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COLD COFFEE 2.0
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(dans les montagnes) running down to the riptide ☆ aloysius

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marraine ◇ how i met my godmother

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MessageSujet: (dans les montagnes) running down to the riptide ☆ aloysius Dim 2 Aoû - 14:22



aloysius , ariel
running down to the riptide

« Et tu reviens quand ? » Ariel avala la dernière bouchée de son assiette et répondit après avoir dégluti. « Demain dans l'après-midi, je pense. » Il esquissa un petit sourire et s'essuya la bouche avec une feuille de sopalin. Tout s'était organisé à la dernière minute, le matin même. Ils en avaient vaguement discuté un peu plus tôt dans la semaine, mais sans y réfléchir plus sérieusement que ça. Et puis, Ariel s'était levé tôt ce matin et après avoir petit-déjeuné, il était allé voir si le père Caldwell avait besoin de lui à la ferme. Il lui avait laissé son week-end, mais il pouvait toujours arriver un événement imprévu qui nécessitait sa présence ; mais ce n'était pas le cas aujourd'hui, et il lui assura qu'il n'aurait pas besoin de lui non plus demain. Et si au grand jamais il avait besoin de quelqu'un, il y avait toujours sa femme ou même des amis du coin. Devon, elle, devait donner un cours cet après-midi. Ariel l'aurait donc passé tout seul, et il s'était pris la motivation de faire cette randonnée en montagne dont ils avaient parlé avec Aloysius. Il l'avait appelé sur les coups de onze heures, et une dizaine de minutes plus tard tout était organisé. Aloysius passerait le prendre à la ferme en début d'après-midi et ils se rendraient au pied d'une montagne dont il ne se rappelait plus le nom ; une fois au sommet, ils planteraient la tente, et repartiraient le lendemain matin. C'était l'occasion de passer un moment entre mecs tout en découvrant un peu la nature alentour.

La vaisselle était faîte, son sac était bouclé. Il n'y avait plus qu'à attendre que son pote vienne le chercher. Ariel était adossé contre la portière latérale du van, Devon lovée contre lui. « Tu fais pas de bêtises, hein ? » lança-t-il en rigolant légèrement. Il savait que cette petite excursion lui ferait du bien, mais il ne pouvait pas nier que cela lui faisait bizarre de quitter sa petite amie. Il ne serait pas absent plus de vingt-quatre heures mais tout de même ; cela faisait maintenant huit mois qu'Ariel passait chacune de ses nuits aux côtés de Devon, dans le van. Chaque nuit sans exception ; celle-ci était donc la première depuis tout ce temps. Mine de rien, il s'était habitué à partager son lit avec Devon, qui plus est depuis qu'ils étaient "officiellement" en couple. Il savait que sa petite amie n'était sûrement pas des plus rassurées sachant que la dernière fois qu'il avait découché, il y a huit mois de cela, c'était pour aller passer sa soirée au bar puis sa nuit dans les bras d'une autre fille. Certes, ce n'était certainement pas ce qu'il allait faire ce soir, mais tout de même. Le souvenir était là.

Ariel se redressa légèrement quand il entendit le bruit des pneus roulant sur les cailloux du chemin qui menait à la ferme. « Je crois qu'il est là. » Devon releva son visage, et Ariel déposa ses lèvres contre les siennes. Ils s'embrassèrent jusqu'à en perdre leur souffle, puis restèrent front contre front pendant quelques longues secondes supplémentaires. « Tu vas me manquer. » C'était niais, bien sûr, il le savait. Il avait même pour habitude, avant, de se moquer des couples qui ne pouvaient pas se séparer pendant plus d'un jour, mais il se rendait compte qu'il était exactement dans ce cas-là. Ariel pressa doucement la taille de sa petite amie, puis s'écarta pour aller chercher ses affaires quand la voiture d'Aloysius entra dans son champ de vision. « Salut, mec ! » lança-t-il en s'approchant de la porte conducteur. Il lui serra la main à travers la vitre ouverte puis, sans gêne, alla déposer son sac à dos dans le coffre de la voiture. Il posa son regard sur son amoureuse, qui attendait à côté du van. Il retourna vers elle et l'embrassa une nouvelle fois. « À demain. » Il esquissa un sourire, passa une main dans ses cheveux, puis fit demi-tour. Il s'installa dans la voiture à côté de son ami et attacha sa ceinture. « On est parti ? »
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MessageSujet: Re: (dans les montagnes) running down to the riptide ☆ aloysius Jeu 6 Aoû - 10:09

