait pas envenimer les choses ; il savait très bien que s'il commençait à répondre et à s'énerver à son tour, ils ne seraient pas sortis de l'auberge. Cela aurait quand même été regrettable qu'ils s'embourbent dans une grosse dispute alors même qu'ils étaient plus ou moins officiellement en couple depuis tout juste vingt-quatre heures. Ariel était donc parti pour ne rien dire, rien faire, et laisser Devon vaquer à ses occupations le temps qu'elle se calme, afin qu'ils se retrouvent ce soir tous les deux calmés et leur colère passée ; mais c'était bien entendu sans compter ce qu'elle venait de lui cracher au visage. Et ça, c'était tout bonnement inacceptable. « Pardon ? » Ariel haussa les sourcils plus encore qu'ils ne l'étaient déjà, littéralement sur le cul. « Tu veux répéter pour voir ? » Cela s'entendait clairement dans sa voix qu'il était énervé. Il était blessé aussi, bien sûr, mais sur le moment il était plus en colère qu'autre chose. Il était en colère parce que Devon savait pertinemment que dire une chose pareille lui ferait mal, mais qu'elle l'avait fait malgré tout. Il avait l'impression de tomber des nues ; il avait l'impression de ne plus la reconnaître. À sa connaissance, elle ne lui avait encore jamais envoyé une chose pareille à la figure. Elle aurait pu lui dire n'importe quoi ; vraiment, n'importe quoi. Mais lui lancer qu'il ressemblait à son père, c'était vraiment une chose qu'il ne pouvait pas supporter. Sa respiration s'accéléra considérablement alors que sa colère montait, mais Devon s'éloignait déjà. Elle n'en avait visiblement rien à faire. Ariel serra ses poings dans l'herbe, faisant saillir les jointures de ses mains. Sa poitrine se soulevait rapidement et fortement et il finit par se lever, excédé. Il retourna au van, qui n'était garé qu'à quelques mètres, et dans un dernier regard en arrière, il vit sa petite amie sortir du parc la tête haute, le chien à ses trousses. Dégoûté et toujours aussi furieux, il se retourna et donna un gros coup de poing dans la porte latérale du van, pour soulager sa colère. Cela n'eut qu'un effet relatif mais, heureusement, cela ne laissa aucune marque sur le véhicule. Cela aurait été la meilleure qu'il fasse un creux dans la carrosserie. Encore énervé, Ariel s'installa derrière le volant, avant de redonner un coup dessus. Un coup de klaxon résonna dans le parc encore vide, puis il reposa son front sur le volant brûlant. Il se repassa alors la conversation qu'il avait eu avec Devon quelques minutes plus tôt et, même s'il admettait avoir été blessant en l'imitant et en inventant mille excuses abracadabrantesques pour se débarrasser du chien, il ne voyait absolument pas en quoi la façon dont il avait agit avait une quelconque ressemblance avec son père. Son père était dénigrant, rabaissant, hautain, et Ariel n'était pas comme ça. Alors, oui, il avait tout fait pour ne pas s'encombrer du clébard, mais il n'avait pas dit à Devon que c'était une moins que rien, qu'elle ne méritait pas tout ce qu'il lui apportait et qu'il aurait mieux fait de ne jamais la rencontrer. La façon dont le père d'Ariel avait pris plaisir à l'enfoncer plus bas que terre depuis sa plus tendre enfance avait été un réel traumatisme, et il n'en croyait pas ses yeux que sa meilleure amie, qui savait bel et bien tout ça, avait eu l'audace de retourner ça contre lui.

Ariel était resté une bonne demi-heure dans le van, tâchant de se calmer. Il y était plus ou moins arrivé, au final, même s'il gardait un goût amer dans la bouche. Il mit le contact, regarda l'heure qu'il était, puis éteignit la voiture. Il claqua la porte du van et sortit du parc à son tour, avant de se diriger vers un bar qu'il avait l'habitude de fréquenter, quelques mois auparavant. Il poussa la porte et s'installa directement au comptoir. « Eh bé, ça fait longtemps qu'on n't'as pas vu ici jeune homme ! » Le barman esquissa un grand sourire avant de tendre la main, qu'Ariel serra sans grande conviction. « Un coca avec une rondelle de citron, s'il-te-plaît » demanda-t-il mollement. Le barman remarqua rapidement qu'Ariel n'était pas dans son assiette et préféra ne pas insister. Il lui servit sa boisson en moins de temps qu'il ne faut pour le dire, et Chester la sirota doucement. Pour tout dire, ce qu'il lui aurait vraiment fait du bien aurait été un bon cocktail alcoolisé, mais il savait que s'il commençait, il en prendrait un deuxième, puis un troisième, et ce n'était pas ce qu'il voulait. Déjà, il fallait qu'il conduise, et puis il préférait ne pas tenter le diable. Il aimait Devon et il n'avait aucune envie d'être infidèle, mais être bourré et profondément énervé ne faisait pas bon ménage, et il ne voulait pas faire une bêtise qu'il pourrait regretter. Il resta une demi-heure supplémentaire dans le bar, avant de payer et s'en aller sans même dire au revoir. Quand il retourna au van, la colère l'avait désormais quitté mais la tristesse l'avait remplacée. Il grimpa sur le siège conducteur et démarra le véhicule, afin de sortir du parc une bonne fois pour toute. La route qu'il empruntait pour retourner à la ferme passait justement devant le refuge pour animaux, et Ariel ralentit puis s'arrêta devant le grand portail. Il jeta un coup d’œil à l'intérieur, mais il n'y avait aucune trace de Devon, pas plus que du chien d'ailleurs. Il hésita un instant à sortir du van pour aller adopter le clébard qui était à l'origine de leur discorde, mais le cœur n'y était pas. Il savait que cela l'aurait certainement pardonné aux yeux de Devon, mais il n'était même pas sûr d'en avoir envie. Après tout, elle n'était pas la seule blessée dans l'histoire. Ariel reprit donc la route, le vague à l'âme. Il passa le panneau qui indiquait la sortie de la ville, et appuya sur la pédale d'accélération. Au détour d'un virage, il aperçu une jeune femme brune, assise sur un muret, et il freina aussitôt. Il savait de qui il s'agissait, bien sûr. Il aurait pu la reconnaître même éloigné de centaines de mètres. L'espace d'un instant, il eut envie d'accélérer de nouveau, de passer devant elle et de la laisser se débrouiller toute seule. Mais, même s'il n'avait toujours pas digéré ce qu'elle lui avait dit, elle n'était pas la seule fautive ; et puis, il n'était pas assez méchant de nature pour l'abandonner à son sort, sans parler du fait qu'il aurait été inquiet de la savoir seule au plein milieu de nulle part. Ariel amena donc le van au ralenti, jusqu'à s'arrêter complètement devant Devon. Il étira le bras pour ouvrir la portière passager, et se contenta d'attendre. Le choix était désormais entre ses mains.

crackle bones
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MessageSujet: Re: ☆ je t'aime plus qu'hier, mais bien moins que demain (aron) Mer 10 Juin - 8:20




Ma colère s’était évaporée, la compagnie du chiot ayant aidé. Je me rends maintenant compte que j’ai exagéré et que j’ai vraiment été trop loin. J’étais blessée par la réaction d’Ariel parce qu’il a fait des déductions alors que je n’allais rien demander de spécial. Sans parler du ton qu’il a employé, me prenant de haut et m’imitant. Mais malgré tout, je n’aurai pas dû lui balancer qu’il ressemblait à son père. Evidemment, je ne l’ai pas pensé une seule seconde, je l’ai dit parce que je voulais le blesser autant qu’il l’a fait. Mais avec cette remarque, je l’ai blessé bien plus que lui. Je me rappelle très bien de Monsieur Chester. Cet homme n’aimait pas me voir arriver par la barrière en bois dans leur jardin. Il pensait sûrement que je faisais fugitive ou clocharge mais c’était là qu’on avait l’habitude de se retrouver avec Ariel lorsqu’on avait envie de passer du temps ensembles. Je me rappelle très bien quel regard il portait sur mes vêtements ou mes cheveux et après comment il regardait son fils me rejoindre habillé d’un short et d’une casquette de son équipe de basket préférée. Je n’ai jamais été en très bon termes avec mon père mais je sais que les disputes qui pouvaient survenir entre les deux hommes Chester étaient bien pires. Et c’est en me retrouvant seule avec mes pensées que je me rends compte que j’ai été bien plus blessante que ce j’aurai imaginé. A cette heure-ci, Ariel doit être en train de vider le Van de mes affaires et peut-être que lorsque j’aurai rejoins la ferme des Caldwell, je trouverai mon sac au milieu de la place où nous laissions notre maison sur roues. Et je ne pourrai pas lui en vouloir. La tristesse m’accable soudainement alors que je suis toujours assise sur ce muret à espérer que quelqu’un doive se rendre en dehors de la ville et qu’il me prenne au passage. Dieu sait d’ailleurs sur qui je pourrai tomber. Siloam Springs est une petite ville calme mais elle compte certainement ses détraqués. Je commence à paranoïer en voyant les hommes me regarder en passant devant moi, accrochés à leur volant. Je resserre ma veste autour de mes épaules avec cette inévitable envie de me mettre à pleurer. Je me rends compte qu’on a eu plus de disputes avec Ariel depuis qu’on a compris qu’on éprouvait des sentiments l'un pour l’autre que durant toute notre jeunesse à être amis. Peut-être qu’on n’est juste pas faits pour ça, peut-être que l’amitié nous réussit davantage que l’amour. Quoi qu’il en soit, s’il pense comme moi, on ne pourra pas faire chemin arrière. C’était bien pour ça que je ne voulais pas lui avouer mes sentiments, c’était bien parce que je savais que si un jour on n’était plus compatibles du cœur, on ne pourrait plus non plus être amis. Et rien que d’imaginer de vivre sans Ariel me brise le cœur.