ariel
camping party



« Scheiße. » Le juron emplit la petite pièce et, aussitôt, une tête apparaît dans l'encadrement de la porte, se reflète dans le miroir. Benedikt. Bien sûr. « Pourquoi tant de vulgarité, y a un problème ? » Il lève les yeux pour croiser celui de son frère à travers le miroir, pousse un soupire et montre, piteusement, la fine cicatrice de quelques millimètres qui lui barre la mâchoire. Le rire qui sort de la gorge de Ben lui confirme que ce n'était pas une bonne idée, qu'il aurait du ne rien dévoiler. Il roule des yeux, pousse un soupire plus profond et plus agacé. « Aloys, tu es imberbe. T'avais quoi ? Trois poils qui se courraient après ? » Il attrape un coton, le mouille et tapote sa blessure de guerre en grimaçant. « Très drôle, Ben. C'est juste que je dois voir Arizona avant de partir avec Ariel. » Il n'y a pas de réponse et un coup d’œil furtif par-dessus son épaule lui apprend que son frère attend la suite. Il fronce les sourcils, plisse le nez. « Je voulais avoir l'air présentable, c'est tout. Et puis, je sais pas trop si on va pouvoir se raser là-bas. » C'est au tour de Benedikt de froncer les sourcils et, croisant les bras sur son torse, il demande des explications supplémentaires. C'est où là-bas, plus précisément. Et puis les rasoirs ne sont pas tous électriques. Et s'ils peuvent pas se raser, comment comptent-ils se laver ? Aloysius attend que le laïus soit terminé pour faire volte-face, une main sur le lavabo, l'autre tenant toujours son morceau de coton humide. « Je sais pas où précisément, on va camper dans les montagnes, on verra quand on trouvera un coin sympa, je pense. On va laisser la voiture dans un village à côté et on fera le reste du chemin à pied. Tiens, d'ailleurs, tu sais pas où se trouve le sac de couchage ? » Un haussement d'épaule désinvolte lui répond et il ferme les yeux un instant. S'il se dépêche pas de trouver ce foutu sac de couchage, il va finir par être en retard pour récupérer Ariel. Mais surtout, il sera en retard pour voir Arizona et ce n'était pas un bon présage.

♦♦♦


Ils sont assis, l'un à côté de l'autre. C'est à peine si leurs mains s'effleurent, se touchent. Ils sont juste là, présents l'un pour l'autre. Sans un mot échangé. Elle a les yeux rivés devant elle, il n'ose pas tourner la tête pour la regarder. S'il le fait, il sait qu'elle tournera la tête, elle aussi. Et leurs regards se croiseront et il verra à nouveau qu'elle n'a pas envie qu'il parte. Qu'elle vit ça comme une trahison. Il laisse ses doigts courir sur le sol, frôle les siens. Il attend, marque une hésitation, souhaite voir un signe de la part d'Arizona. Du coin de l’œil, il peut la voir baisser la tête et leurs doigts s'accrochent enfin. Il se sent soulagé, il ne sait même pas pourquoi. Aucun de ses sentiments ne lui paraît censé dès qu'elle est là, à côté de lui. Ce n'est qu'un mélange de paradoxe, une fusion de contradiction, un nœud mêlé d'émotion et il est incapable de s'en extirpé.
Malgré lui, il tourne la tête. Elle a les traits tirés, les lèvres pincées. Son pouce caresse lentement cette épiderme d'une douceur délicate et il lui presse la main en signe de réconfort. Elle ne tourne pas la tête, ne fait même pas mine de vouloir le regarder. Son cœur se soulève, s'étreint, le brûle. Il se penche légèrement, dépose un baiser sur sa tempe, lui remet une mèche de cheveux derrière l'oreille. Leurs regards se croisent. Il se sent défaillir. Leurs lèvres se cherchent un instant, se séparent avant même de s'être trouvées.
Il se lève, s'éloigne. Pas d'autre au revoir, pas de mots.

♦♦♦


La voiture tourne et s'engage dans la rue. Derrière le volant, Aloysius se penche, tente d'apercevoir le van de son ami pour se garer non loin. Il n'en a pas le temps. Déjà, Ariel apparaît devant lui, s'approchant de lui avec ses affaires. Il ouvre la vitre, lui serre la main et a un rapide coup d’œil pour la dulcinée de son pote. Si l'envie de se moquer le titille, il n'en fait rien. A la place, il a ce signe de la tête pour saluer Devon, avec la grimace de celui qui sait qu'il est la cause de ces grands au revoir tragiques. Il n'a pas eu le même avec Arizona, mais il sait bien qu'elle n'a pas apprécié de devoir se voir à la dernière minute parce qu'il sortait avec un ami. Parfois, il ne la suit pas totalement. Avant qu'il n'en ait conscience, la portière passager s'ouvre et Ariel est déjà assis. Il acquiesce, entame sa marche arrière pour faire demi-tour. « Tu diras à ta copine que je suis désolé de te voler à elle comme ça. » Même si ce n'est, théoriquement, pas de sa faute. L'idée était survenue entre eux, à force de parler sans réellement écouter ce qu'ils disaient, mais c'était Ariel qui avait pris la décision finale, quelques heures plus tôt. « A part ça, ça va ? » Quittant la route des yeux l'espace d'une seconde, il tourne la tête vers son pote et se concentre de nouveau. La question est rhétorique ; ils avaient parlé au téléphone plus tôt dans la journée pour tout préparer, et il doutait que l'humeur d'Ariel eût changée depuis. Mais la politesse reste présente. « Le plan est dans la boîte à gant. D'après ce que j'ai pu trouvé comme info', c'est pas super bien indiqué comme route donc je compte sur toi pour jouer les co-pilotes. » La voiture quittait Siloam Springs et Aloysius suivait tranquillement la route, lâchant momentanément le volant d'une main pour se gratter la fine cicatrice qui était à peine visible sur son menton. Rond point. Il en fait le tour, prend la troisième sortie, en direction de la rocade. « Quelle sortie ? »
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MessageSujet: Re: (dans les montagnes) running down to the riptide ☆ aloysius Lun 17 Aoû - 12:16



aloysius , ariel
running down to the riptide

« Té-ka-té » répliqua Ariel, parlant volontairement en abrégé, « se quitter pour mieux se retrouver. » Dans un sourire, il cogna son point contre son cœur puis fit le V de la victoire avec ses doigts. Il lança un dernier regard dans le rétroviseur central, mais Devon n'était plus qu'une petite fourmi. Il passa malgré tout le bras à travers la fenêtre et fit un signe de la main, dans le cas où elle le regarderait encore, dans le cas où elle l'apercevrait gigoter. Et puis, ils tournèrent sur la gauche pour s'échapper du chemin et retrouver la route principale, et ni sa petite amie ni la ferme n'étaient visibles désormais. « On y survivra, va. » Ariel parlait avec désinvolture, comme si rien ne l'affectait vraiment. C'était un mec, après tout, et comme beaucoup il préférait ne pas montrer ses sentiments. Donner l'illusion qu'il était un dur. C'était débile comme réflexion, mais c'était comme ça. Il avait été un dur pendant vingt-deux ans, avant de devenir une vraie guimauve. C'était pas facile à avouer.

À question basique, réponse basique. Ça va et toi ? Ariel n'écouta pas vraiment la réponse, et Aloysius enchaîna sur l'endroit où se trouvait le plan. Ariel ouvrit la fameuse boîte à gant et récupéra une carte aux coins abîmés, qui avait dû servir plus d'une fois. Il se gratta la tempe puis déplia le plan, l'air sceptique. « J'sais pas si c'est une bonne idée ça, de me donner ce rôle. J'm'occupe de conduire d'habitude, c'est Dev' qui me dit où aller... » Et le fait est qu'il ne savait pas lire une carte. On disait souvent que les filles n'en étaient pas capables, pourtant Devon l'était bien plus que lui. Elle avait plus ou moins été obligée, en même temps, s'ils voulaient arriver à destination sans trop se perdre ; et comme ni l'un ni l'autre n'étaient friands des GPS, celle qui ne conduisait jamais avait dû se plonger dans l'apprentissage de la lecture de carte. « Parfois, je me dis qu'il faudrait que je me mette à jour avec les nouvelles technologies. » Il soupira légèrement, alors qu'il essayait de se situer sur le plan. Bien sûr, il devait dater d'au moins quinze ans et il n'y aurait certainement pas marqué "ferme des Caldwell" en gros. Il n'y avait jamais marqué un lieu privé sur une carte, en fait. C'était un truc de GPS, ça. Oui, parfois Ariel venait à penser qu'il ferait mieux de se prendre un smartphone, un truc comme ça, avec tout plein d'applications intégrées qui lui faciliteraient la vie. Mais s'il était parti d'Edmonton, à la base, c'était en partie pour échapper à tout ça, aux technologies qui envahissaient tout, qui ne laissaient plus d'intimité à personne. Et l'idée de s'acheter un téléphone high-tech le dégoûtait, à vrai dire, il n'en avait vraiment aucune envie. C'était bien pratique, il n'y avait pas à dire, mais il n'était pas encore prêt à abandonner sa liberté, celle que l'on ne pouvait avoir qu'en vivant dans un van garé dans une ferme, sans aucune onde pour venir perturber la quiétude des soirées à regarder les étoiles. Pas de sms, pas d'appel, pas de notification Facebook, pas d'info flash sur le dernier attentat en Palestine, pas de rappel de rendez-vous, pas de discussion de groupe à laquelle on ne participe pas, pas de mise à jour à faire, pas de réparation, pas d'hors-forfait. Et quand il avait besoin de contacter quelqu'un, il utilisait le fixe des Caldwell. Ça avait ses inconvénients, de vivre sans Galaxy S5, mais Ariel n'y voyait que des avantages. Qu'à cela ne tienne ! Il se donnait pour mission d'arriver sans trop de problèmes au point de départ de leur randonnée. « Là ! » cria-t-il en pointant son doigt sur la carte, après avoir enfin trouvé leur localisation. Il lui avait fallu dix minutes, mais au moins maintenant il savait où ils se situaient. Dès qu'Aloysius empruntait un tournant, Ariel déplaçait son doigt sur la carte. Ce n'était peut-être pas comme ça qu'il fallait procéder, un bon lecteur de plan se devait peut-être de savoir où il se trouvait en un clin d’œil, mais il était encore débutant et il ne pouvait pas devenir expert en deux minutes. Il esquissa un sourire, presque fier de lui, quand son copain emprunta une sortie de rond-point et qu'il arriva à se repérer parmi le dédale de traits jaunes et rouges. « Quelle sortie ? » répéta-t-il soudain pris de panique, son sourire s'effaçant bien vite. « Hmmmm. » Ariel fit tournoyer son doigt au-dessus de la carte, tâchant de savoir quelle route il fallait emprunter pour arriver à bon port... le problème étant, gros benêt qu'il était, qu'il n'avait aucune idée d'où le port se situait. Merde merde merde ! « Euuh, pas celle-là mais l'autre. » Il avait dit ça avec une espèce de fausse certitude, comme s'il était complètement maître du plan et qu'il savait avec précision où ils se rendaient. La réalité était que, forcément, ils ne pouvaient pas emprunter cette sortie vu qu'ils venaient de la dépasser et que, pourquoi pas la deuxième après tout ? Alors qu'Aloysius continuait de rouler, Ariel continuait de chercher. Il vit du coin de l’œil la voiture emprunter la sortie et redouta une demande d'indications supplémentaires. Quelques secondes plus tard, à son plus grand soulagement, il aperçu le village puis le parking sur lequel ils étaient censés se garer. Il soupira de bonheur, avant de se rendre compte que "pas celle-là mais l'autre" n'était pas du tout la bonne sortie. « Et meeeerde. Mec, j'suis désolé, on s'est planté de route. » On pouvait dire, avec force ironie, que leur week-end à la montagne commençait bien.
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MessageSujet: Re: (dans les montagnes) running down to the riptide ☆ aloysius Dim 23 Aoû - 11:25