Je sens les larmes me monter aux yeux lorsque tout d’un coup un véhicule s’arrête devant moi. Je n’ose pas relever les yeux par peur de me faire embarquer dans une camionnette blanche et de dire au revoir à ma petite vie d’innocente. Mais je reconnais immédiatement le bruit du vieux moteur du Van. Je relève les yeux et voit Ariel en train de m’ouvrir la portière passagère. J’hésite quelques secondes. Je renifle et me lève finalement pour contourner le Van en passant derrière et aller m’installer à côté d’Ariel. Je ferme la portière et il démarre le véhicule. La tension est palpable dans le Van. Aucun de nous deux ne parle et je vois aux jointures du jeune homme qu’il serre son volant de colère. Je baisse les yeux, parfaitement consciente que tout ça c’est de ma faute. Je me mords la lèvre et laisse ma tête aller en arrière contre l’appui tête, les jambes ramenée contre ma poitrine. Le chemin jusqu’à la ferme des Caldwell me paraît encore plus long que d'habitude avec cette ambiance. Je me demande bien ce qu’il va se passer maintenant. Est-ce qu’on va se contenter d’être des colocataires en parlant que lorsqu’il y en a vraiment besoin ou est-ce que je dois me préparer à faire mon sac et à demander une chambre dans la ferme de mes patrons ?

Lorsque nous arrivons enfin à la ferme, Ariel coupe le moteur. Je ne bouge pas, toujours les genoux contre ma poitrine et le regard perdu dans le vide. L’un de nous va devoir parler et je sens que cette fois, ça va être à moi de faire le premier pas. Sans pour autant détourner mon regard de la campagne, je prends une profonde inspiration. « On est peut-être pas faits pour être plus que des amis. » Il ne peut pas me contredire là-dessus. On arrête pas de se disputer depuis qu’on sait que l’un à des sentiments pour l’autre. Nous avons vécu une année sur les routes à passer de ville en ville et on ne s’est jamais disputés. Ou alors c’était bon enfant. « Je ne suis peut-être pas faite pour être ta petite amie. » rectifiais-je. En l’occurrence, le problème ne vient pas d’Ariel mais bien de moi. Je lui fais des crises de jalousie, je me vexe et je le blesse. A part être hyper attentionné avec moi en m’offrant des fleurs et en me préparant le petit déjeuné, Ariel ne fait rien de mal. Je ravale difficilement ma salive – pour ne pas dire mes larmes – et finis par me retourne pour être face à lui même si lui, évite mon regard. « Je ne le pensais pas. Ce que j’ai dit à propos de ton père. Tu le sais très bien. » Ariel me connaît assez bien maintenant pour savoir que lorsque je suis blessée ou triste, je dirais n’importe quoi du moment que ça blesse suffisamment la personne en face de moi. Même avec mon frère jumeau j’agissais de la sorte. Ce qui ne me pardonne pas forcément. Je soupire et finis par détacher ma ceinture. Je me contorsionne pour passer entre les deux sièges avant et atterri sur le lit. Sous la fenêtre, j’attrape mon sac et commence à le remplir avec les seules choses qui ne sont pas déjà à l’intérieur. Lorsqu’il me semble avoir terminé, je prends mon courage à deux mains et passe le haut de mon corps entre les deux sièges avant. Je colle un baiser sur la joue d’Ariel et me retourne pour ouvrir la portière arrière. Je jette mon sac sur le sol poussiéreux de la place des Caldwell et sors du Van, le cœur lourd. Heureusement, Ariel ne me retient pas. Je traverse la place et ouvre la porte de la ferme. Je tombe directement sur Madame Caldwell et leur petite fille qui semble toujours aussi excitée. Je lui demande poliment si je peux utiliser leur chambre d’amis quelques nuits et sans que je ne doive lui expliquer quoi que ce soit, elle comprend que quelque chose s’est passé avec Ariel. Sans me demander de détails, elle hoche la tête et je monte les vieilles marches en bois. La chambre à côté de celle de leur fille est la chambre d’amis. Je me laisse tomber sur le lit et m’autorise à pleurer. Pendant plusieurs heures. Je ne rejoins même pas les Caldwell pour le repas du soir, restant en boule sous la couette de leur chambre d’amis. Je finis par m’endormir comme une masse. Je me réveille vers les deux heures du matin. J’ai mal partout et j’ai soif. Je me lève pour attraper la bouteille d’eau posée sur la table de nuit et vais à la fenêtre pour voir si le Van est toujours là. Je m’asseye sur le rebord en voyant qu’Ariel n’a pas bougé le Van et qu’il y a même encore de la lumière depuis la fenêtre arrière. Lui non plus, ne dort pas.

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MessageSujet: Re: ☆ je t'aime plus qu'hier, mais bien moins que demain (aron) Sam 13 Juin - 21:32




je t'aime plus qu'hier, mais bien moins que demain

Elle avait finit par grimper dans le van. Un instant, Ariel avait cru que la rancune de la brune était si forte qu'elle ne voudrait même pas revenir à la ferme avec lui, mais la peur de tomber sur un psychopathe était probablement plus importante que la colère qu'elle éprouvait envers lui. Il ne lui jeta pas même un regard, ne prononça pas le moindre mot. Il ne se rappelait pas avoir été autant énervé contre elle, et cela faisait un bout de temps qu'il se connaissait. Quand il entendit que la porte était refermée et que la ceinture était bouclée, Ariel démarra de nouveau. Le trajet se fit dans le silence total, simplement brisé par la respiration du jeune homme, le moteur du véhicule et les cailloux que le van bousculait. Il allait sûrement trop vite, freinant à la dernière minute dans les virages, faisant des dérapages à la sortie, grillant quelques priorités. C'était un vagabond, qui suivait ses rêves et se moquait de l'influence de la société, mais il n'en restait pas moins un garçon, qui s'énervait vite et déversait sa colère dans sa conduite. Il n'était pas au volant d'un bolide et conduire une coupée sport l'aurait certainement défoulé davantage, mais on faisait avec les moyens du bord. Ariel ne savait sincèrement pas ce qu'il attendait ; il ne savait pas s'il voulait que Devon dise quelque chose, s'il voulait qu'elle présente ses excuses ; il ne savait pas s'il fallait que lui présente des quelconques excuses. Peut-être devrait-il le faire, pour se faire pardonner de lui avoir parlé de cette façon, mais le fait est qu'il n'en avait pas le cœur. Il ne cessait de revoir en boucle la scène, il ne cessait d'entendre encore et encore Pour quelqu’un qui ne veut pas ressembler à son père, tu es mal barré. Au fond de lui, il savait que sa petite amie ne le pensait pas, mais elle l'avait dit malgré tout. Ne disait-on pas qu'il y avait toujours une part de vérité, infime soit-elle, dans tout ce que l'on disait ? Elle n'avait pas pu sortir une chose pareille sans le penser un petit peu, si ? En tout cas, il était clair qu'elle savait trouver les mots qui faisaient mal, elle savait comment marquer les esprits. Ressemblait-il vraiment à son père ? Voilà ce qu'il se demandait, voilà la question qu'il se posait depuis que Devon avait quitté le parc, plus d'une heure en arrière. Parce que si tel était le cas, si la vie qu'il avait mené et les efforts qu'il avait fait n'avaient rien changé, alors autant qu'il retourne à Edmonton, qu'il reprenne des études de commerce ou de droit et qu'ils suivent les traces du fameux Edi, ce demi-frère tant détesté, qu'il devienne le fils que son père avait toujours désiré qu'il soit. À quoi bon mener la vie qui lui plaisait, si la génétique était plus fort que tout et le ramenait inévitablement dans les traces de son père ? Autant qu'il prenne le taureau par les cornes, affronte cette vie que la société lui imposait et tente de l'apprécier, non ?