Lâchant le volant d'une main, Aloysius se gratte le sourcil droit. Tékaté ? Il ne connaît pas ce mot. Ça doit encore faire parti de ce vocabulaire si mystique pour lui et dont il ne saisit pas toutes les subtilités. Il est aux États-Unis depuis quatre ans, mais il a l'impression d'apprendre encore de nouveaux mots et d'être un étranger débarqué la veille tant il a du mal avec la langue. Mais il ne veut pas passer pour un idiot passé de mode, alors il ne fait pas la moindre remarque, ne pose une question et hoche la tête gravement. Il aime cette logique, ce credo qu'il aurait aimé pouvoir avoir quand il était avec Arizona. Mais il n'y a pas pensé et maintenant, c'est trop tard. « Bah j'espère ! Je veux pas être la cause de votre mort parce que vous aurez été séparés pendant deux jours. » Un sourire étire ses lèvres mais il ne plaisante qu'à moitié. Il a regardé trop de séries télé policières américaines pour savoir que les flics seraient capables de l'arrêter. Meurtre non prémédité. Ou prémédité, il ne sait pas vraiment mais il pense qu'il peut être inculper pour les deux. Reste à trouver un mobile mais avec sa chance, il leur en donnera un sans même le savoir. C'est qu'on ne plaisante pas. Pas avec la justice, en tout cas.

Du coin de l’œil, il peut voir Ariel fouiller dans la boîte à gant. Il en profite pour marmonner une excuse entre ses dents. C'est la voiture de Joachim et il n'est pas le plus maniaque du rangement des quatre frangins Hazelwood, d'où le bordel dans ladite boîte à gant. Il hausse les épaules. « Bah, là, je peux difficilement lire le plan pour toi mais on finira bien par s'arrêter et si tu veux, on échangera les rôles. » Il prend un air sûr de lui mais la vérité, c'est qu'il n'aime pas vraiment lire les plans. On lui a appris, à plus d'une reprise mais son sens de l'orientation est assez déplorable et il en a bien conscience. Mais c'est sans carte, alors peut-être qu'avec un plan, il s'en sortirait. L'espoir est mince. Et puis il préfère se rassurer : y aura pas besoin d'inverser les rôles parce qu'Ariel va s'en sortir comme un chef.
Ou peut-être pas tant que ça.
Ça fait déjà cinq minutes que son pote regarde le plan et il ne semble pas avoir trouvé la route qu'ils sont censé emprunter. Loin de s'en inquiéter, Aloysius remet ça sur l'âge du plan. Pas facile de retrouver une vieille ferme sur un plan qui date sans doute d'encore avant celle-ci. « Je sais pas si un GPS aurait trouvé l'adresse non plus. Puis bon, on a dit qu'on faisait un week-end retour aux sources. Camping, sans électricité, donc, sans technologie non plus. » Et par conséquent, sans moyen de prévenir quiconque si le camping virait à la catastrophe mais, là encore, l'allemand reste confiant. Il est peut-être maladroit, mais il n'est pas si idiot que ça. Et surtout, Ariel, lui, il est de ceux qui savent se débrouiller. Un vrai Macgyver, capable de construire un hélicoptère avec une boîte d'allumettes.

Le cri poussé par Ariel lui tire un sursaut. Il tourne la tête pour rivé ses yeux, écarquillés comme jamais, vers son pote. « Tu m'as fais peur, idiot. » Et il se concentre de nouveau sur la route, le cœur battant. Au moins, maintenant, ils savent où ils vont. Même si quitter la ville n'est pas l'étape la plus insurmontable. Quand Ariel lui indique la sortie, la deuxième vraisemblablement, Aloysius suit les instructions. Il regarde les panneaux, semble surpris parce qui est indiqué mais, après tout, il ne connaît pas des masses la route. Le village apparaît finalement et Aloysius sourit de toutes ses dents. Voilà. Ils y sont. Du premier coup et ceci, avec l'aide d'un plan vieux de quinze ans. Pas mal, quand même. Mais c'est au moment où il engage la voiture dans le parking qu'Ariel laisse échapper un juron et lui annonce qu'ils sont pas à bon port. Il arrête la voiture, sans couper le moteur. « Quoi ? Mais y a le parking, là... » Il se penche par-dessus le levier de vitesse pour observer le plan. Le doigt d'Ariel lui permet de repérer l'endroit où ils sont et, effectivement, le nom du village n'est pas exactement celui qu'ils sont supposés rejoindre. « Ah. » C'est tout ce qu'il arrive à laisser tomber après un silence. « Bah, on a qu'à faire demi-tour et on prendra la troisième sortie. Toute façon, on a encore de l'avance. » Une avance difficile à perdre puisque le programme est d'arrivée suffisamment tôt avant la nuit tombée pour avoir le temps de rejoindre le lieu du campement, de marcher un peu histoire de connaître les environs avant de planter la tente. Il est encore confiant, tout optimiste. Et il redémarre, quitte le parking.

Le rond point, le retour. Ça fait un bon titre de film mais aussi fier de cette trouvaille qu'il peut être, Aloysius préfère ne rien dire. « Bon, du coup, ça veut dire que je prends la première sortie là, non ? » Un doute le prend alors qu'il enclenche le clignotant. Parce que s'il prend la troisième en partant de la seconde sortie, ça veut dire qu'au final, il prend la première sortie. En théorie. Et il n'est plus sûr de rien. Alors il rate la sortie. « Bon, tu sais quoi, on va faire un tour de rond-point et voir quelle sortie nous parle le plus. » Peut-être que sa confiance s'éfrite légèrement mais ce n'est qu'un peu. Et il fait un premier tour de rond-point, en ralentissant pour être certain d'avoir le temps de lire tous les panneaux. Puis un second tour qui lui sert, celui-ci, à prendre une sortie. « Je pense que c'est celle-ci. » Parce que ce n'est pas celle qu'ils ont prit tout à l'heure et que ce n'est pas non plus celle qui dirige vers Siloam. Et qu'ils ont donc une chance sur deux de se tromper, à présent. Alors il prend la sortie – la première en partant de la seconde sortie ou la troisième, il ne sait plus vraiment – et la route devient très vite une petite départementale. Avec des priorités à droite tous les dix mètres et des carrefours tous les vingts. « Euh... Je continue tout droit ou je tourne ? » Et il tourne la tête vers Ariel alors qu'il ralentit à l'approche d'un carrefour imminent. Il n'y a aucun panneau pour les aider à se repérer, cette fois. Ils sont seuls. Livrés à eux-mêmes. Et il y a un certain côté tragique à cette réalité.
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MessageSujet: Re: (dans les montagnes) running down to the riptide ☆ aloysius Lun 24 Aoû - 11:22



aloysius , ariel
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Ariel se passa la main sur le visage. Il était à la fois désespéré de lui-même et amusé par la situation. Vingt-quatre ans, et incapable de s'orienter... ça promettait. « Le parking, ouais, mais pas le bon... » Il soupira, dépité. « Quelle idée aussi d'avoir deux villages qui ont deux parkings à l'entrée, hein ? Ils pensent vraiment pas à ceux qui ont des difficultés de situation dans l'espace... » Ariel rigola malgré tout. Il trouvait toujours le mot pour dédramatiser, pour faire paraître un drame beaucoup moins grave qu'il ne l'était. Certes, se perdre dans les alentours de Siloam Springs n'avait rien d'un drame, mais si leur week-end se déroulait à la mesure de leurs premières vingt minutes, cela en deviendrait rapidement un. Et, à ce moment-là, ils seraient contents d'avoir un clown dans leurs rangs pour les faire rire et leur faire oublier leur incapacité déprimante. « Oui, voilà, faisons demi-tour. » Qu'Aloysius prenne les initiatives lui convenait tout à fait. Troisième sortie, allons-y. Comme ça s'ils se plantaient, ce ne serait pas de sa faute. Ou du moins rien qu'un tout petit peu, puisque à l'origine c'était tout de même lui qui avait mal indiqué la route. Un week-end retour aux sources. Cette idée leur avait paru bonne, sur le coup. Maintenant, il avait peur qu'ils aient fait une erreur... Parce que retour aux sources voulait dire qu'Aloys n'avait pas son téléphone portable, et qu'il ne pourrait donc contacter personne pour demander de l'aide, s'ils venaient à ne réellement pas trouver le chemin... ou s'ils se perdaient en pleine montagne. Cela voulait dire aussi zéro électricité, et ce n'était pas un secret que le soleil se couchait tôt, en montagne. Merde. Ariel regarda sa montre... qu'il n'avait pas. Double merde. Il avait dû l'oublier sur le meuble de la salle de bain que les Caldwell leur mettaient à disposition. Il souffla un grand coup, tâchant de se calmer. C'est bon, Ariel. L'heure, tu peux encore la regarder sur le tableau de bord de la voiture. Bon. Quatorze heures, il n'était pas encore trop tard. Du moins, il l'espérait. Pour tout dire, il n'avait pas regardé combien de temps prenait l'ascension de la montagne où ils comptaient faire leur randonnée. « Euh, c'est à moi que tu demandes ça ? » Ariel se retourna vers son ami, les sourcils relevés. Est-ce qu'il était en train de lui demander si cette sortie était la bonne ? Qu'est-ce qu'il pouvait bien en savoir, alors qu'il était précisément celui qui s'était trompé la première fois ? Il baissa le regard sur le plan, où il avait intelligemment -!!- gardé son doigt appuyé. Ils étaient sortis ici... et c'était la troisième sortie en partant de Siloam qu'il fallait prendre, sachant qu'ils avaient pris la deuxième et qu'ils étaient ressortis là... « Ouais c'est elle, mec. » Le sourire d'Ariel s'élargit pendant quelques secondes, avant de s'affaisser aussitôt. La sortie, ils venaient de la louper. Il éclata de rire, comme si c'était la grosse marrade, comme si on venait de lui raconter la meilleure blague du monde. La situation était assez risible, non ? « Alo', on craint à mort là... » Ariel fronça les sourcils, les yeux toujours pétillants, alors que le conducteur reprenait la parole le plus sérieusement du monde. « C'est une bonne idée, ça » répliqua-t-il en hochant la tête, l'ironie ne se faisant qu'à peine sentir, « Suivons notre instinct, qui nous a tant aidé jusque là ! » Il s'esclaffa de nouveau, mais se mit quand même en position pour observer les panneaux du rond-point. Il regarda chaque panneau avec attention alors qu'Aloysius ralentissait devant eux. Lors du deuxième tour, il s'apprêtait à proposer une sortie quand son ami en proposa une autre. N'auraient-ils pas dû prendre celle qui revenait vers Siloam Springs ? Puisqu'ils avaient loupé la troisième sortie, ils n'avaient qu'à revenir sur leurs pas, de là où ils venaient, et prendre la première sortie... non ? Mais Ariel n'était plus sûr de rien, alors il accepta sans broncher la direction qu'Aloys indiquait. C'était lui qui conduisait, après tout. Il se rappelait que lorsqu'il était derrière le volant, un instinct supplémentaire s'emparait de lui. Bon, il n'était pas infaillible, mais il se sentait un poil plus inspiré que lorsqu'il était à la place du passager. « Hmm... » Voilà qu'ils ralentissaient à un carrefour, où les indications étaient aussi inexistantes que leur sens de l'orientation. Super. Bon. Tout droit ? Tourner à droite ? S'il fallait qu'ils reviennent en arrière, tourner à droite paraissait le plus logique, non ? Bon, la carte. Étonnamment, il arriva à se resituer plutôt rapidement. Voilà, si tout allait bien, ils se situaient juste ici. « Avance encore un petit peu » ordonna-t-il, comme s'il maîtrisait complètement le trajet. Ils ne pouvaient définitivement pas tourner à droite, finalement, parce que le chemin partait dans des contrées qu'il ne connaissait pas, et il n'y avait aucune autre bifurcation avant au moins deux kilomètres. « Attends, arrête-toi sur le bord, là. » Parce que tout droit ne semblait pas non plus une très bonne solution. Il y avait encore toute une série de carrefours, et ensuite la rue débouchait sur une ville qui n'était pas leur destination, et qui à sa connaissance était beaucoup trop éloignée. Il revoyait encore le panneau avec ce nom, à Siloam Springs, qui indiquait "dans vingt kilomètres". « Je crois bien qu'il faut faire demi-tour. Regarde. » Ariel pointa son doigt sur la carte pour montrer leur emplacement, puis lui expliqua rapidement que le parking où ils devaient se rendre se situait à tel endroit, en arrière. Qu'ils devraient repasser par ici, puis par là, tourner là, sortir ici et que, normalement, ils devraient arriver quelques minutes après. « Ça te paraît une bonne idée ? » Une grimace se dessina sur les lèvres d'Ariel, qui attendait une approbation de son ami pour se sentir un peu plus confiant dans ses choix. « T'sais quoi, on y va, on verra bien on ça nous mène. » Cette dernière phrase aurait pu être, à elle seule, le résumé de leur parcours. « On n'est plus à ça près... » Si sa voix s'était brisée et qu'il avait versé une larme, on aurait presque pu le croire en pleine détresse. Mais il ne l'était pas, non. Ariel était fort, Aloysius aussi, c'était deux grands garçons qui finiraient par retrouver leur chemin. Ils n'allaient quand même pas se mettre à pleurer parce qu'ils s'étaient trompés de route à une ou deux reprises. Pour s'assurer que cela n'arrive jamais, Ariel se concentra du mieux qu'il le pouvait, les yeux rivés sur la carte, et répéta au fur et à mesure toutes les indications qu'il avait brièvement expliqué quelques instants plus tôt. Après un petit quart d'heure, le panneau d'un village se détacha dans leur champ de vision. Les battements de son cœur accélérèrent rapidement, un mélange d'excitation et d'appréhension. « Tu... tu penses que c'est le bon, cette fois-ci ? »
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MessageSujet: Re: (dans les montagnes) running down to the riptide ☆ aloysius Lun 7 Sep - 13:25