Non. Quoique Devon dise, quoique la fille qu'il aimait dise, Ariel ne voulait certainement pas retourner à Edmonton. Devenir l'enfant prodige de la famille Chester était très certainement la dernière des choses dont il avait envie. Comme pour finaliser sa décision, il tira le manche du frein à main, une fois arrivé à leur emplacement qui deviendrait bientôt habituel, sous le saule-pleureur. Il éteignit le contact mais ne bougea pas. Il se contenta de fixer devant lui, de regarder sans voir les grandes franges de l'arbre. « On est peut-être pas faits pour être plus que des amis. » La voix de Devon le sortit de sa torpeur, mais il ne bougea pas pour autant, ne montra aucun signe de réaction. Il ne répondit rien, ne sachant pas quoi répondre. Est-ce qu'elle avait raison ? Est-ce qu'elle avait tort ? Comment aurait-il pu le dire ? Certes, ils ne s'étaient pas autant disputés que depuis qu'il avait avouer l'aimer, mais est-ce que le problème venait vraiment de là ? Est-ce qu'il aurait mieux fallu qu'il ne dise rien, qu'il garde ses sentiments pour lui ? Peut-être que Devon n'éprouvait tout simplement pas la même chose et qu'elle essayait de lui faire comprendre en trouvant toujours plus de sujets de discorde... ou peut-être qu'ils avaient simplement besoin de parler. De mettre les choses au clair. Après tout, lui avait-elle seulement dit qu'elle l'aimait, elle aussi ? Non, pas à sa connaissance. Peut-être qu'elle avait besoin de le dire à haute voix, de l'avouer. Forcément, tout cela était nouveau pour eux. Ils étaient jusque là des "simples" amis, et mine de rien être en couple changeait des choses. Mais ils étaient toujours les mêmes, non ? Pourquoi s'aimer et s'embrasser devrait-il changer la façon dont ils s'entendaient ? Ariel était perdu. Il ne savait plus vraiment quoi penser. Devon reprit la parole, et il répondit cette fois-ci du tac au tac. « Si toi tu n'es pas faite pour être ma petite amie, je ne vois vraiment pas qui peut l'être. » Il avait dit ça froidement, méchamment. Honnêtement. Devon était de loin la fille avec qui il s'entendait le mieux, avec qui il partageait le plus de choses et le plus de points communs. La seule avec qui il se sentait aussi bien, avec qui il ressentait le besoin de l'avoir près de lui, de la prendre dans ses bras, la seule pour qui il aurait tout donné. Il avait eu quelques amies, en dehors de Devon et des filles avec qui il avait passé certaines de ses nuits, mais la relation qu'il entretenait avec elles n'avait aucun rapport avec la complicité qu'il partageait avec sa meilleure amie. Aucun. Avec aucune d'elles il n'aurait pu vivre pendant un an sans avoir envie de péter un câble, avec aucune d'elles il ne riait autant, avec aucune d'elles il ne se sentait aussi libre de faire n'importe quoi, d'être lui-même -alors même qu'il n'était pas du genre à se contenir, à jouer un rôle. Devon était tout simplement son âme sœur. Si elle estimait ne pas être faite pour lui, alors il savait la façon dont il finirait sa vie. Seul.

Quand Devon lança un semblant d'excuses, du moins avoua qu'elle ne pensait pas ce qu'elle lui avait dit à propos de son père et qu'il le savait très bien, Ariel resta muet. Bien sûr qu'il le savait, bien sûr qu'elle ne le pensait pas. Heureusement. Mais cela faisait mal malgré tout. Se voir renvoyer en pleine face son pire cauchemar faisait très mal, oui. Et Ariel n'était pas encore prêt à lui pardonner. Il n'était pas rancunier, mais il avait besoin d'un peu de temps pour encaisser. Pour assimiler le fait qu'elle lui avait donné l'insulte la plus puissante qu'il soit, mais qu'elle ne le pensait pas. Cela viendrait, il le savait. Mais pas tout de suite. Alors, quand Devon passa dans la partie arrière du van, il ne bougea pas, il ne dit rien. Quand il l'entendit ouvrir la fermeture éclair d'un sac, il ne tourna pas la tête, il ne dit rien. Quand il l'entendit remplir ce sac, le refermer, il ne dit rien. Que pouvait-il dire ? Fallait-il qui la retienne ? Qui la supplie de rester là ? Il ne le voulait pas. Il avait besoin d'être seul, et Devon en avait sûrement besoin aussi. C'est cependant avec surprise, alors qu'il s'y attendait le moins, qu'elle déposa un baiser contre sa joue. Alors qu'elle ouvrait la porte arrière du van, Ariel serra la mâchoire. Il était énervé. Énervé de l'aimer autant, énervé qu'un simple baiser de sa part lui retourne le cœur, efface en un clin d’œil tout ce qu'elle avait pu dire, énervé qu'elle ait pu lui dire ça malgré tout, énervé qu'elle s'en aille, énervé de ne rien faire pour la rattraper, énerver de l'aimer bordel. Pourquoi ça faisait si mal ?

Il était peut-être resté une heure, les mains sur le volant, à fixer le saule pleureur. Sans qu'il ne s'en rende compte, le jour avait décliné. Il avait fini par claquer la porte du van et aller se prendre une douche. Il se lava les cheveux, le visage, le corps, se brossa les dents. Il retourna au van enroulé dans sa serviette, ouvrit la porte arrière et fixa le matelas deux places où ils avaient l'habitude de dormir. Tous les deux. Il plongea la main dans son sac pour en attraper un t-shirt, au hasard, puis récupéra le bermuda de sport qui traînait au bord du lit. Une fois enfilé ce qui lui faisait office de pyjama, il s'allongea sur le lit. Il fixait le plafond du van, il fixait les étoiles fluorescentes qu'ils avaient accrochées, la photo polaroid qu'avait fait d'eux un photographe en herbe qu'ils avaient rencontré au Grand Canyon, les petites citations tantôt philosophiques tantôt drôles qu'ils avaient écrites puis scotchées, des formes découpées dans les brochures des parcs naturels où ils s'étaient rendus... autant de souvenirs qu'il chérissait, autant de souvenirs qu'il n'avait aucune envie d'oublier. Des moments vécus avec Devon, alors qu'ils étaient ensemble, heureux. Où est-ce qu'ils s'étaient loupés ? À quel moment leur amitié avait-elle dérapé ? Ariel tourna la tête sur le côté. Le côté du lit qu'occupait d'ordinaire sa meilleure amie était vide, et cela ne lui plaisait pas. Il avait envie qu'elle revienne. C'est bon, c'était fini. Ils s'étaient disputés, ils s'étaient énervés. Il en avait marre à présent. Marre que ça n'aille pas entre eux, marre de ne plus lui parler. Il se redressa sur son lit, resta assis ainsi durant de longues minutes. Il sortit ensuite dehors et leva le regard vers la bâtisse des Caldwell. À l'une des fenêtres, où la lumière était d'ordinaire toujours éteinte, il vit une tête brune passer. Son cœur se serra. Quelques secondes plus tard, la lumière s'éteignait. Ariel retourna dans le van et se dit qu'il ferait bien de dormir, lui aussi. La journée avait été éprouvante et il travaillait demain. Sa première journée à la ferme. Il s'allongea et ramena le duvet sur lui, jusqu'aux épaules. Il ferma les yeux, tentant de trouver le sommeil. Il se retourna sur le côté. Puis sur l'autre. Se remit sur le dos. Il souffla profondément, longuement. Il avait horreur d'être en mauvais termes avec Devon. Il ouvrit les yeux. Les referma. Et si elle ne revenait pas ? Si elle ne retournait pas au van, et choisissait de vivre de façon permanente chez les Caldwell ? Si elle leur demandait de le virer ? Si elle le priait de s'en aller, ne voulait plus le voir ? Presque en panique, Ariel ralluma la lumière. Il prit deux bonnes inspirations, puis se remit à fixer le plafond. Il resta ainsi pendant longtemps, pendant des heures peut-être. Il s'était probablement assoupi quelques minutes, mais il n'en avait pas l'impression. La fatigue le tiraillait, mais la peur de ne pas revoir Devon le troublait plus encore. Il se répétait que demain serait un autre jour, que tout irait sûrement mieux alors, qu'il n'avait qu'à dormir pour que le temps passe plus vite et efface les mauvais moments de la journée précédente, mais Ariel n'arrivait pas à trouver le sommeil. Alors, au bout d'un certain temps, il se dégagea de son duvet. Il s'assit pendant quelques secondes au bout du lit, puis poussa la porte qu'il n'avait pas verrouillée. Il sortit du van pieds nus, fit quelques pas dans l'herbe avant de trouver la dureté des gravillons. Instinctivement, il leva la tête et porta son regard vers la fenêtre où sa petite amie dormait. La chambre était allumée. Et la silhouette de sa personne préférée se dessinait, à contre jour. « Devon ? » C'était presque un murmure, une supplication. « Devon descend, s'il-te-plaît. » Ariel ne la quittait pas des yeux, sachant pertinemment qu'elle l'entendait. « Devon » répéta-t-il pour la troisième fois, « Tu me manques. »
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MessageSujet: Re: ☆ je t'aime plus qu'hier, mais bien moins que demain (aron) Mer 17 Juin - 7:49




Si toi tu n'es pas faite pour être ma petite amie, je ne vois vraiment pas qui peut l'être. Cette phrase passait en boucle dans ma tête, c’était ce qu’il m’avait dit avant que je ne quitte le van, il y a quelques heures de cela maintenant. Sa voix avait été si froide, si douloureuse qu’il était dur de croire qu’elle était honnête. J’avais mérité ce ton distant, ce ton lourd de reproches. Je ne pouvais donc que les accepter et encaisser dans mon coin. Assise au bord de la fenêtre depuis plusieurs minutes, un frisson s’empare de moi. Je suis toujours vêtue de ma robe et de mon long gilet que j’ai enfilé lorsque nous sommes partis ce matin pour aller faire le marché de Siloam Spring. C’était il y a quelques heures et pourtant, j’ai l’impression que ça fait des jours et des jours qu’on se baladait devant les étalages et que je m’extasiais pour un rien. Tout allait bien. Il a fallu que je gâche tout.