Ce qui, de base, est supposé être une sortie entre potes vire à l'expédition aventurière. Tel Indiana Jones, Aloysius a l'impression de traverser une jungle amazonienne pour partir à la recherche de l'arche perdue. Ou du crâne de cristal, le principe reste le même. Le week-end, prévu calme et reposant, s'annonce finalement riche en rebondissements et en imprévus. Ce qui n'est pas, pour l'heure, pour ébranler la foi presque religieuse qu'il place en son pote Ariel qu'il imagine depuis toujours comme un véritable héro des temps modernes, un Batman sans gadget mais en tout aussi malin et débrouillard. Et ce n'est pas parce qu'ils se sont légèrement perdus sur la route dès l'aller qu'il perd son optimisme infaillible sur la continuité du week-end. Après tout, il continue de faire beau, le vent reste léger et même s'ils sont perdu une bonne vingtaine de minutes, peut-être même une bonne demi-heure, ils ont encore toute l'après-midi pour trouver bon port et faire la petite rando qu'ils avaient planifié. Pas besoin de stresser. Il suffit de rester calme et de faire demi-tour, de retourner au rond point pour prendre une autre sortie. C'est ce qu'ils font, le trajet se voyant ponctué par quelques remarques ironiques d'Ariel auxquelles Aloysius ne peut que sourire. C'est qu'il n'a pas tort, son pote au nom de sirène. Ils avancent bon train, c'est ce qui semble à Aloysius qui, sans jamais relâché l'accélérateur, lève légèrement son pied de la pédale à l'approche d'un carrefour. L'allemand suit les directives de son pote jusqu'à ce que celui-ci lui demande de s'arrêter. Il obtempère, sans poser de questions. Mieux vaut les poser à l'arrêt.