J’ai l’impression de retomber quelques années en arrière, lorsque j’étais assise à la fenêtre de ma chambre à Edmonton et qu’il neigeait dehors. J’adorais rester des heures et des heures assise là, enroulée dans un plaid pour me protéger des courants d’air, avec une tasse de thé entre les mains. Je ne m’amusais pas à compter les flocons comme un enfant normal l’aurait fait car à Edmonton il neigeait pendant plusieurs mois, c’était normal au Canada, mais j’aimais voir la hauteur de la neige monter d’heures en heures et voir les enfants s’amuser dans le quartier à faire des bonhommes de neige. J’aimais aussi observer le chat du voisin marcher avec hésitation dans ce tapis blanc et froid. Il secouait ses pattes toutes humides. Et puis, parfois, un jeune garçon apparaissait dans mon champ de vision, avec un bonnet vissé sur la tête et un grand sourire enfantin sur les lèvres. Alors je souriais et me précipitais dans mon armoire pour enfiler ma grosse veste d’hiver. Je le rejoignais et on s’amusait pendant des heures à saccager le tapis blanc dans mon jardin. On se lançait des boules de neige, on faisait des anges sur le sol. Ce garçon c’était Ariel. C’était lui qui me sortait de mes quatre murs pour que je m’amuse et que je profite de ce que la nature nous apportait. Couchés sous un igloo construit par nos propres mains, il m’avait promis qu’il nous sortirait de ce monde qui ne nous correspond pas, de ce quartier beaucoup trop huppé pour nos envies de grandeurs et d’aventures. Il a tenu promesse. Et moi j’ai tout détruit avec une seule phrase.

Lorsque je reviens à moi, je me rends compte qu’au milieu de la cour, quelqu’un est en train de m’appeler. De la même manière qu’il venait sous ma fenêtre à Edmonton et qu’il me disait de descendre pour le rejoindre dans la neige. Ariel est pieds nus sous la fenêtre de la chambre d’amis des Caldwell et me demande de descendre. tu me manques. Comment peut-il dire ça après ce que je lui ai balancé à la figure ce matin ? J’hésite quelques secondes, le cœur pesant lourd dans ma poitrine. Je me frotte un peu les bras pour me réchauffer avant de finalement descendre du rebord de la fenêtre pour aller fouiller dans le sac que j’ai préparé en toute hâte tout à l’heure. Je trouve un grand pull à capuche gris. Celui d’Ariel. J’ai dû le mettre à l’intérieur par mégarde. Tant pis. Je l’enfile après avoir retiré ma robe et trouve un bas de jogging noir. J’enfile la première paire de basket qui me passe sous la main et quitte la chambre pour descendre les quelques marches que me sépare de la porte d’entrée. Très doucement, j’abaisse la poignée et fait un pas sous le porche avant de renfermer derrière moi en faisant le moins de bruit possible. Si Ariel n’a pas réveillé tout le monde en m’appelant, c’est déjà un miracle. Je me retourne et descends les marches pour rejoindre mon ami sur la terre battue de la propriété. Mon cœur tambourine dans ma poitrine, j’ai la gorge sèche et par-dessus tout ; je suis partagée entre l’envie de lui sauter au cou pour l’embrasser ou de m’enfuir dans le sens inverse, trop honteuse pour le regarder dans les yeux. Néanmoins, je m’approche de lui, bras croisés sur ma poitrine. « Toi non plus tu ne dors pas ? » Visiblement, vu qu'il est debout face à moi. « Tu te rappelles des jours de neige à Edmonton? Quand tu venais sous ma fenêtre et qu'on passait l'après-midi entier à s'amuser dans ma neige? »
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MessageSujet: Re: ☆ je t'aime plus qu'hier, mais bien moins que demain (aron) Sam 20 Juin - 20:04




je t'aime plus qu'hier, mais bien moins que demain

Elle n'avait rien dit, s'était retournée, s'était engouffrée de nouveau dans la chambre qu'elle occupait. Pour tout dire, Ariel ne savait pas ce qu'elle allait faire. Il attendait comme un benêt, la tête en l'air, sans savoir ce qu'il se passait dans la chambre du premier étage. Peut-être que Devon était tout simplement retournée s'allonger, la vue de son petit ami l'insupportant trop. Et puis, la lumière s'éteignit. Penaud, Ariel baissa les yeux. Il enfonça ses mains dans les poches de son pantalon de pyjama et fixa le sol. Il ne s'était jamais senti aussi impuissant, aussi vulnérable. La suite de sa nuit, la suite de sa vie, ne dépendait plus que d'une brune aux yeux pétillants. Il n'osait même pas imaginer l'état dans lequel il serait s'il ne devait plus la voir, si tout devait être fini entre eux. Malgré ça, il n'arrivait pas à regretter d'avoir avoué ses sentiments, hier. Il n'y arrivait pas parce qu'il le fallait, tout simplement ; il n'aurait pas pu le garder pour lui, cela aurait forcément fini par sortir. Sinon, il aurait explosé. Ça l'aurait rongé jusqu'à le détruire. Clac. Ariel releva la tête aussitôt, et ne put s'empêcher d'esquisser un sourire. Elle est là. Elle est descendue. Ce qu'il ressentit alors était bourré de contradictions. Son cœur se serra, se réchauffa, se brisa, se recolla. La violence des mots qu'elle lui avait lancé resurgissait d'un coup, bien vite remplacée par la douceur du moment. Devon, avançant doucement dans la nuit, le visage fatigué, triste un peu, vêtue de son pull à lui. C'était peut-être cliché, cela faisait peut-être un peu possessif, mais il adorait la voir dans ses habits. D'une certaine façon, cela montrait à tout le monde qu'elle était à lui ; non pas qu'il considérait avoir une quelconque propriété sur Devon, mais... il ne savait trop comment l'expliquer. Cela prouvait aussi qu'elle se sentait bien avec, que cela la rassurait. Qu'il la rassurait.

Elle était là, devant lui, les bras croisés. Ariel ne savait plus où se mettre. Il avait envie de la prendre dans ses bras, mais il pensait que ce serait déplacé, après leur dispute. Ils n'avaient pas encore tout mis au clair, et ils seraient probablement tous les deux gênés de cette marque d'affection ; en réalité, c'était sûrement ça qui aurait brisé la glace, qui les aurait rapprochés, qui aurait effacé leurs différends. Mais, chaque chose en son temps. Ariel secoua la tête à sa question. Non, non il ne dormait pas. Question rhétorique, question de politesse. Question d'entrée en matière. Question de conversation. Et puis, elle enchaîna sur un souvenir commun. Elle sait comment réconcilier une relation, pensa Ariel. Et en effet, Devon savait. Elle savait trouver les bons mots, elle savait quoi dire. Même inconsciemment, d'ailleurs. Il était persuadé qu'elle n'avait rien prémédité, qu'elle avait juste pensé à ça, l'avait dit. Naturellement. Elle savait réconcilier avec naturel, sans le vouloir. Lui n'avait jamais vraiment su. Pas avec les mots, en tout cas. Ariel, pour se faire pardonner, il la prenait dans ses bras. Il lui tendait la main. Il tirait la langue, il lui amenait ses biscuits préférés. Parfois, il racontait une blague. Mais ce n'était pas des mots de son invention, ce n'était pas une discussion. Il sentait bien pourtant, que ce qu'ils avaient vécu cet après-midi ne se réglerait pas à coup de sourire et de grimaces. « Je me rappelle, oui. » Il donna ensuite un petit coup de menton devant lui, avant de marcher en direction du petit banc, sous le saule pleureur. Malgré la brise et la nuit tombée depuis bien longtemps, il ne faisait pas si froid. On frissonnait de temps à autres, mais la fatigue y était aussi pour quelque chose. Ariel ne voulait pas rentrer dans le van, pas encore. Pas tant que ce qu'il s'était passé entre lui et sa petite amie ne serait pas réparé. « On risque pas d'en avoir de sitôt de la neige, ici. » Ariel sourit faiblement. Il s'assit sur le banc, agrippa le rebord de ses mains et fixa le sol, à nouveau. Il se revoyait, lui aussi, sous la fenêtre de Devon, du haut de ses treize ans. Il lui faisait signe de ses moufles un peu trop grande pour lui, et quand elle se détournait de la fenêtre il savait qu'elle descendait. Ils pouvaient passer des heures dehors dans la neige, sans s'ennuyer, sans se disputer. Quand le ciel s'assombrissait, il quittait à regrets sa meilleure amie pour aller retrouver sa maison, à vingt mètres de là. Il rentrait trempé de la tête au pied et il savait que, passé la porte d'entrée, il se prendrait son flot de remarques. Marche pas là, tiens toi droit, enlève moi tes chaussures, ta mère a nettoyé et tu salis tout, pour changer, qu'est-ce que tu faisais dehors au lieu de bosser, aller sors de ma vue. Il fermait les yeux, soufflait. Regarde moi quand je te parle, fais pas le malin, tu souffles pas, regarde moi je te dis, bon à rien, aller file. Alors il partait. Il allait s'enfermer dans sa chambre, priant pour que la soirée, la nuit passe vite, pour aller retrouver celle qui le sauvait de sa propre vie.

« Et tu te rappelles quand on se disputait ? Jamais très fort, souvent pour pas grand-chose, mais qu'on disait sans le penser qu'on se détestait ? » Ariel releva le regard, le plongea dans les yeux de sa petite amie. « Que je faisais le pitre, et que tu restais de marbre ? Puis que, entre une grimace et une pirouette, tu te mettais à sourire et ça sonnait la fin de notre guéguerre ? » Il fit une petite pause, assez longue pour lui laisser le temps d'intégrer, mais pas assez pour qu'elle puisse répondre. « Je sais que ça marchera pas ce soir, mais on peut pas rester comme ça. » À se disputer. À être en froid. À ne pas communiquer. Comme ça.
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MessageSujet: Re: ☆ je t'aime plus qu'hier, mais bien moins que demain (aron) Mer 24 Juin - 15:32




J’aurai pu simplement éteindre la lumière et retourner au lit, en espérant que les bras de Morphées s’emparent de moi rapidement. J’aurai pu tirer un trait sur cette journée, sur cette nuit. J’aurai pu laisser Ariel dehors, pieds nus, alors qu’il venait de me demander de le rejoindre et que c’était moi qui était en tord. J’aurai pu faire tout ça, mais si je retiens une seule chose que ma maman m’a toujours dit c’est qu’on abandonne pas les gens qu’on aime. Quand je la voyais triste parce qu’avec mon père ils avaient eu une énième dispute, et que je lui demandais pourquoi elle ne le quittait pas tout simplement, elle me disait qu’elle avait grandi dans une génération qui voulait qu’on répare les choses brisées, pas qu’on les jette. Ce sont peut-être les deux seules phrases sensées et rassurantes que ma maman m’a dite de toute ma vie, mais jamais je ne les oublierais. Et quand Ariel m’a appelé, me demandant de descendre alors qu’il aurait eu tous les droits d’allumer le van et de partir de Siloam Spring en m’abandonnant à mon triste sort, je ne pouvais tout simplement pas l’ignorer et tourner les talons. Nous avons tout les deux nos tords mais j’ai bien conscience que je suis allée trop loin cette fois et j’ai, apparemment, une chance de me rattraper. J’enfile rapidement une tenue chaude et confortable et fini par rejoindre Ariel dans la cour des Caldwell qui doivent dormir à poings fermés.

Je repense immédiatement à mon souvenir de tout à l’heure, lorsqu’Ariel se pointait sous ma fenêtre lors d’un jour de neige et qu’on passait l’après-midi à s’amuser tout les deux. Il ne nous en fallait pas beaucoup, une bonne veste, de bons gants et de la neige. On ne nous revoyait pas pendant plusieurs heures. En arrivant en bas, devant lui, je me demande s’il y a aussi pensé. Je lui rappelle donc ce souvenir. Il ne manque plus que la neige et que l’on commence à faire les fous à construire un igloo qui nous tombera sûrement dessus une fois que l’on se sera caché dedans. Mais… Nous ne sommes plus des enfants, nous ne sommes plus de simples amis. Nous sommes des adultes et nos sentiments ont de loin dépassé ceux de l’amitié. Il ne suffira pas d’un souvenir et d’un peu de neige pour recoller les morceaux. Et Ariel a beau partager ce souvenir, il pense comme moi. Je le suis après qu’il m’ait proposé de nous asseoir sous le saule pleureur de la propriété des Caldwell. Je suis à la fois soulagée d’être de nouveau proche de lui mais j’ai également peur de la suite. Peur qu’il ne me donne pas une nouvelle chance, peur que ça ne soit pas récupérable et qu’il préfère repartir avec le van et me laisser ici avec les Caldwell. Je m’asseye à ses côtés, repliant mes jambes contre moi. Mes mains viennent se croiser au niveau de mes chevilles et je laisse mon menton se poser sur mes genoux. C’est ça ou je me jette dans ses bras et comme j’aimerais d’abord savoir ce qu’il a à me dire, autant jouer la carte de la sécurité et garder un demi mètre de distance avec celui que j’aime. A son tour, Ariel me remémore un souvenir. Mes yeux perdus dans le vague, je ne peux pas m’empêcher de sourire en repensant à cette dispute d’enfant qu’on avait. Des disputes qui venaient de nul part et qui repartaient après une grimace de sa part. Le jeune homme laissa s’installer quelques secondes de silence. Mon sourire se fana légèrement, me rappelant que ce soir ça n’allait pas être aussi facile que ça. Et une fois de plus, Ariel pense comme moi. Et nous sommes également d’accord sur un nouveau point ; on ne peut pas rester comme ça. On se connaît depuis trop longtemps. Nous avons été amis pendant trops longtemps avant d’être amants. Et même si nous ne sommes officiellement ensembles que depuis hier, on a tout les deux conscience qu’on ne pourra plus vivre l’un sans l’autre. On a vécu trop de choses tout les deux. Je soupire alors qu’un frisson me secoue discrètement les épaules. « Je serais tentée de dire que j’aimerais que l’on soit des enfants à nouveau. C’était si simple de se réconcilier. On pensait même plus à l’origine de la dispute. Si on pouvait vraiment appeler ça une dispute. Mais d’un autre côté, je suis contente qu’on soit adultes et qu’on ait continué à grandir ensembles, à évoluer. Et même si je ne te le montre pas de la bonne manière, je suis sur mon petit nuage depuis hier soir. » Je tourne la tête vers Ariel, ma joue se posant sur mes genoux. « On ne peut pas rester comme ça. C’est pour ça que j’espère que tu me donneras une nouvelle chance et surtout, que tu me croies quand je te dis que je n’ai pas du tout pensé ce que j’ai dit tout à l’heure. Je ne serais jamais tombée amoureuse de quelqu’un comme ton père. Jamais. Tu es bon, tu es doux, tu m’as délivré de ma prison à Edmonton. Tu m’as offert des choses qui valent bien plus que de l’argent. » Je déplie mes jambes et pivote vers le jeune homme, posant une main sur celle qu’il accroche au banc de bois. « Je ne peux pas te promettre de ne plus être jalouse ou possessive, parce qu’il faut que tu me comprennes ; tu es enfin à moi et toutes les filles ont peur de voir celui qu’elles aiment leur filer entre les doigts. Mais je peux te promettre qu’à aucun moment je n’ai pensé ce que je t’ai dit. » Les dés sont désormais jetés. Je ne sais même pas ce qu’Ariel voulait me dire après qu’il ait sûrement passé la soirée et la nuit à réfléchir comme moi. Peut-être qu’il voulait partir, peut-être qu’il voulait me donner une nouvelle chance. Quoi qu’il en soit, il sait maintenant ce que moi je veux. Je le veux lui. Ca a toujours été le cas.

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MessageSujet: Re: ☆ je t'aime plus qu'hier, mais bien moins que demain (aron) Ven 26 Juin - 16:22



je t'aime plus qu'hier, mais bien moins que demain

Ariel n'osait pas la regarder. Il ne savait même pas si, de son côté, Devon le regardait. Lui, il gardait ses yeux rivés sur le sol, comme si c'était le gazon qui lui apporterait la réponse tant attendue. Comme s'il allait retrouver sa petite amie parmi les brins d'herbes et les grains de terre. Mais son amoureuse, c'était sur le banc qu'elle était assise, à côté de lui. C'était elle qu'il valait mieux regarder, mais il n'y arrivait pas vraiment. Il en avait envie, oui, mais il savait que s'il posait son regard sur elle, se serait différent. Ses yeux pétillants et ses petites lèvres pulpeuses suffiraient à lui faire tout oublier, et il n'aurait d'autre envie que d'effacer la discussion à venir d'un baiser. Pourtant, cette discussion, il fallait vraiment qu'ils l'aient. Ils ne pouvaient pas continuer comme ça, à se disputer violemment pour des broutilles. Leur relation battrait bien vite de l'aile si c'était le cas. Il fallait qu'ils mettent les choses au clair une bonne fois pour toutes, qu'ils se parlent réellement. Pas qu'ils évitent les sujets importants, mais bel et bien qu'ils se confrontent aux problèmes qui les éloignaient. Alors Ariel garda son regard hors de vue de celui de Devon. Lui-même ne savait pas quoi dire pour arranger les choses, et il fut bien content que ce soit elle qui prenne la parole. Au fur et à mesure qu'elle parlait, qu'il l'écoutait avec la plus grande des attentions, Ariel releva le regard. Doucement, petit à petit. Il posa d'abord ses yeux sur le bout des chaussures de sa petite amie, puis sur ses doigts entrelacés, ses mollets, ses genoux, son menton, ses yeux finalement. Et il continua de l'écouter, comme s'il n'y avait rien de plus important sur Terre que ces mots-là -et en cet instant précis, il n'y avait réellement rien de plus important. C'était ces mots, puis toute la discussion qu'ils allaient engendrer, qui réconcilierait leur couple. Qui le souderait davantage, en poserait les fondations. Pour qu'il ne flanche plus, ne se détruise plus. Des disputes, Ariel n'en voulait plus. Il savait que des désaccords seraient inévitables, forcément, mais il ne voulait plus qu'ils soient en colère l'un contre l'autre. Il n'avait jamais aimé les conflits, les aimait encore moins avec Devon. Il voulait que leur relation soit belle, douce, paisible. Qu'il y ait parfois des moments meilleurs que d'autres, mais jamais de mauvais moments. C'était peut-être utopique, mais c'était ce dont il avait besoin ; et il savait que c'était possible. Avec n'importe quel autre fille non ; mais avec Devon, c'était possible.