La tête tournée, il se penche légèrement pour mieux voir la carte et surtout, le point qui lui est indiqué par Ariel. Il réfléchit, tente de comprendre comment ils ont pu ne pas voir le parking si celui-ci se trouve derrière eux mais finalement, préfère accorder une confiance aveugle dans le sens de l'orientation d'Ariel. Le même sens qui les a perdu un peu plus tôt mais qui est celui de la personne qui a la carte entre les mains. « Ouais... Non mais je pense que t'as raison cette fois-ci. » Et comme s'il veut appuyer ses dires, il hoche gravement la tête. De toute façon, Batman ne peut pas se planter deux fois de suite, donc Ariel a forcément raison. Il redémarre le moteur qu'il avait coupé, ne gaspillons pas trop d'essence dans notre détresse routière, et effectue un demi-tour en laissant les pneus crisser sur l'asphalte. Il grimace. S'il abîme la bagnole de Joachim, son frère va l'allumer. Toujours guidé par son ami, Aloysius reprend la route, tourne à certains tournants, prends quelques virages et, finalement, aperçoit un panneau. Il plisse les yeux. « Bah écoute... Ça a l'air, non ? En plus, il est jumelé à un village en Allemagne, ça doit être lui. » La logique lui paraît imparable même si douteuse. Il lance un coup d’œil en coin vers son pote, prend un air assuré. « Si regarde, y a un parking aussi. » Et, bon, il ne peut y avoir trois villages avec un parking à l'entrée. Déjà que deux, c'est limite. Il ralentit tout de même l'allure en s'engageant dans le parking, s'arrête sur une place et, sans oser éteindre le moteur, tapote le volant du bout des doigts. « Bon, eh bien, euh... » Il détache la ceinture, met le point mort. « Attends ici, je vais essayer de demander à quelqu'un. » Et aussitôt dit, aussitôt fait. Il ouvre la portière, la referme, secoue un peu les jambes devenues engourdies et lance un regard autour de lui. Un sourire stupide apparaît sur ses lèvres en apercevant une montagne se dresser de l'autre côté de l'église et, après avoir ré-ouvert la portière, il se penche. « Je crois que c'est bon, y a la montagne derrière l'église. » A défaut d'il y avoir âme qui vive sur le parking. Au pire, ils pourront encore demander s'ils croisent quelqu'un sur la route.

Il attend qu'Ariel le rejoigne à l'extérieur, ouvre le coffre et récupère son sac et celui qui contient la tente. « Pour l'installer tout de suite, » se justifie-t-il sans trop savoir pourquoi. Comme Ariel récupère ses propres affaires, il referme le coffret, verrouille la voiture. Et là, un grand sourire lui étire les lèvres. De ces sourires qui font mal à la mâchoire. « On y est, mec, enfin ! » Même si ce n'est pas tout à fait vrai. Mais il y a toujours du mieux par rapport à précédemment. Il se tourne vers le chemin qui part du parking et qui, selon toute vraisemblance, dirige vers l'église. Et donc, vers leur objectif. D'un bon pas, il se met en marche. « A ton avis, y aura du monde ? A faire comme nous, je veux dire ? » Sous-entendu, une randonné et un camping sauvage au beau milieu d'une montagne. C'est plus la pleine saison, l'été est déjà passé, mais il fait encore suffisamment beau pour que les touristes soient tentés de profiter des petits prix. Et s'il ne le dira pas à voix haute, Aloysius doit quand même reconnaître qu'il n'a pas très envie de se retrouver trop entouré. La foule, c'est pas trop ce qu'il préfère.
Ils dépassent l'église, croisent enfin quelques villageois à en juger par les regards qui leur sont lancés. Gênés par ces regards appuyés, Aloysius baisse les yeux, la tête, regarde ses chaussures tout en continuant d'avancer. Il se gratte la nuque machinalement et un sentier apparaît, légèrement sur leur gauche. Une pancarte affichant le nom de la montagne avec le logo d'une aire de camping dessiné est planté devant. Ça y est, ils sont vraiment au bon endroit. Ne reste plus qu'à découvrir les environs jusqu'à ce que la fin d'après-midi ne sonne le glas et que l'heure de planter la tente ne retentisse. « Bon, faut qu'on fasse gaffe, y aura pas de panneau ni de plan pour nous guider cette fois, ahah. » Mais son rire est légèrement contraint et il rit jaune. Ils ont prouvé qu'ils n'étaient peut-être pas les mieux placés pour retrouver leur chemin, même avec une carte, alors forcément sans, Aloysius ne peut empêcher une pointe d'appréhension de prendre place dans son esprit.
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MessageSujet: Re: (dans les montagnes) running down to the riptide ☆ aloysius Mar 6 Oct - 21:27



aloysius , ariel
running down to the riptide

« Ouaip. Et puis le deuxième prénom de ma grand-mère maternelle sonne presque pareil, ça doit vouloir dire quelque chose. » Se foutre de la gueule d'Aloysius, lui ? Pas le moins du monde. Heum. Ariel s'esclaffa sans retenue. Son pote le faisait vraiment marrer ; un jumelage avec l'Allemagne et c'était le bon village ? Pourquoi pas, après tout, ce n'est pas comme si suivre une carte les avait beaucoup aidé alors, tous les moyens étaient bons pour se rendre à bon port. « Hurray !!! » s'exclama-t-il sans prendre la peine de mesurer son excitation. Pour un trajet qui aurait dû durer une petite dizaine de minutes, les deux amis en avaient mis au moins trente-cinq. Alors, oui, avoir trouvé le bon lieu de départ était une victoire en soi. Il restait certes l'ascension de la montagne, mais elle ne faisait pas deux mille mètres de hauteur non plus et puis, c'était pour ça qu'ils étaient venus. Profiter de la nature, se muscler les jambes, mouiller le maillot un peu ! Ariel transpirait pas mal à longueur de journée, durant la semaine, parce que son boulot était loin d'être reposant, mais l'effort physique n'était pas le même. Là, avec Aloysius, c'était quand même plus marrant. Plus agréable. Enfin... qu'il pensait. Il n'était pas encore sorti de la voiture et, peut-être que la promenade ne serait pas aussi tranquille qu'il le pensait.