Tout ce que Devon disait respirait la sincérité, et Ariel savait qu'elle ne mentait pas, qu'elle ne se forçait pas, n'embellissait pas les choses. Qu'elle les disait telles qu'elle les pensait. Et tout ce qu'elle disait, bien sûr, le touchait de plein fouet. Qu'elle ne pensait pas réellement ce qu'elle avait dit à propos de son père, qu'elle était sur un petit nuage, qu'elle était jalouse -elle l'avouait. Elle l'avouait et c'était déjà beaucoup, parce qu'elle ne l'avait encore jamais fait. Ariel tressailli légèrement quand la main de sa petite amie vint se poser sur la sienne. Il se détendit légèrement, décrocha ses doigts qu'ils maintenaient crispés contre le banc. Il se tourna légèrement, pour que son corps soit davantage face à Devon, puis se rapprocha d'elle jusqu'à ce que son genou touche son pied. « Est-ce que tu m'aimes, Devon ? »

Est-ce que tu m'aimes. C'est ce qu'il commença par demander, pour toute réponse au grand monologue qu'elle venait de lui donner. « Parce que tu ne l'as jamais dit, ni hier ni aujourd'hui, du moins pas vraiment et... » Et je doute. Ariel doutait, oui. Parce que l'amour réciproque, il n'avait jamais connu ; en dehors de celui de ses sœurs, mais ce n'était pas pareil. L'amour familial, et l'amour avec un grand A. Complètement différent. Certaines filles lui avaient dit qu'elles l'aimaient, mais ils n'en avaient jamais aimé aucune. Le fait qu'elles l'aiment lui avait fait plaisir. Il n'avait rien répondu, ou dit Merci, c'est gentil, il avait souri. Cela ne l'avait pas empêché de dormir le soir, alors même que les filles en question se retournaient dans leur lit, se posant mille et une question, se demandant s'il les aimait aussi. Peut-être qu'il n'a rien dit parce qu'il ne sait pas comment exprimer ses sentiments. Mais, le fait est qu'Ariel n'en avait jamais eu, des sentiments. Pour aucune de ces filles ; aucune jusqu'à Devon. Et maintenant qu'il en avait, maintenant qu'il aimait, il avait peur de ne pas être aimé en retour.

« Je sais que c'est pas forcément facile pour toi, mais je voudrais que tu me le montres justement. Que tu es sur un petit nuage. Parce que parfois, à t'entendre... » Ariel fit une légère pause ; il avait peur d'être blessant. « ...on ne dirait pas. » Il retourna sa main, celle qui se trouvait sous celle de Devon, et entrelaça ses doigts à ceux de sa petite amie. « Tu sais, je suis pas comme le petit ami que tu as eu, l'autre connard. Je te ferais pas souffrir. Tu ne vas rien perdre à t'ouvrir. Il t'a sûrement humilié, blessé, mais je ne ferais pas ça, je te promets Devon. » Il pensait que, peut-être, si elle était comme ça c'était à cause de lui. De l'autre. Peut-être qu'elle n'avait plus assez confiance dans la gente masculine, pas quand il était question d'amour. Elle avait peut-être peur d'ouvrir son cœur, de peur qu'on le lui piétine et le rende brisé en mille morceaux. Il n'en savait rien, à vrai dire ; mais il voulait qu'elle sache qu'il ne serait jamais comme lui, jamais. Qu'il prendrait soin d'elle comme il n'avait jamais pris soin de personne. Qu'il la défendrait contre tout, et tous. Et toutes. « Et pour ce qui est de la jalousie... moi aussi, je suis jaloux. C'est normal, et s'en foutre complètement serait bizarre. Je ne te demande pas de ne plus être jalouse, c'est sûrement impossible. Moi-même je pourrais pas arrêter d'avoir le démon quand tu parles à un autre mec, de m'inquiéter quand tu leur souris. Ce que je te demande, c'est juste d'avoir confiance. En moi. Et en nous. » Tout ce qu'il voulait, c'était ça ; une confiance mutuelle. Ils n'avaient pas de téléphone portable et cela évitait bien des soucis, mais Ariel n'avait pas envie que Devon enquête sur une fille à qui il aurait parlé, qu'elle ne lui parle plus parce qu'il en avait pris une autre dans ses bras. Il l'aimait elle, et personne d'autre. « J'irais jamais voir ailleurs, c'est une certitude. J'en aurais même jamais envie. Je veux plus qu'on se dispute à propos des filles ni même des garçons, à propos d'anciennes relations insignifiantes. Je veux plus qu'on se dispute tout court. » Il joignit sa deuxième main à celles déjà liées, et caressait doucement celle de Devon avec son pouce. « Pour mon père je... j'ai compris. Que tu ne le pensais pas. Et je ne t'en veux pas, t'as fais ça pour me blesser et ça a bien marché ; juste, ne le refais pas. Et... je suis désolé pour le chien. » Ariel baissa les yeux l'espace de quelques secondes, avant de les replonger dans les pupilles de Devon. « Je suis désolé de t'avoir parlé comme ça. »
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MessageSujet: Re: ☆ je t'aime plus qu'hier, mais bien moins que demain (aron) Dim 5 Juil - 11:24




Je regrette tellement qu’on en soit arrivé à cette situation à cause de moi. J’aimerais pouvoir retourner en arrière, rien que douze petites heures en arrière lorsque je me réveillais dans le van avec un bouquet de fleurs des champs et le beau sourire d’Ariel. J’aimerais même pouvoir retourner à hier soir, lorsqu’on s’est embrassé dans la grange et que j’ai eu l’impression d’exploser de sentiments, comme un feu d’artifices de joie, d’amour, de tendresse. J’aimerais ne jamais avoir douté d’Ariel, de cette fille qu’on a croisé au marché, de ne jamais m’être vexée lorsqu’il m’a un peu pris de haut concernant le chiot. Ca aurait été tellement plus simple si je m’étais contentée de répondre « je vais juste l’amener au refuge, promis ». Et qu’on soit reparti tous les deux vers la ferme des Caldwell. Ca aurait été tellement plus simple mais ma paranoïa et ma psychose se devaient d’être là pour tout gâcher. On ne serait pas à se parler aussi sérieusement, moi plus honteuse que jamais et Ariel s’accrochant au banc pour ne pas s’énerver. Je n’aime pas qu’il fuit mon regard, je veux qu’il me regarde et qu’il m’embrasse. Je veux qu’on retourne au van et qu’on dorme dans les bras l’un de l’autre en se remémorant un souvenir de notre road trip. Je veux en finir avec cette discussion, je veux retourner chercher mon sac dans la chambre d’amis des Caldwell et qu’on oublie tout ça. Qu’on reparte sur de bonnes bases. Alors, j’essaie de lui ouvrir mon cœur, je lui dis que je regrette ce que j’ai dit, que jamais je ne serais tombée amoureuse de lui s’il ressemblait vraiment à son père, que je suis désolée d’être jalouse et que même si je le serais toujours, que j’essayerais de faire des efforts. Je lui dit vraiment tout ce que j’ai sur le cœur. Ariel se détend un petit peu à côté de moi, il finit même par se tourner face à moi et par lier nos doigts. Ce contact me rassure immédiatement. Je pense même que la discussion est pratiquement terminée mais Ariel me fait comprendre qu’il y a autre chose qui le chiffonne. Quelque chose que je n’avais même pas réalisé. J’en avais conscience mais je ne pensais pas que j’avais fait l’erreur de le montrer. Je ne lui ai jamais rendu son « je t’aime ». Je ravale difficilement ma salive, me sentant comme une enfant qui aurait été prise en train de voler dans la boîte à cookies alors que sa mère le lui avait défendu. Je ne savais pas Ariel si romantique. Enfin, je ne pense pas qu’il le soit vraiment mais je peux comprendre qu’il se pose des questions sur mes sentiments. Seulement, les mots restent coincés dans ma gorge. Comme seule explication valable, Ariel voit le fait que mon ex petit ami ne me traitait pas bien et qu’à cause de lui, j’ai du mal à franchir le cap de ces trois petits mots. Il commence à se justifier en me disant qu’il n’est pas comme lui. J’ai envie de l’interrompre car il se trompe sur toute la ligne mais je le laisse parler parce que je vois bien qu’il en a besoin. Je secoue la tête. Comment peut-il croire que je m’attende à ce qu’il me traite comme lui ? Ils sont à des kilomètres de se ressembler. Ils n’ont vraiment rien avoir. Ashton était brusque, il ne me voulait juste pour avoir son propre petit fan club, il attendait de moi que je sois plus démonstrative, plus sexy avec lui. On ne peut clairement pas le comparer à Ariel qui, je le sais, ne lèvera jamais la main sur moi ou qu’il ne me forcera jamais à faire quelque chose que je n’ai pas envie. Ariel poursuit en me parlant de la jalousie, que lui aussi l’est. J’allais lui dire que j’avais un peu de mal à y croire lorsque je me suis rappelé de Micah, à San Francisco. Ariel peu bel et bien être jaloux. Puis finalement, en me caressant le dessus de la main, mon ami s’excuse pour le chiot, de m’avoir parlé comme il l’a fait. Je baisse la tête et prend une profonde inspiration. Je l’ai laissé parlé, maintenant je dois lui dire la vérité. « Ariel… Si je ne t’ai jamais dit que je t’aimais ce n’est pas à cause d’Ashton. Il n’y a même pas de comparaison possible. Vous êtes complètement différents. Avec toi je me sens en sécurité alors qu’avec lui, j’avais constamment peur. Ce n’est pas ça le problème... » Je relève les yeux vers Ariel. « J’ai peur qu’on ne puisse pas revenir en arrière Ariel… Et si dans six mois on se rend compte qu’on n’arrive pas à un couple. On ne pourra revenir en arrière. On ne pourra pas être de nouveau des amis. J’ai l’impression que si je te dis que je t’aime, ça sera une sorte de point de non retour et… Je ne peux pas imaginer un seul instant ne plus vivre avec toi, ne plus être sur les routes avec toi et ne plus être ni ton amie, ni ta petite amie. » Ma voix tremble, mes yeux sont remplis de larmes. « Je sais que c’est stupide Ariel, parce que je suis vraiment amoureuse de toi mais on a été amis pendant tellement longtemps que j’ai peur de ne plus rien avoir du jour au lendemain. Je ne m’en remettrai pas. Tu ne fais pas seulement partie de ma vie, tu ES ma vie. » Cette fois, une larme s’échappe sur ma joue. « Je ne peux vraiment pas envisager de te perdre. »