« Pour l'installer tout de suite... la tente ? Genre là, sur le parking ? » pouffa Ariel tel l'idiot qu'il était, en rejoignant son ami à l'arrière de la voiture. C'était un garçon intelligent, mais il n'était pas toujours fut-fut. Et il ne voyait pas bien pourquoi Aloysius souhaitait installer tout de suite la tente. Ariel haussa les épaules en attendant une réponse et attrapa son gros sac, qu'il bascula sur son dos. Il eut l'impression de perdre quelques centimètres d'un coup, mais fit un petit bond pour équilibrer les quinze kilos qu'il portait et se redonner une contenance. Il aurait peut-être pu faire l'économie de quelques centaines de grammes, mais il avait jugé préférable de prendre le maximum de choses pour être sûr de ne manquer de rien. Il avait un réchaud, deux bouteilles de gaz au cas où l'une vienne à épuisement, des habits de rechange (et plutôt deux fois qu'une, au cas où... ils soient pris en plein coeur d'une tempête et qu'ils ne puissent pas redescendre avant un ou deux jours), sa trousse de toilette (parce qu'il y avait des douches au sommet bien sûr, cela allait sans dire -tousse tousse-), de la nourriture pour quatre jours... une vraie fille. Ou un vrai froussard, l'un ou l'autre pouvait justifier son sur-chargement. « Yeees, enfin ! » s'exclama Ariel en réponse à Aloysius, qui se réjouissait d'être enfin arrivé. Il lui donna une tape dans l'épaule, comme leur masculinité leur imposait, pour lui prouver que son enthousiasme était partagé. Il l'aurait bien serré dans ses bras, parce qu'Ariel était sacrément content d'avoir enfin trouvé le départ de la randonnée, lui qui se voyait tourner sur le périph' jusqu'à la fin de la journée, mais il avait peur qu'Aloysius trouve ça étrange. Après tout, ils n'étaient pas amis depuis des lustres non plus et ils n'en étaient pas encore venus à se confier des trucs intimes sur eux-mêmes. Ce week-end serait l'occasion de se rapprocher, sûrement. Ariel avait bien besoin d'un ami du genre masculin à Siloam, parce que les "soirées entre bro" lui manquaient considérablement, et il n'arrivait pas à se rappeler la dernière fois qu'il en avait fait une. Cela remontait sûrement à Edmonton et cela faisait... deux ans. Fiou, ça en faisait du temps.

Les deux amis suivirent un chemin qui les menèrent jusqu'à l'église, dont le clocher dépassait chacune des maisons du village. Ariel salua quelques villageois et leur offrit son plus beau sourire, avant de se tourner vers son pote, qui n'avait pas l'air aussi à l'aise que lui. Il lui donna un coup de coude pour le taquiner, avant de répondre à la question qu'il lui avait posé. « Pfou la la, du monde ça oui ! Des familles entières avec leurs mômes, l'horreur ! » Il rigola un peu, avant de se calmer. Il reprit son sérieux parce que cette pseudo-blague ne faisait sûrement rire que lui, puis ajouta « Non franchement je pense que les seules personnes que l'on croisera, ça sera les pépés et mémés qui profitent du temps plutôt bon pour se dégourdir les jambes. Ils supportent pas bien la chaleur caniculaire alors là c'est parfait pour eux... » Il espérait avoir rassuré un peu son ami, dont l'expression quand il avait posé la question lui avait fait comprendre qu'il préférait qu'Ariel réponde par la négative. Et puis, même s'ils ne se connaissaient pas depuis des années, il avait quand même remarqué qu'Aloysius n'était pas super fan des bains de foule et des soirées en grand nombre. Il avait du mal à comprendre pourquoi, mais il pouvait imaginer. Ariel haussa les épaules quand son ami reprit la parole pour lui informer qu'il n'y aurait plus rien pour les guider, à présent. « Trop facile ! » Il avait presque l'air convaincant, comme si les trente dernières minutes n'avaient pas eu lieu. « Non mais sérieux Alo, y a qu'à monter ! Vraiment, c'est pas compliqué. Si on se plante, c'est qu'on n'est vraiment pas fini. » Ils s'engagèrent sur le sentier, les arbres se faisant plus nombreux à mesure qu'ils avançaient. « Et puis y a peut-être pas de panneau, mais c'est indiqué quand même un minimum. Des trucs de couleurs sur les arbres, là. » Ils devraient arriver à s'en sortir, non ? D'ailleurs, en parlant du loup. Bien engagés dans la forêt, ils se stoppèrent à un croisement. « Du coup... » Il priait pour qu'il y ait une croix sur l'un des deux arbres, ce qui leur aurait fait comprendre que ce n'était pas là qu'il fallait se rendre. Par déduction, ils seraient allés de l'autre côté. Malheureusement, cela aurait été trop facile... « Le trait jaune, ou le trait rouge et blanc ? » Ariel se retourna vers Aloysius pour lui laisser le choix final. « Au pire, les deux montent là-haut. Y en a peut-être un plus long que l'autre, c'est tout... » Ses lèvres s'étirèrent en un sourire moqueur ; la randonnée s'annonçait toute aussi folklorique que le trajet en voiture. Ariel se retourna en direction de là où ils venaient, et remarqua deux petits papys qui s'avançaient vers eux. « On leur demande ?! Ils ont l'air habitués, non ? »

hj. désolée pour cet immense retard, c'est honteux
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