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MessageSujet: Re: ☆ je t'aime plus qu'hier, mais bien moins que demain (aron) Lun 20 Juil - 20:58



je t'aime plus qu'hier, mais bien moins que demain

Cela aurait été mentir que de dire qu'Ariel n'attendait pas ces sept petites lettres, insignifiantes placées dans le désordre mais pourtant si importantes remises en place. Il avait envie que sa petite amie les lui disent, évidemment. Il savait que dire Je t'aime n'était pas forcément une chose facile, dans une relation, parce que les sentiments n'étaient pas forcément là où parce que l'on n'avait peut-être pas assez confiance pour faire part d'un tel sentiment ; que l'on avait peur de se faire piétiner son cœur si l'on avouait ce qu'il renfermait. Devon et Ariel, pourtant, ce n'était pas une relation banale ; ce n'était pas trois regards échangés dans les couloirs de l'université, un ou deux rendez-vous au café du coin puis un baiser devant la porte d'entrée après que l'un ait raccompagné l'autre. Devon et Ariel, c'était une relation vieille de dix ans, c'était une complicité sincère et une confiance prouvée, des sentiments amoureux longtemps cachés ou réprimés, insoupçonnés aussi, mais qui étaient certainement présents depuis bien longtemps. Ariel l'avait compris et c'était bien pour ça qu'il n'avait pas hésité à dire à Devon qu'il l'aimait, lors de la discussion qui avait mise au jour leurs sentiments, la veille au soir. Leur amour avait grandi progressivement, mais il n'avait pas fallu longtemps pour passer le cap, pour passer des simples câlins aux baisers ; il n'avait suffit que d'une discussion, que de quelques mots. Quelques mots, oui, mais parmi ceux de Devon ne figuraient pas ceux qui auraient pu empêcher le doute qui emplissait Ariel dorénavant ; le doute que Devon ne l'aimait pas vraiment. Il avait pensé que sa mauvaise expérience quelques années plus tôt l'avait définitivement rendue méfiante de la gente masculine, mais il s'aperçut quand elle commença à répondre que ce n'était pas le cas. Que ce n'était pas à cause de cet Ashton, dont il aurait grandement aimé voir la tête au bout d'un pic, que Devon ne lui avait encore jamais dit Je t'aime ; et aussitôt, Ariel se mit à penser que c'était peut-être tout simplement parce qu'elle ne le pensait pas. Comment n'avait-il pas pu y penser plus tôt ? Il avait été tellement pris dans leur histoire, dans les sentiments qu'il éprouvait pour elle, qu'il n'avait pas pensé un seul instant qu'ils pouvaient ne pas être réciproques. Il se repassa rapidement dans la tête la soirée d'hier, se remémorant ce que Devon lui avait dit, ce qu'il avait répondu. Il avait pourtant bien l'impression qu'elle avait été aussi émue que lui, qu'elle avait pensé la même chose... c'était fou à quel point trois mots, aussi banals soient-ils, pouvaient semer un doute aussi important dans l'esprit d'un garçon.

Ariel laissa Devon parler, se préparant psychologiquement à un coup dans la poitrine. Il redoutait ce qu'elle dirait après Ce n'est pas ça le problème et tâchait de rester calme, dans le cas où la réponse serait celle qu'il craignait, celle où Devon disait qu'elle ne l'aimait pas. Celle qu'elle lui donna finalement eut le don de le soulager, mais ne le surprit finalement pas tant que ça. Lui aussi avait peur, au fond, que rien ne soit plus comme avant. Ariel avait terriblement peur de perdre Devon, de perdre sa meilleure amie, et craignait que le fait qu'ils soient en couple aujourd'hui ne gâche l'amitié qu'ils avaient bâtie jusque là. Ariel avait peur, oui, mais il savait aussi que leur amitié justement, et leur amour, étaient plus forts que tout. C'était peut-être bateau ou cliché de penser une chose pareille, et tous les amis qui devenaient amants pensaient certainement cela, mais Ariel en était convaincu. Ils s'aimaient trop pour que quoique ce soit ne les sépare.

Ariel effectuait de légères pressions des mains sur celle de Devon, pour lui donner le courage de continuer. Il avait bien entendu que la voix de sa petite amie avait changé et vu que ses yeux s'étaient emplis de larmes, mais il voulait qu'elle aille au bout de sa pensée. Son cœur à lui s'était serré et il avait de la difficulté à avaler sa salive ; Devon ne lui avait peut-être pas dit Je t'aime, mais ce qu'elle disait là valait cent fois ces trois mots conventionnels. Lui qui avait un instant cru n'être au final que le meilleur ami de Devon s'était trompé de façon monumentale. Il comprenait à présent à quel point elle tenait à lui ; de la même façon, avec la même puissance qu'il tenait à elle. Ariel glissa ses mains de chaque côté du visage de Devon et resta sans voix. Il était touché en plein cœur, ému au possible, peut-être même plus encore que la veille au soir. Quand une larme coula le long de la joue de sa petite amie, il l'essuya du bout du pouce, serrant la mâchoire pour ne pas craquer à son tour. Cette fille lui retournait le cœur comme elle n'avait pas idée. Lorsque le silence s'installa de nouveau entre eux, Ariel resta muet. Une foule de mots se bousculaient aux portes de ses lèvres, mais son esprit semblait dans le même temps vidé ; et le moment était trop beau pour qu'il ait envie de le briser. Les secondes défilèrent alors qu'Ariel fixaient les prunelles de Devon, la respiration au ralenti, apaisée. Après un certain temps qu'il n'aurait pas été capable d'estimer, il se pencha légèrement et déposa ses lèvres contre celles de sa petite amie. Il ferma les yeux, et caressaient doucement ses joues de ses pouces. Il finit par se détacher avec tendresse, puis replanta ses pupilles dans celles de Devon. « Tu ne me perdras jamais » assura-t-il enfin d'une voix éraillée par l'émotion. « En toute honnêteté, moi aussi j'ai peur de ça. Enfin, j'avais peur de ça... mais avec tout ce que tu viens de me dire, et avec tout ce que je pense moi-même... c'est impossible. C'est peut-être niais ou utopique, ce que je vais te dire, mais je sais qu'on sera ensemble pour toute la vie Devon. J'aimerais... » Ariel prit une grande inspiration, parce que ce qu'il s'apprêtait à dire n'était pas des paroles en l'air, pas non plus des paroles anodines. Certaines personnes seraient tentées de fuir en les entendant, et Ariel espérait que ce ne serait pas le cas de Devon ; mais ils étaient sur ce banc pour se parler, pour se dire ce qu'ils avaient sur le cœur, alors il ne voyait pas de meilleur moment pour le faire. « J'aimerais que tu sois à mes côtés pour toute la vie, que tu sois ma femme et la mère de mes enfants. » Il n'avait que vingt-quatre ans, mais il avait déjà vingt-quatre ans, un âge où certains étaient déjà mariés et papas. Alors certes, ils n'étaient officiellement en couple que depuis vingt-quatre heures tout au plus, mais Ariel avait toujours imaginé sa vie avec Devon. Il n'avait jamais réfléchi à son futur, à sa vie de famille, tout simplement parce qu'il n'en voulait pas jusque là et que l'engagement était pour lui une aberration, mais c'était une évidence pour lui que Devon était la femme de sa vie ; parce que même s'ils n'étaient restés qu'amis, il ne se voyait vivre avec personne d'autre qu'elle. Dans ses très rares moments de projection dans l'avenir, il n'avait réussi à voir personne d'autre à la table du dîner ou sur le transat de la terrasse. Qu'ils vivent en simple colocation ou bien main dans la main, dans des maisons voisines ou dans la même chambre, c'était avec Devon qu'il se voyait finir sa vie. « Et... même si ça ne marche pas, si l'amour ne nous réussit pas, ce n'est pas écrit qu'on ne peut pas rester les amis qu'on était, et qu'on est toujours d'ailleurs. Ça ne tient qu'à nous Devon, tu sais... » Il glissa ses mains le long du corps de sa petite amie et les arrêta sur sa taille. « Il suffira simplement qu'on se le dise, qu'on se parle comme on le fait là. Sans éclats de voix, en toute simplicité. » Il pinça les lèvres, légèrement. Il savait que c'était toujours plus facile à dire qu'à faire, et que même s'ils arrivaient à se parler, pour peu que l'un soit toujours amoureux mais que l'autre pas, cela risquerait de ne pas se passer aussi bien que ce qu'ils voudraient. Heureusement, Ariel savait manier l'humour, ce qui lui serait très certainement utile dans une situation comme celle-là, pour faire passer la pilule. « Ça sera sûrement un peu difficile à accepter, mais le plus dur, je crois, ça sera quand même de se remettre à faire la bise... » Il esquissa un léger sourire, avant d'embrasser Devon. Mais, pourquoi donc parler de leur rupture possible, alors qu'elle n'aura probablement jamais lieu ?
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MessageSujet: Re: ☆ je t'aime plus qu'hier, mais bien moins que demain (aron) Sam 1 Aoû - 6:33




Je me rends compte que derrière ce garçon coureur de jupons, qui veut vivre sans attache et qui cherche toujours à s’amuser, se cacher en réalité un garçon tendre, peut-être même romantique et très amoureux. Notre conversation me touche droit au cœur car quand on connaît Ariel comme moi je le connais, on sait que ses paroles ne sont pas des paroles en l’air. On a beau s’être confié nos petites histoires depuis maintenant une dizaine d’années, le jeune homme ne me parlait pas de ses vrais sentiments. Il m’exposait la situation et se contentait de hausser les épaules pour chasser tout ça en une poignée de secondes. Mais je n’étais pas dupe. Si Ariel prétendait que ça allait, je voyais bien sur son visage que l’avenir de sa sœur l’inquiétait, qu’il se sentait oppressé et poussé dans une direction qu’il ne voulait pas suivre par son père et qu’il avait envie d’une vraie relation père/fils avec lui. Je savais aussi que même s’il n’en parlait pas dans les détails, il se sentait toujours un peu mieux après qu’on ait passé du temps ensembles. Quand l’un ou l’autre n’allait pas bien, on se contentait d’aller manger une glace au café très vintage d’Edmonton, on allait se poser sur un banc ou dans l’herbe sous un grand arbre. On ne faisait rien d’extravagant mais ça suffisait à mettre du baume à nos cœurs.

Ce soir, Ariel se livre complètement. Assis sur un banc, sous un arbre, il m’ouvre son cœur et ça me fait bizarre autant que ça me touche. Je ne pensais pas qu’il voulait entendre ces quelques mots avec autant d’envie. Pour moi, je suis toujours bloquée sur le jeune homme qui change de conquête comme on changeait de ville. Ca ne fait qu’un jour que nous avons réalisé nos sentiments et que nous les avons partagé avec l’autre. Je sais que je ne devrai pas, mais j’ai peur. Peur de ne pas pouvoir revenir en arrière, peur que sa vie de Don Juan lui manque et que moi je me sois trop accrochée à lui pour supporter une séparation. J’ai peur pour notre avenir, alors les mots « je t’aime » n’ont jamais franchi mes lèvres et je me rends compte à quel point Ariel peut être un garçon sensible. Je m’en veux qu’il se soit imaginé que c’était à cause d’Ashton ou pire, que c’était parce que mes sentiments n’étaient pas réciproques. C’est loin d’être le cas. Ashton a beau hanter certaines de mes nuits avec ses insultes et ses gifles, pour moi il n’est plus rien et mes sentiments pour Ariel sont bien présents. C’est bien ce qui me fait peur. Les sentiments amicaux ont été définitivement remplacés, je ne suis pas sûre qu’on les reverra un jour même si avant d’être mon petit ami, Ariel sera toujours mon meilleur ami, mon pilier.

Les pressions que le jeune homme effectue sur mes mains m’encourage à lui expliquer le réel « problème ». Il s’est livré à moi, c’est à mon tour de le faire et pour le rassurer. J’essaie de trouver les bons mots, je ne sais pas si ça marche mais je continue. Si bien que l’émotion finit par me gagner. Je suis trop sensible, trop fragile comme fille. Ariel le sait bien. Je pleurs pour un rien. Rapidement, ma voix se met à trembler et une larme s’échappe sur ma joue. Une larme qu’il se dépêche d’essuyer alors qu’il a pris mon visage entre ses mains. Je m’accroche à ses poignets, le regard noyé de larmes salées. Il effleure mes lèvres des siennes avant de finalement m’offrir un tendre baiser. J’en profite car, on ne sait jamais, c’est peut-être un baiser d’adieu. Je savoure son goût, sa douceur, sa tendresse. Je sens ma poitrine se serrer lorsque mon meilleur ami prend la parole. Il m’explique alors que lui aussi avait peur de ça mais qu’il mise tellement tout sur notre relation et que maintenant, il n’a plus peur. Je le vois prendre une profonde inspiration, je suis toujours accrochée à ses poignets, les yeux prêts à déborder tant ils sont remplis de larmes. Je suis pendue à ses lèvres, accrochée à son cœur. Le jeune homme me parle de mariage, de bébés, de vie entière tout les deux. Ma poitrine se relâche peu à peu, me rendant compte qu’il ne va pas m’abandonner, qu’il m’aime et qu’il veut rester avec moi toute sa vie. Il a raison, même si on ne reste pas un couple jusqu’à notre dernier souffle, on restera amis. On continuera de vivre ensembles parce que Ariel sans moi et moi sans Ariel ce n’est pas envisageable. On a toujours été collés l’un à l’autre, ce n’est pas prêt de changer. On saura redevenir amis, on repartira sur les routes au pire, je n’en sais rien mais là, maintenant, je me sens libérée d’un poids. Les larmes retenues dans mes yeux sont bien évidemment en train de rouler sur mes joues. Les mains d’Ariel glissent sur mon corps, un frisson me secoue les épaules. Il est tellement délicat. Il m’assure que tant qu’on parlera de tout ce qu’on a sur le cœur, tout ira bien. Il a raison, on ne peut pas devenir un de ces couples qui reste ensembles juste pour rester ensembles et qui n'ose plus rien se dire sous peine qu'une dispute éclate. On a toujours pu parler de tout et il ne faut pas que ça change. Et je sais que ça ne changera pas. Je me sens nulle, vraiment nulle d’être partie chez les Caldwell alors qu’il aurait suffit qu’on aie cette conversation sur le moment. Ca nous aurait évité bien des heures de sommeil en moins et des larmes inutiles.

Je souris à la dernière remarque d’Ariel avant de lever les yeux au ciel. Qu’est-ce qu’il dirait pas comme bêtise pour me faire sourire, pour détendre l’atmosphère entre nous. J’accroche mes mains à sa nuque, me rapprochant de lui. Ariel s’attend sûrement à ce que je lui réponde quelque chose, à ce que je lui dise que je suis d’accord avec lui et que je suis encore désolée pour cette journée qui est rapidement devenue un enfer à cause de moi. Une de mes deux mains monte à l’arrière de son crâne, jouant avec ses cheveux trop longs. Il y a tellement de choses que je devrais répondre à ce qu’il vient de me dire mais rien de sensé, rien d’assez logique ne me vient. « Je t’aime tellement Ariel Chester. » Je me mords la lèvre avant de m’approcher de lui pour lui voler un baiser. Ma main glisse de ses cheveux sur son torse alors que je me hisse gentiment sur ses genoux. Mon autre main caresse sa mâchoire. Je crois que mon cœur ne va pas tarder à sortir de ma poitrine. Je n’ai pas envie que ça cesse, j’ai envie qu’il m’embrasse encore et encore. J’ai envie qu’on reste comme ça, toute la nuit, sur ce banc à s’embrasser, se toucher. Je mets tout mon poids contre son torse pour le faire basculer et une fois que son dos et appuyé sur l’accoudoir en bois du banc, je me couche sur lui, mes lèvres ne quittant pas les siennes. Pourvu qu’il ne me lâche jamais, pourvu qu’il me retienne contre lui toute notre vie. C’est là qu’est ma place. C’est avec lui.

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